L’océan, la pêche, notre avenir ? Parlons-en !
Le débat du samedi 31 janvier 2026 au bar L’Escale à Lesconil, organisé par la section PCF Pays bigouden, fut une belle rencontre entre les professionnels de l’Interpro de Loctudy dont les directeurs d’armements, Julien Le Brun, Ludovic Le Lay, le conchyliculteur, Guillaume Nicolle, Maxime Delisle l’auteur de la Bd « On a Mangé la Mer », François Chartier chargé de campagne océan à Greenpeace et bien-sûr le public.
Les personnes présentes, très curieuses, ont posé de nombreuses questions le tout dans une ambiance cordiale, chaleureuse et respectueuse.
Pourquoi ce débat ?
La filière halieutique dans son ensemble est en difficulté, le constat est alarmant :
. Le réchauffement climatique.
. L’acidification des océans.
. Les pollutions terrestres et les conséquences sur la qualité des eaux.
. Le renouvellement de la flottille vieillissante.
. Le renouvellement des équipages et l’attractivité du métier, la formation.
. Le renouvellement de la ressource halieutique qui demeure fragile.
. Le coût de l’énergie et l’absence de solutions concrètes concernant la décarbonation.
L’idée de la rencontre est de réunir les acteurs, d’échanger avec le public sur la situation, éviter les clivages, créer de l’intelligence collective et construire du commun dans l’intérêt général et peut-être entrevoir l’ébauche de solutions mais surtout informer l’opinion des enjeux actuels et à venir.
La conscience des enjeux est indispensable à la pérennité et au développement de la filière. La morosité de la situation n’est ni inéluctable ni une fatalité, c’est une affaire de volonté et de choix politiques à l’échelle nationale et européenne.
Enfin, il est clair que le changement climatique et les pollutions de l’eau ont tout autant d’impacts sur les stocks que la pression de pêche. Notre avenir alimentaire et celui de la pêche sont également en jeu dans ces combats qui se jouent à terre.
Maxime Delisle dans sa BD documentaire présente nombre de thématiques propres à la situation de la filière halieutique en France et en Europe. C’est une bonne base pour nourrir les esprits et engager la discussion.
Faut-il dépoissonner l’alimentation pour repeupler l’océan ?
Quelques chiffres :
. La pêche représente 0,1 % du PIB français.
. Plus de 70 % des produits de la mer consommés sont importés.
. Avec 33 kg de produits de la mer consommés par an et par habitant, la France est un des premiers marchés au monde.
. + de 50 % des volumes de poissons pêchés en France proviennent de populations en bon état.
. Seules 47 % des espèces sont soumises à quotas.
. 347000 t de poissons ont été débarquées en France en 2022, 56 % proviennent de la pêche durable, 20 % d’espèces surexploitées et 2 % d’espèces effondrées.
. En 2000 seulement 18 % du volume des poissons capturés étaient pêchés durablement.
. ¼ des pêches mondiales sont consacrées à la production de farine animale (Catastrophe écologique et sociale).
. 11000 navires en 1980, 4500 aujourd’hui.
. 42000 marins en 2000, 13000 aujourd’hui.
Au sujet des Aires Marines Protégées (AMP)
. 8 Parcs Naturels Marins dont 6 en métropole.
. 211 sites Natura 2000 (Protection des espaces et des habitats).
. Aucune de ces zones n’est interdites à la pêche, comme le promettait le fameux 10 % du Grenelle de la mer en juillet 2009.
. En réalité moins de 0,1 % des eaux de France métropolitaines sont protégées selon les critères scientifiques de l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature)
. Deux cadres juridiques sont efficaces :
. La protection intégrale qui interdit toute activité de pêche.
. La protection haute qui autorise la petite pêche de temps en temps.
. La France annonce qu’un tiers de son espace maritime est protégé, en réalité à peine 4 % de ce tiers est protégé et il se situe en terre australe et en antarctique.
. L’expérience du Parc de Port-Cros ou existe une protection stricte montre la pertinence de ces espaces.
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