La difficulté à se loger : sortir de la stigmatisation, construire…

De même que les jeunes et les travailleurs peinent à se loger dans les communes côtières du Pays Bigouden, la crise du logement a pesé sur les élections municipales à Berlin, contribuant à la victoire de Die Linke. Dans les deux cas, la marchandisation du logement est la cause de ces difficultés.

À partir de la situation berlinoise, c’est l’occasion, avec notre camarade Jean-Paul Legrand (Albi), de dépasser la stigmatisation des propriétaires de résidences secondaires et des élus locaux, telle qu’elle a été menée cet été dans certaines de nos communes, en engageant une démarche de conscientisation dans une perspective de dépassement du capitalisme.


La difficulté à se loger : sortir de la stigmatisation, construire une conscience de classe.

La victoire de Die Linke à Berlin constitue un événement politique important. Avec 25,7 % des voix, le parti devient la première force politique de la capitale. Ce résultat intervient dans une Allemagne confrontée simultanément à une crise industrielle, à une progression de l’AfD et à une aggravation des difficultés sociales. Il mérite donc d’être regardé avec attention, sans pour autant lui faire dire davantage qu’il ne dit.
Un parti qui se réclame du socialisme doit partir des préoccupations concrètes de la population. Le logement, les loyers, les salaires, le pouvoir d’achat et les services publics ne sont pas des questions secondaires. Ils constituent le terrain quotidien sur lequel se forme ou ne se forme pas la conscience collective.
Mais cette approche doit être prolongée par une question fondamentale : comment produire les richesses nécessaires à la satisfaction de ces besoins et qui doit contrôler cette production ?
PARTIR DES BESOINS POPULAIRES
Une organisation socialiste ne peut demander aux travailleurs de s’intéresser à la transformation de la société tout en restant indifférente aux difficultés qu’ils rencontrent aujourd’hui.
Le logement en fournit un exemple évident. Lorsque des familles consacrent une part croissante de leurs revenus à leur loyer, lorsque les jeunes rencontrent des difficultés pour se loger et lorsque les retraités ou les travailleurs modestes sont repoussés vers les périphéries, la question du logement devient une question sociale et politique centrale.
En Allemagne, 16,1 % de la population était exposée au risque de pauvreté en 2025 selon Destatis, et le taux atteignait 18,9 % chez les personnes âgées de 65 ans et plus.
S’occuper du logement n’est donc pas s’éloigner de la lutte des classes. C’est partir de la réalité sociale telle qu’elle est vécue.
MAIS LE LOGEMENT N’EST PAS SEULEMENT UNE QUESTION DE REDISTRIBUTION
C’est précisément ici que l’analyse doit aller plus loin.
Encadrer les loyers, développer le logement social, lutter contre les logements vacants ou augmenter les aides peuvent être nécessaires. Mais ces mesures ne répondent pas entièrement à la question : pourquoi une société qui dispose de capacités productives considérables ne parvient-elle pas à garantir à chacun un logement accessible ?
Le logement est devenu simultanément un besoin fondamental et un actif permettant de valoriser du capital.
C’est cette contradiction qu’il faut mettre au jour.
Un logement possède une valeur d’usage : il permet à une famille de vivre. Mais dans le capitalisme, il possède également une valeur marchande : il peut être acheté, vendu, loué, financiarisé et utilisé comme support d’accumulation.
Dès lors, répondre durablement à la crise du logement ne consiste pas seulement à corriger les excès du marché. Il faut progressivement soustraire la satisfaction de ce besoin fondamental à la logique de la spéculation et de la rentabilité du capital.
POUR LOGER, IL FAUT PRODUIRE
Mais cette transformation pose immédiatement une autre question, trop souvent absente des débats : il faut construire les logements.
Pour construire, il faut du foncier, du ciment, de l’acier, du bois, des machines, de l’énergie, des entreprises, des ingénieurs, des architectes et des travailleurs qualifiés.
Autrement dit, il faut développer les forces productives.
C’est ici que le raisonnement marxiste devient indispensable. On ne peut durablement satisfaire les besoins sociaux sans disposer des capacités matérielles permettant de les satisfaire.
On ne distribue pas ce qui n’est pas produit. On ne construit pas des logements sans industrie du bâtiment. On ne rénove pas des millions de logements sans matériaux, sans machines et sans travailleurs.
