Qui a créé le Front National FN-RN ? Un peu d’histoire.. Les racines sont seulement en sommeil.

« Celui qui ne connaît pas l’histoire est condamné à la revivre »

Durant la seconde guerre mondiale l’extrême droite française a organisé le départ de plusieurs milliers d’homme pour combattre au cotés des troupes nazies.

Ces soldats français, sous l’uniforme allemand, se sont conduit de manière ignoble en Bielorussie et en Pologne, organisant des massacres de civils, détruisant des villages. Ensuite ils ont coontinu » leurs crimes au sein des milices du régime de  Vichy

  • On notera la présence pour la LVF (Légion des Volontaires Français contre le bolchévisme), de l’autonomiste breton le  »Grand druide » Taldir Jaffrennou (auteur du Bro goz ma zadou) : voir le livre de Daniel Quillivic, « Bro Goz – l’imposture », paragraphe 1942, 1er mars, Taldir, l’heureux parrain…, pages 311 et 312.

A la libération certains ont été jugés. Plus tard des rescapés ont créé le Front National en compagnie de Jean Marie Le Pen, papa de Marine Le Pen et tonton de  Marion Maréchal.

Les racines profondes du FN-RN sont noires et sanglantes. Sur ces racines la pousse de rejets est à craindre, il faut en être conscient.

Les droites, macronie et LR, ont mis en place une façade de respectabilité pour ce parti dans le but de l’utiliser pour sauvegarder la domination du capital. On retrouve le « Plutot  Hitler que le Front Populaire » des années 30.

Mais derrière cette  façade, décor de théatre tenu à bout de bras par les médias complices, il y a la face cachée prête à resurgir. N’oublions pas l’histoire, regardons ce qui arrive dans d’autres pays. Ne soyons pas naïfs.

Bertold Brecht : « Le ventre est encore fécond, d’où a surgi la bête immonde.»

La création du FN-RN

Dans le documentaire Les soldats français du Reich, difusé sur Arte le 17 mars 2026, il est rappelé que certains militants d’extrême droite issus de la collaboration ou de mouvements nationalistes ont participé à la création du Front national en 1972 autour de Jean‑Marie Le Pen. (Linternaute.com)

Parmi les fondateurs ou co-fondateurs cités le plus souvent dans les travaux historiques et dans ce type de documentaire, on trouve notamment :

  • Pierre Bousquet – ancien volontaire de la division SS « Charlemagne » ; il dépose avec Le Pen les statuts du parti et en devient le premier trésorier. (Linternaute.com)
  • Victor Barthélemy – ancien membre de la LVF (Légion des volontaires français contre le bolchevisme) et collaborateur sous Vichy. (Le Grand Soir)
  • Roland Gaucher – ancien collaborateur condamné après la Libération. (Le Grand Soir)
  • Léon Gaultier – ancien Waffen-SS et proche de Le Pen. (Le Grand Soir)
  • François Brigneau – ancien milicien et collaborateur, impliqué dans la création du parti. (Dahut)

Le Front national est créé en octobre 1972 comme coalition de plusieurs groupes d’extrême droite (notamment Ordre nouveau) cherchant un candidat et un visage électoral, rôle que prend Jean-Marie Le Pen. (defacto-observatoire.fr)

En résumé : les noms que le documentaire évoque généralement aux côtés de Le Pen sont surtout Pierre Bousquet, Victor Barthélemy, Roland Gaucher, Léon Gaultier et François Brigneau (entre autres militants issus de divers mouvements d’extrême droite de l’après-guerre).

 

 

Le film documentaire  visible sur Arte – 2 épisodes –

Les soldats français du Reich – Jean Bulot | Fondation Shoah
fondationshoah.org
“Les Soldats français du Reich” : quand des milliers de Français s’engageaient sous l’uniforme nazi
Les soldats français du Reich – les replays et vidéos en streaming – Outre-mer La 1ère

Entre 1941 et 1945, près de 30 000 à 40 000 Français se sont engagés dans les rangs de la Wehrmacht, de la SS ou de la Milice, participant activement à la guerre d’extermination nazie, notamment sur le front de l’Est et dans la traque des résistants.

