Mort de Leïla Shahid, ancienne déléguée générale de la Palestine en France

Pierre Barbancey, Journal l’Humanité du 18 février

Déléguée générale de Palestine en France puis auprès de l’Union européenne, elle incarnait la lutte d’un peuple pour son autodétermination. Elle était une grande amie de « l’Humanité ». Elle est décédée le 18 février dans le Gard. Elle avait 76 ans.
Karama. Dignité en arabe. À lui seul il dit Leïla Shahid qui, le 18 février au matin, nous a quittés. Dignité parce que cette grande dame, infatigable combattante et diplomate palestinienne, a toujours préféré affronter que subir, la vie comme la mort. À l’unisson de son peuple, elle était une résistante.

Née le 13 juillet 1949 à Beyrouth, au Liban, issue d’une famille très impliquée dans le mouvement national palestinien, elle s’est elle-même rapidement engagée au lendemain de la guerre des Six-Jours. Elle adhère au Fatah, le mouvement de Yasser Arafat, et démarre une activité politique et sociale dans les camps de réfugiés du Liban du sud. Un sujet au centre du problème palestinien, témoignage de la Nakba (la catastrophe) et de l’expulsion de centaines de milliers de personnes en 1948 par ce qui allait devenir l’armée israélienne.
Les réfugiés ne quitteront jamais le cœur et l’esprit de Leïla Shahid. Elle consacre sa thèse à la structure sociale de ces camps qu’elle connaît bien. Elle fera toujours sienne cette revendication du droit au retour des réfugiés palestiniens.
La diplomatie de la vérité
En 1982, alors qu’elle se trouve dans la capitale libanaise en compagnie de son ami Jean Genet, se produisent les massacres de Sabra et Chatila, perpétrés par les Phalanges chrétiennes libanaises sous la supervision de l’armée israélienne, et dans lesquels tous deux vont se rendre. L’écrivain publiera plus tard Quatre Heures à Chatila, un texte aussi politique que littéraire, qui annonce Un captif amoureux.
Pourquoi rappeler cet épisode ? Parce que Leïla Shahid, mariée depuis 1978 avec l’écrivain marocain Mohamed Berrada, n’a jamais fait de son engagement national palestinien un enfermement, mais au contraire un atout pour rencontrer les autres, confronter ses idées, apporter la contradiction.
Ceux qui l’ont connue le savent, Leïla Shahid pratiquait la diplomatie de la vérité. Pas de faux-fuyants ni de faux-semblants. L’argument réfléchi et nourri pour défendre sa cause. Celle, comme elle le rappelait tout le temps, y compris ces derniers mois, qui ne portait pas sur un prétendu « conflit israélo-palestinien », mais sur « le droit du peuple palestinien à son autodétermination ». Une nuance de taille. Politique.
Depuis 1976, année où elle devient présidente de l’Union générale des étudiants de Palestine (le Gups) en France, sa vie s’est confondue avec son combat. En 1989, elle est nommée représentante de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) en Irlande et, en 1990, aux Pays-Bas puis au Danemark.
Mais la francophone qu’elle est, trouve sa consécration à son poste de déléguée générale de la Palestine en France. De 1994 à 2005 elle fait découvrir aux Français un visage de la Palestine et des Palestiniens que les médias dominants leur avaient rarement montré. Sur les plateaux de télévision ou dans les studios de radio, elle explique la politique de l’OLP, coupe court à toutes les insultes ou les insinuations la taxant d’antisémitisme, s’affichant et débattant avec courage avec certains ambassadeurs israéliens en France comme Élie Barnavi.
La représentante d’un pays sans État
Après la mort, en novembre 2004, de Yasser Arafat, dont elle était très proche, Leïla Shahid devient, en 2005, déléguée générale de la Palestine auprès de l’Union européenne, de la Belgique et du Luxembourg, à Bruxelles. Au Parlement européen elle fait l’effet d’une tornade.
La verve méditerranéenne, la bonne humeur qui peut se transformer en une colère dévastatrice, les reparties politiques et intelligentes, immédiates, désarçonnant souvent une certaine culture nord-européenne. Leïla Shahid était une diplomate d’autant plus incontournable qu’elle représentait un pays sans État et qu’à ce titre elle ne manquait pas une occasion de rappeler la responsabilité des uns et des autres dans cet état de fait.
Directrice de la Revue d’études palestiniennes, elle a été initiatrice de la saison culturelle Masarat-Palestine en 2008. Elle est l’une des trois promoteurs du tribunal Russell sur la Palestine, dont les travaux ont commencé le 4 mars 2009.
« Nous avons décidé, il y a dix-neuf ans, d’arrêter toute la lutte militaire pour décider de négocier la solution de deux États. Mais soyons honnêtes, nous avons échoué. (…) Nous n’avons même pas réussi à faire retirer l’armée israélienne ni de Gaza ni de Cisjordanie, ni de Jérusalem-Est. Donc regardons la réalité en face : la communauté internationale est responsable aussi de notre propre échec », expliquait-elle sur RTBF en 2012.
« Elle parlait au nom de millions de Palestiniens »
Sa retraite, prise en 2015, n’est qu’administrative, partageant son temps entre Paris, Beyrouth et Lecques, cette commune du Gard devenu un havre de paix, où elle est décédée. Après les attaques du Hamas le 7 octobre 2023, elle intervient à de nombreuses reprises, déplorant la mort de civils israéliens et dénonçant le génocide perpétré par Israël, expliquant : « Les pays arabes, les Européens et les Américains ont été d’une lâcheté totale. »
Leïla Shahid a toujours entretenu avec l’Humanité une relation toute particulière. Elle savait que les colonnes de notre journal lui étaient ouvertes en permanence, surtout dans les moments de grande tension où personne ne voulait faire entendre la voix des Palestiniens.
Depuis ses années étudiantes et jusqu’au dernier jour, elle connaissait également l’engagement sans faille du Parti communiste français (PCF) auprès du peuple palestinien. C’est ce qui faisait aussi sa fidélité à la Fête de l’Huma. Lorsqu’elle parcourait les allées, elle était sans cesse arrêtée par les militants. Elle avait toujours un mot, un geste de fraternité.
Les débats en sa présence se remplissaient d’une richesse inédite. Elle était tout à la fois intervenante et animatrice, donnant la parole elle-même, vous prenant le bras avec un sourire désarmant et un « mon chéri » avec ce « r » roulé comme jamais.
« Elle parlait au nom de millions de Palestiniens, qui, depuis 1948, attendent que le droit international s’applique enfin à leur terre », a salué l’actuelle ambassadrice de Palestine en France, Hala Abou Hassira. Avec Leïla Shahid disparaît une grande voix de la Palestine.