La question du logement conduit donc nécessairement à la question de la production.
QUI DÉCIDE DE CE QUI EST PRODUIT ?
Le véritable problème devient alors celui du pouvoir économique.
Qui possède les entreprises ? Qui possède le foncier ? Qui finance la construction ? Qui décide des investissements ? Qui détermine les priorités industrielles ? Qui décide quelles technologies seront développées et pour quels usages ?
Dans le capitalisme, ces décisions sont largement orientées par la recherche de la rentabilité.
Or les besoins sociaux et la rentabilité financière ne coïncident pas nécessairement.
Construire des logements très chers dans les secteurs où le foncier est le plus rentable peut être une excellente opération financière. Construire des logements accessibles aux travailleurs peut répondre à un besoin social beaucoup plus important tout en offrant une rentabilité moindre.
Ce qui est rentable pour le capital n’est donc pas nécessairement ce qui est le plus utile à la société.
C’est cette contradiction qu’une politique socialiste doit affronter.
LA QUESTION DES FORCES PRODUCTIVES EST CENTRALE
L’Allemagne fournit un terrain particulièrement intéressant pour cette réflexion.
Son économie traverse une période difficile. Après deux années de récession, le PIB n’a progressé que de 0,2 % en 2025 et la valeur ajoutée manufacturière a encore reculé. L’industrie automobile, la chimie et la construction mécanique sont confrontées à d’importantes transformations.
La question sociale ne peut donc pas être séparée de la question industrielle.
Une politique qui veut répondre aux besoins populaires doit être capable de parler simultanément de salaires et d’industrie, de logement et de production, de pouvoir d’achat et d’investissement, de services publics et de productivité.
Il ne s’agit évidemment pas de produire davantage pour produire davantage. Il s’agit de développer les forces productives en fonction des besoins sociaux.
TRANSFORMER LA PRODUCTION POUR TRANSFORMER LA SOCIÉTÉ
C’est ici que se situe la différence fondamentale entre une politique sociale qui corrige les effets du capitalisme et une perspective socialiste.
La première cherche principalement à mieux répartir une partie des richesses produites.
La seconde pose une question supplémentaire : dans quelles conditions ces richesses sont-elles produites, qui possède les moyens de production et qui décide de leur utilisation ?
Cette question n’est pas théorique.
Elle concerne directement les travailleurs confrontés aux fermetures d’usines, aux restructurations, à l’automatisation ou à l’introduction de l’intelligence artificielle.
Les nouvelles technologies peuvent permettre d’augmenter considérablement la productivité et donc les capacités de production de la société. Mais dans le cadre capitaliste, ces gains peuvent aussi servir à supprimer des emplois, intensifier le travail ou accroître les profits.
La question socialiste est donc immédiatement posée : qui maîtrise ces nouvelles forces productives ?
DU LOGEMENT À L’INDUSTRIE
Le logement permet ainsi de comprendre quelque chose de beaucoup plus général.
Si nous voulons construire des logements accessibles, il faut développer les capacités de construction.
Si nous voulons rénover massivement les logements, il faut développer les filières industrielles correspondantes.
Si nous voulons réduire les factures énergétiques, il faut développer une politique énergétique et des capacités de production adaptées.
Si nous voulons des transports publics accessibles, il faut produire des trains, des bus, des infrastructures et l’énergie nécessaire.
À chaque fois, le besoin social conduit à la question de la production.
Et la question de la production conduit à celle de la propriété et du pouvoir.
Le logement conduit à l’industrie. L’industrie conduit à l’investissement. L’investissement conduit à la propriété. Et la propriété conduit à la question du pouvoir.
NE PAS OPPOSER REVENDICATIONS IMMÉDIATES ET SOCIALISME
Il serait donc erroné d’opposer les revendications immédiates à la transformation révolutionnaire de la société.
Un travailleur qui se bat pour son salaire, un locataire qui refuse une hausse excessive de son loyer ou des salariés qui s’opposent à la fermeture de leur usine défendent des intérêts immédiats. Mais ces luttes peuvent également permettre de faire apparaître les mécanismes plus généraux du capitalisme.
La tâche d’un parti communiste est précisément de relier ces deux dimensions.