Episode 1

voir à la fin de l’épisode 2 la création du FN-RN

Episode 2

voir à la fin de l’épisode 2 la création du FN-RN

 https://www.arte.tv/fr/videos/120853-002-A/les-soldats-francais-du-reich-2-2/


Lu daans l’Humanité ;

« Aujourd’hui encore, leurs héritiers défilent et attendent le retour des combats » : qui étaient les Français engagés sous uniforme nazi ?

Le documentariste Jean Bulot retrace le parcours sanglant des engagés dans la Légion des volontaires français contre le bolchevisme, entre adoration de Hitler et massacres.

Ils étaient prêts à mourir pour le Reich de Hitler. Ils ont, en son nom, commis des atrocités épouvantables, de 1941 à 1944. Ils ont continué, dans l’ombre, après la guerre, à œuvrer en silence, jusqu’à créer le Front national, en 1972 : ils, ce sont les soldats français engagés dans la SS ou dans la Wehrmacht.

Ils avaient un nom : La Légion des volontaires français contre le bolchevisme, qu’on a souvent réduit à l’abréviation LVF. Le réalisateur, Jean Bulot, retrace dans un documentaire en deux épisodes d’une heure le chemin sanglant et très politique de ces recrues du nazisme.

Cette épopée lamentable commence le 18 juillet 1941, sur l’initiative de Pierre Clémenti, chef du Parti français national-collectiviste, de triste mémoire. Très vite, des lieux de recrutement, souvent des boutiques dont on a dépossédé des familles juives, ont ouvert. Ce sont des hommes de tous âges, le plus jeune a 15 ans, des pères de famille, des personnes qui n’ont aucune expérience de la guerre, qui s’engagent. Ils vont être envoyés, mal formés par les nazis, sur les fronts de l’est.

« C’est la glorification de la sauvagerie, de la barbarie »

Ils vont surtout être balancés en Biélorussie, où ils assistent aux exactions immondes des Einsatzgruppen (des unités d’extermination) commises contre les juifs, avec un mode opératoire qu’ils reproduiront une fois de retour en France dans nombre de communes : rassembler la population, violer, piller, décimer, et tout brûler.

En France, on connaît évidemment l’exemple si terrible d’Oradour-sur-Glane, mais ces tristes sbires ont procédé de la même manière à Limonest, à Portes-lès-Valences, à Grenoble, à Rillieux-la-Pape, à Vassieux-en-Vercors… « C’est la glorification de la sauvagerie, de la barbarie », insiste l’historien Johann Chapoutot.

Sur le même thème

Oradour-sur-Glane : 80 ans après, les massacres de la sinistre Das Reich

Certains ont bien sûr été condamnés et exécutés après la guerre. D’autres ont continué, dans l’ombre, à œuvrer. L’historien Christian Ingrao le dit sans ambages et sans détour : « Aujourd’hui encore, leurs héritiers défilent et attendent le retour des combats. »

Les Soldats français du Reich, Arte, mardi 17 mars, 20h55

Face à l’extrême droite, ne rien lâcher !

C’est pied à pied, argument contre argument qu’il faut combattre l’extrême droite. Et c’est ce que nous faisons chaque jour dans l’Humanité.

Face aux attaques incessantes des racistes et des porteurs de haine : soutenez-nous ! Ensemble, faisons entendre une autre voix dans ce débat public toujours plus nauséabond.


Ecouter en difféeé sur France Culture une émission à ce sujet

Stop à l’engrenage impérialiste

 

Au matin du samedi 28 février, les États-Unis et Israël lancent une offensive armée en Iran, interrompant les négociations en cours à Genève, alors même que de premières annonces avaient fait état d’avancées sur le programme nucléaire et que les parties devaient se retrouver le lundi 2 mars pour la suite des négociations. Cette intervention fait suite à un premier conflit éclair, en juin dernier, lors de ce qui a depuis été appelé la « guerre des douze jours ».

Mais ses implications et ses enjeux sont bien plus graves et importants. Au-delà de la question de l’Iran, cette guerre est une étape majeure dans la recomposition des rapports de force régionaux, voire mondiaux, et de l’impérialisme, comme de ses contradictions. L’imbrication étroite des enjeux régionaux, des enjeux internationaux et des intérêts particuliers des puissances internationales et régionales dessine un paysage complexe avec un point nodal commun : l’importance du contrôle des réseaux.

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J – 3 avant les élections municipales

Dimanche 15 mars aura lieu le premier tour des élections municipales et communautaires.

Ces élections représentent un moment important dans notre vie démocratique.