 

Appel à un rassemblement à Pont l’Abbé, pour une paix juste et durable en Palestine

 

Malgré l’annonce du cessez-le-feu à Gaza, l’entreprise génocidaire, perpétrée contre la population gazaouie par le gouvernement d’extrême droite israélien perdure.

Seule une résolution politique du conflit, à partir du respect des droits nationaux du peuple palestinien et de la création d’un État de Palestine aux côtés de l’État d’Israël, en application des résolutions des Nations unies, permettra l’instauration d’une paix durable dans cette région. Cette solution politique doit être mise en œuvre avec l’Organisation de libération de la Palestine, seule représentante légitime du peuple palestinien, et sur la base de la Charte dont elle s’est dotée.

C’est pourquoi nous soutiendrons et participerons à l’appel lancé par de l’AFPS Cornouaille, du Mouvement de la Paix, d’organisations politiques de gauche et de citoyens du Pays Bigouden, pour un rassemblement le samedi 20 décembre à Pont l’Abbé (en lecture ci-dessous) : …Lire la suite…

Communiqué du PCF – 2/10 : Soutien aux flottilles humanitaires pour Gaza

 

Le Parti communiste français condamne avec la plus grande fermeté l’interception illégale, par les autorités israéliennes, des bateaux de la « Global Sumud Flotilla » naviguant en eaux internationales avec une mission strictement humanitaire.