Partir du besoin immédiat pour faire comprendre les mécanismes qui l’engendrent. Partir de la lutte pour construire l’organisation. Partir de l’organisation pour poser la question du pouvoir.
C’est ainsi que les revendications quotidiennes peuvent devenir un terrain de construction d’une conscience de classe.
LE LOGEMENT NE DOIT PAS ÊTRE LIVRÉ À LA PRÉDATION SPÉCULATIVE
Le logement constitue à cet égard un terrain privilégié.
Il faut construire suffisamment de logements. Il faut développer le logement public et social. Il faut protéger les locataires. Il faut combattre la spéculation foncière et immobilière.
Mais il faut également agir sur les conditions mêmes de la production du logement : maîtrise du foncier, financement public, capacités industrielles, filières de construction, matériaux, énergie et intervention publique dans l’investissement.
L’objectif doit être clair : faire du logement un droit social effectivement garanti et non un simple support de valorisation du capital.
Le logement doit être construit parce que des femmes, des hommes, des familles et des travailleurs ont besoin de se loger, et non prioritairement parce qu’un investisseur recherche un rendement.
BERLIN : UN POINT D’APPUI, PAS UN MODÈLE TOUT FAIT
Le résultat de Die Linke à Berlin montre donc qu’une force politique peut mobiliser largement autour de préoccupations matérielles concrètes. C’est un élément important.
Mais ce résultat électoral ne permet pas, à lui seul, de conclure à une renaissance du socialisme ou du mouvement ouvrier allemand.
La question décisive est ailleurs : Die Linke parviendra-t-elle à transformer la mobilisation autour des besoins sociaux en organisation durable et en intervention sur les rapports de production ?
C’est à ce niveau que doit se situer l’analyse marxiste.
Le nombre de députés, aussi important soit-il, ne suffit pas à mesurer la reconstruction d’une force socialiste.
Il faut également regarder ce qui se passe dans les entreprises, dans les quartiers populaires, dans les syndicats, dans les secteurs industriels et dans les lieux où se décident les investissements et les restructurations.
RECONSTRUIRE UNE FORCE DE CLASSE
La progression de l’AfD et le succès de Die Linke à Berlin sont deux phénomènes différents. Mais ils s’inscrivent dans une même crise de représentation politique et sociale.
La colère sociale ne produit pas spontanément une conscience de classe. Elle peut être captée par l’extrême droite, transformée en revendication sociale ou rester une protestation électorale.
La question fondamentale est donc organisationnelle.
Qui organise les travailleurs ? Où les organise-t-on ? Sur quelles revendications ? Et dans quelle perspective politique ?
L’entreprise demeure un lieu essentiel parce que c’est là que se rencontrent directement le capital et le travail, que se décident les investissements, les restructurations, les conditions de travail, les salaires et désormais l’introduction des nouvelles technologies.
C’est donc aussi un lieu décisif pour reconstruire une conscience collective du pouvoir économique.
PARTIR DU LOGEMENT POUR POSER LA QUESTION DU SOCIALISME
L’enseignement de Berlin ne devrait finalement être ni « il suffit de gagner des élections en parlant du logement », ni « les revendications concrètes seraient secondaires par rapport à la transformation révolutionnaire ».
Il faut dépasser cette opposition.
Un parti socialiste doit parler du logement parce que les travailleurs ont besoin de se loger. Mais il doit parler de production parce que la société doit être capable de construire les logements nécessaires. Et il doit parler de propriété parce que la production ne peut être durablement orientée vers les besoins si les décisions essentielles restent soumises à la rentabilité du capital.
La question n’est donc pas seulement : comment mieux répartir les richesses produites par le capitalisme ?
Elle est aussi : comment développer les forces productives et les placer sous la maîtrise collective afin qu’elles servent les besoins sociaux ?
C’est là que la revendication immédiate rejoint la perspective socialiste.
Le logement, les salaires, l’énergie, les transports, la santé, l’industrie et les nouvelles technologies ne sont pas des questions séparées.
Ils posent tous la même question fondamentale :
QUI POSSÈDE, QUI PRODUIT, QUI DÉCIDE ET POUR QUI ?
C’est à cette question que doit répondre une stratégie de reconstruction du socialisme qui rassemble les travailleurs et les couches populaires.
Jean-Paul LEGRAND
27 septembre 2026

Menaces sur le financement des Maisons des adolescents (MDA).

En cette rentrée scolaire, Yvonne Rainero, militante de la section de Quimper et membre de la commission nationale santé du PCF, alerte : les subventions aux Maisons des Adolescents (MDA) pourraient ne pas être reconduites. Pourtant, ces structures jouent un rôle essentiel dans l’accompagnement des jeunes en situation de fragilité psychique.
Quelle contradiction flagrante de notre système capitaliste ! D’un côté, il soumet les jeunes à des pressions toujours plus lourdes – réussite scolaire, orientation professionnelle, éco-anxiété… – et, de l’autre, il aggrave leur précarité en refusant de toucher aux profits, tout en imposant une austérité budgétaire qui réduit l’offre de soins. Cerise sur le gâteau : la santé mentale des jeunes est déclarée « grande cause nationale » en 2026 ! Une contradiction de plus que le projet communiste propose de dépasser. …Lire la suite…

Après le Congrès du PCF : un projet, un programme.

Le congrès du PCF s’est déroulé début Juillet à Lille en présence des délégations de 27 pays étrangers+ d’Allemagne, d’Autriche, de Belgique, du Cap-Vert, du Chili, de la Chine, de Côte-d’Ivoire, de Cuba, d’Espagne, des États-Unis, de Grèce, d’Inde, d’Irak, d’Iran, d’Irlande, d’Israël, d’Italie, du Japon, du Liban, de Palestine. Du Portugal. De la République sahraouie. Du Soudan. De Turquie. Du Vietnam..

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Cachons ces morts que nous ne saurions voir !

L’avenir pour nos jeunes : travailler plus, gagner moins avec plus d’insécurité 

En 2023, 33 jeunes de moins de 25 ans sont décédés sur leur lieu de travail, selon les données du ministère du Travail.

En 20 ans, plus de 21 000 salariés sont morts au travail, et 13,5 millions d’autres ont été blessés selon les données compilées par l’Humanité.

Les fichiers de la Mutualité sociale agricole, non comptabilisé dans ces chiffres, font état d’au moins 3 125 agriculteurs morts depuis 2006. Les statistiques montrent qu’au cours des vingt dernières années, le nombre de morts au travail s’est maintenu à un niveau élevé (environ un millier de décès par an en moyenne)

L’été 2025 un jeune originaire de Saint-Lô (Manche) est décédé le 19 juin après la chute d’une palette de marchandises d’un magasin Gifi. « Un élève ne devrait pas mourir en stage. La justice déterminera les éventuelles responsabilités », avait alors déclaré le Sgen-CFDT Normandie. Le syndicat a également indiqué s’interroger « sur la mise en place précipitée de ces stages en Seconde générale, et sur le sens pédagogique dans le parcours de formation de l’élève », rapporte le quotidien local Ouest-France

Le vendredi 4 juillet suivant, la mort d’un jeune de 16 ans dans une exploitation agricole de Vivy, au nord de Saumur (Maine-et-Loire). Tué après avoir été percuté par le godet d’un engin. Une enquête a été ouverte par le parquet de Saumur pour tenter de déterminer les circonstances et les responsabilités de cet accident mortel. Au micro de France Inter, le 20 juin, la secrétaire générale du Snes-FSU, Sophie Vénétitay, avait proposé « que les stages de seconde n’aient plus lieu ». La CGT de l’Éducation nationale s’est aussi opposée à ces stages.