Des citoyennes et citoyens français – élus, médecins, humanitaires, syndicalistes, journalistes dont le journaliste de l’Humanité Émilien Urbach – ont été arrêtés alors qu’ils acheminaient vivres et médicaments indispensables au peuple palestinien, victime du blocus et des bombardements à Gaza. lire la suite

La Flottille pour Gaza : les protéger avant qu’il ne soit trop tard

L’éditorial de Cédric Clérin (l’Humanité du 25 septembre)

Une flottille humanitaire, composée d’une cinquantaine de bateaux, tente de briser le blocus de Gaza pour y acheminer de l’aide et permettre une assistance qui est refusée à des Palestiniens suppliciés. À son bord se trouvent des élus, des militants, des marins et des journalistes – parmi eux, notre collègue Émilien Urbach, envoyé spécial de l’Humanité.

Cette expédition pacifique, dont l’objectif n’a jamais été d’approcher les côtes israéliennes, a déjà essuyé deux attaques de drones. La dernière a été vécue comme une scène de guerre. Les informations qui nous parviennent laissent craindre un assaut bien plus grave encore. La menace est sérieuse.

On se souvient de l’abordage sanglant du Mavi Marmara, en 2010, qui fit dix morts et plusieurs dizaines de blessés. Et cela, alors même que le gouvernement israélien n’était pas encore engagé dans la fuite en avant génocidaire que l’on connaît aujourd’hui. Continue reading « La Flottille pour Gaza : les protéger avant qu’il ne soit trop tard »

« On se démène chaque jour pour trouver à manger et à boire » : le combat quotidien de la famille Zarii pour survivre à Gaza

L’armée israélienne tue quotidiennement des dizaines de Palestiniens en les prenant pour cible. Parallèlement, Tel-Aviv empêche le volume d’aide nécessaire d’entrer dans le territoire. À Khan Younès, la famille Zarii tente de survivre au milieu des ruines.

Khan Younès (bande de Gaza), correspondance particulière.

Dans les ruines d’une maison détruite, de rares murs sont encore debout, sur lesquels quelques tissus tendus sont accrochés. Des pierres sont empilées tant bien que mal, maigre protection contre les éclats des missiles qui s’abattent régulièrement sur la zone. À l’intérieur, trois tentes usées, de toiles et de cuir fin.

C’est là, sur les décombres de leur ancienne maison de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, que vivent 16 membres de la famille Zarii. Ici, l’intimité n’existe plus et l’hygiène est réduite au strict minimum : un tonneau d’eau presque vide, quelques pots en guise de toilettes, une minuscule salle de bains. De petits abris de fortune qui ne les protègent pas de la chaleur de l’été et ne les ont pas aidés à lutter contre le froid de l’hiver.

La faim et la soif …Lire la suite..

Appel à un rassemblement à Pont l’Abbé, Cessez le feu à Gaza !

A l’appel de l’AFPS Cornouaille, du Mouvement de la Paix, d’organisations politiques de
gauche et de citoyens du Pays Bigouden, un rassemblement se déroulera
le vendredi 4 juillet à 17H 30– Rond-Point de Kermaria – Pont l’Abbé.

Alors que le Proche Orient est en pleine déstabilisation, les gouvernements d’Israël et des USA ne font qu’attiser le conflit à des fins stratégiques, ..Lire la suite..

Quimper pour la libération des militants de la flottille de la liberté

Deux cents personnes se sont mobilisées à Quimper lundi 09 juin 2025, pour la libération des militants de la flottille de la liberté pour Gaza et la fin du génocide, la reconnaissance du droit à l’existence et à la liberté du peuple palestinien. 

Intervention de Piero Rainero au nom de l’AFPS (Association France – Palestine Solidarité)