Presque dix jours après, le mardi 15 juillet, vers 9 h 30, à Sainte-Flaive-des-Loups (Vendée), un jeune homme de 19 ans est mort après avoir été enseveli sous du goudron brûlant, rapporte Ici Loire Océan (ex France Bleu).

Une enquête a été ouverte sous la direction du parquet de La Roche-sur-Yon, « pour déterminer les circonstances de l’accident ». L’Inspection du travail a également été saisie de l’affaire, tandis qu’une pénurie chronique d’inspecteurs s’est installée en France dans le monde du travail.

Près de six mois après la mort d’Axel dans le magasin Gifi, alors que l’enquête pour homicide involontaire dans le cadre du travail se poursuit afin de « déterminer les circonstances exactes, vérifier le respect de la législation du travail et de la sécurité des travailleurs », le père du lycéen, Arnaud Darthenay, a lancé, début novembre, une pétition exigeant l’arrêt des stages obligatoires de seconde, selon des informations de France 3 Normandie.

« On ne peut pas mettre des vies en danger comme ça. Les enfants ne doivent pas mourir pendant un stage », a témoigné le père de famille auprès du journal régional, s’insurgeant contre l’instauration en 2024 de ces deux semaines d’observation en entreprise imposées pendant la période du bac, à une date où les choix d’orientation sont déjà largement actés.

Absence d’encadrement

Les griefs mis en avant auprès de France 3 Normandie par Arnaud Darthenay, qui souhaite lancer un débat national afin de prévenir d’autres tragédies, sont partagés par nombre de parents d’élèves et de syndicats de l’Education nationale. À l’unisson, ils dénoncent pêle-mêle l’absence de vertu pédagogique de ces deux semaines obligatoires, prétexte pour occuper les lycéens désœuvrés pendant le tunnel du baccalauréat, les inégalités face à la recherche de ces stages qui favorisent majoritairement les élèves dont les familles sont dotées d’un réseau, mais surtout l’absence d’encadrement pour prévenir les risques professionnels pour de jeunes stagiaires particulièrement vulnérables et souvent « lâchés en pleine nature ».

Et ça continue en 2026, âgé de seulement 15 ans, un adolescent est mort en stage en entreprise, vendredi 17 avril. Présent sur un chantier situé à Bagnols-sur-Cèze, au nord-est du Gard, le garçon a été percuté par un véhicule tôt dans la matinée. Une nouvelle démonstration de la dangerosité de ces stages prônés par le camp macroniste.

 

Pourquoi de plus en plus de jeunes meurent-ils au travail ?

La députée PCF Elsa Faucillon (1re circonscription des Hauts-de-Seine) travaille à une proposition de loi visant à protéger les jeunes en apprentissage, aujourd’hui massivement accidentés.

C’est lié au fait que les jeunes se retrouvent en entreprise de plus en plus tôt et de plus en plus longtemps, la faute à une multiplication de dérogations et d’assouplissements législatifs depuis le début des années 2000. Rien que depuis l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron, deux facteurs ont joué : le déploiement des stages en seconde, mais aussi le renforcement de l’apprentissage.

Comme les moins de 25 ans ont 2,5 fois plus de risques d’être accidentés que les autres, plus on favorise leur présence dans l’entreprise et plus cela augmente le nombre d’accidents. Les morts de jeunes ne peuvent pas être considérées comme des faits divers isolés : elles interrogent notre capacité à garantir que la formation professionnelle, l’apprentissage et les stages se déroulent dans des conditions conformes à l’exigence de protection attachée à l’enfance.

Justement, que nous disent ces drames du système économique et éducatif dans lequel nous vivons ?

Au XIXe siècle, c’est l’école qui a sorti les enfants des usines. Aujourd’hui, on a l’impression que c’est elle qui fournit les gamins aux entreprises ! Avec un capitalisme de plus en plus agressif, qui ne sait plus quoi faire pour accroître les marges des entreprises, les jeunes sont de plus en plus réduits à de la main-d’œuvre corvéable.

Je débattais l’autre jour avec un responsable du Medef, qui demandait à aller davantage dans les lycées pour valoriser l’entrepreneuriat. Je considère, au contraire, que les patrons n’ont pas à mettre les pieds dans l’école. La mission de l’école n’est pas de développer l’employabilité des gamins, c’est de former de futurs citoyens, même s’il va de soi que les capacités acquises peuvent aider les travailleurs dans leur vie active.

Mais je le redis : les enfants n’ont rien à faire dans l’entreprise. Nous devons repenser le cadre pour inverser ce mouvement.

Vous voulez déposer une proposition de loi (PPL) dans ce but. Que contient-elle ?

 D’abord, elle revient sur le décret d’avril 2015, en conditionnant l’accès des travailleurs de moins de 18 ans aux travaux réglementés (c’est-à-dire considérés comme dangereux mais autorisés, NDLR) à une décision préalable de l’inspection du travail.

Au passage, il s’agit d’interdire que les travaux en hauteur puissent bénéficier d’une telle dérogation. Ensuite, la PPL accroît les obligations de transparence pesant sur les entreprises, en les obligeant à publier leur taux de sinistralité au titre des accidents du travail et des maladies professionnelles dans le registre national des entreprises.

Par ailleurs, un article du texte vise à permettre aux mineurs en situation professionnelle de mieux connaître leurs droits en matière de droit du travail et de santé.

Enfin, ce texte prévoit une nouvelle sanction à l’égard des entreprises récidivistes en matière de manquement avéré à la santé ou à la sécurité des salariés, en leur interdisant de candidater à des appels d’offres de marchés publics.

RSA, quelle politique mène le département du Finistère ?

Ces derniers jours, le Conseil Départemental s’est offert plusieurs pleines pages de publicité dans Ouest France et le Télégramme pour justifier sa politique en matière de RSA.
Cette démarche est sans aucun doute liée à l’action en justice engagée par 6 plaignant-e-s et la CGT pour « harcèlement moral et institutionnel » et à l’écho donné au sujet dans des médias nationaux, journaux et radios.

 D’où vient le « problème » ?
Le Département affiche simultanément une forte ambition pour favoriser le retour à l’emploi des allocataires du RSA et sa détermination à faire respecter les règles (sous-entendu débusquer la « fraude sociale »).
Intention légitime pour ne pas dire louable : l’aide au retour à l’emploi de nos concitoyen.n.e.s en grande difficulté ou précarisé.e.s est un engagement, un objectif conforme à ce que l’on peut attendre d’une politique de cohésion sociale et de solidarité nationale digne de ce nom. Et l’on peut souhaiter à bon droit que nos élus y consacrent une part importante de leur énergie et de leur temps. Qui pourrait par ailleurs contester la défense du respect des règles, défendre la fraude, accepter que l’argent public, (l’argent de nos impôts) soit « détourné », son utilisation dévoyée ?

855 personnes privées du filet de sécurité élémentaire que constitue le RSA. Que deviennent elles ?
Mais au-delà des déclarations, l’examen des données fournies (par le Département lui-même) les retours sur sa « campagne » interpellent.
18 000 de nos concitoyen.n.e.s étaient allocataires au début de celle-ci. 13 500 le demeurent aujourd’hui. 4500 personnes sont donc sorties du dispositif. Le département affiche un pourcentage de sorties liée à des contrôles et sanctions équivalant à 19% des effectifs, soit 855 personnes.
855 personnes privées du filet de sécurité élémentaire que constitue le RSA, c’est déjà un problème. Que deviennent elles ?
Au-delà de cette question de fond, les retours concernant le processus d’investigation auprès des allocataires sème le trouble car il semble plus s’apparenter à une traque, au vu des manières employées (nous renvoyons- entre autres aux articles de Libération, de l’Humanité, de Médiapart, à l ‘émission de France Culture qui ont précisément documenté le sujet).
Et c’est bien cela qui donne lieu au recours en justice engagé par des allocataires soutenus par la CGT. Collecte intrusive de données personnelles, traitement humiliant, cynisme et inhumanité bureaucratique semblent bien avoir été le lot courant des personnes qui ont témoigné.

Détestation de classe pour celles et ceux qui sont à priori considérés comme des assistés, des parasites, des tricheurs
Alors au-delà des déclarations vertueuses sur le retour à l’emploi et le respect des règles se pose la question du positionnement politique du Département, de ses conceptions à l’égard des allocataires qui semblent à priori considérés comme des profiteurs, des tricheurs.
Le Département précise dans son placard publicitaire que son « plan RSA n’est pas fondé sur l’idéologie mais sur la volonté de rendre le service public plus efficace au bénéfice des plus vulnérables ».
Pourtant les manières de faire, l’acharnement, le mépris humain, la brutalité sociale, résonnent étrangement avec la petite musique que nous joue « l’arc républicain » de droite et d’extrême droite sur l’assistanat, la fraude sociale.
La Défenseuse des Droits ne s’y est pas trompé lorsqu’elle a appelé dans son dernier rapport « au respect des droits fondamentaux des bénéficiaires de prestations ».
Détestation de classe pour celles et ceux qui sont à priori considérés comme des assistés, des parasites, des tricheurs.
Détestation de l’assistanat et de la fraude bien sélective, car on peut regretter de ne pas constater la même ardeur dans les instances « relais » de nos élus de droite, au sénat par exemple, à poursuivre la fraude fiscale pourtant particulièrement préjudiciable aux finances publiques, aux contribuables qui paient leurs impôts, au bien commun, à la cohésion nationale, au patriotisme social…

Violence faite aux « pauvres »

Incroyable mansuétude pour les « riches ».

Cette violence, les placards publicitaires du département du Finistère, ne l’effaceront pas.

Des paroles et des actes

Lors de ses vœux pour la nouvelle année, Macron se félicite et félicite.

Saluant « les forces de sécurité », les « bénévoles », les « travailleurs », les « soignants », « en première ligne face aux difficultés pour apporter secours et fraternité », Emmanuel Macron a rappelé leur rôle essentiel : « Ainsi va le destin des nations qui tiennent grâce au dévouement de leurs concitoyens. Grâce à vous, nous tenons. Fort de nos institutions, nos services publics ».

De même, les maires, « de tous les combats, de toutes les crises, à mes côtés et à votre service ».

Il oublie pourtant la mise à mal de nos services publics étranglés par les différents budgets austéritaires successifs proposés et votés par son propre camp. …Lire la suite…

𝙍𝙎𝘼 : 𝙡𝙖 𝙧𝙚́𝙥𝙧𝙚𝙨𝙨𝙞𝙤𝙣 𝙧𝙚𝙢𝙥𝙡𝙖𝙘𝙚 𝙡’𝙞𝙣𝙨𝙚𝙧𝙩𝙞𝙤𝙣 – 𝙄𝙣𝙩𝙚𝙧𝙫𝙚𝙣𝙩𝙞𝙤𝙣 𝙙𝙚 𝙄𝙨𝙢𝙖𝙚̈𝙡 𝘿𝙪𝙥𝙤𝙣𝙩 au Conseil départemental du Finistère du 11 décembre 2025

𝙍𝙎𝘼 : 𝙡𝙖 𝙧𝙚́𝙥𝙧𝙚𝙨𝙨𝙞𝙤𝙣 𝙧𝙚𝙢𝙥𝙡𝙖𝙘𝙚 𝙡’𝙞𝙣𝙨𝙚𝙧𝙩𝙞𝙤𝙣 – 𝙄𝙣𝙩𝙚𝙧𝙫𝙚𝙣𝙩𝙞𝙤𝙣 𝙙𝙚 𝙄𝙨𝙢𝙖𝙚̈𝙡 𝘿𝙪𝙥𝙤𝙣𝙩 conseiller départemental PCF


Ismaël Dupont a rappelé en séance plénière une réalité inquiétante : dans le Finistère, près de 40 % des allocataires contrôlés sont radiés, contre 2 % au niveau national.
Personne ne peut croire qu’il y aurait vingt fois plus de fraudeurs ici qu’ailleurs.

La réalité du RSA, ce n’est pas la “fainéantise”, mais la précarité : quelques centaines d’euros par mois, des problèmes de santé, pas de voiture…       … Lire la suite…