Les municipalités et les conseils communautaires sont des instances qui peuvent influer, dans un sens ou dans l’autre, la vie de nos concitoyens. Certes, elles sont fortement dépendantes des grandes orientations politiques nationales, et on le voit bien avec les restrictions budgétaires, les marges de manœuvres dont vont disposer les futur.e.s élu.e.s vont être de plus en plus contraintes.

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Manifestation à Pont l’Abbé pour la défense du service public d’éducation

Pour dénoncer les fermetures de classes dans le second degré, plus de 300 personnes étaient présentent, ce samedi 7 mars pour défendre notre service public d’éducation.

Parents d’élèves, élèves, militants d’associations d’éducation populaire, syndicalistes, adhérents des partis de gauche (PCF, LFI, PS, Les Verts, UDB ..), nous étions nombreuses et nombreux à dénoncer les fermetures de classes, que ce soit dans le 1er ou 2nd degré, en pays bigouden ou partout en France.

En tête du cortège, les élu.e.s de droite, étaient présent.e.s, mais que l’on ne se trompe pas, leur mobilisation de façade à une semaine des élections municipales ne peut les dédouaner de leurs responsabilités. Ce sont bien les représentants de leurs partis respectifs qui ont voté le budget 2026 de l’Éducation Nationale. Continue reading « Manifestation à Pont l’Abbé pour la défense du service public d’éducation »

Communiqué de presse pour la défense du service public d’éducation

Les écologistes, le PCF et le PS du pays bigouden sud. Ne cédons pas aux politiques austéritaires menées contre nos établissements publics d’éducation.

Les écologistes, le PCF et le PS du pays bigouden sud soutiennent la manifestation contre les fermetures de classes annoncées au collège et au lycée Laënnec. Le 7 mars, nous serons au côté des parents d’élèves, des enseignants et de leurs syndicats pour défendre le service public d’éducation, garant d’une éducation de qualité et de réussite scolaire pour nos enfants. Plus que jamais ils ont besoin d’une écoute active, d’un accompagnement renforcé avec des équipes pédagogiques disponibles et dynamiques, afin de pouvoir aborder leurs problèmes de vie scolaire, d’accéder aux apprentissages et aux savoirs dans de bonnes conditions et faire les choix d’orientation qu’ils sont en droits de réclamer. Le collège et lycée Laënnec ne doivent pas faire les frais de choix économiques budgétaires qui vont impacter les élèves demeurant éloignés et sont pensionnaires.  Pour le maintien d’un système éducatif de qualité, la réussite et l’épanouissement des élèves, nous ne cèderons pas aux politiques austéritaires.

Une marche est prévue demain samedi dans Pont l’Abbé, rendez-vous devant le gymnase Laënnec à 15 h.

Les bombes n’apportent pas la liberté aux peuples

 

Le président des Etats-Unis Donald Trump a annoncé ce matin le lancement « d’opérations militaires majeures » contre l’Iran, en prolongement d’opérations lancées auparavant par le gouvernement israélien de Benjamin Netanyahou. Plusieurs villes iraniennes ont été touchées, telles que Teheran, Qom, Ispahan, Tabriz, Karadj et Kermanshah. Le régime iranien a annoncé, en réponse, le lancement de missiles balistiques contre des villes israéliennes.

Cette nouvelle guerre, dans la poursuite de la « guerre des douze jours » de juin 2025, est une nouvelle violation du droit international. Elle est déclenchée alors que les négociations se poursuivaient et que l’IAEA avait annoncé de nouvelles discussions la semaine prochaine à Vienne.

Cette politique de la force et du chaos, portée par deux gouvernements d’extrême-droite, celui de Trump et de Netanyahou, et les surenchères de la dictature islamiste iranienne, feront une seule victime : le peuple iranien qui se retrouve sous les bombes. Elle aura également des conséquences incontrôlables en chaine dans l’ensemble de la région. Derrière la question nucléaire et balistique, se situe la question du contrôle du détroit d’Ormuz et des ambitions impérialistes que cela suscite.

Le PCF condamne avec fermeté ces bombardements qui interviennent en contradiction avec la charte des Nations Unies et ont été déclenchés sans l’aval du Congrès des États-Unis. Seule l’IAEA, agence de l’ONU, est habilitée à contrôler le nucléaire iranien et le gouvernement de Téhéran doit l’accepter. C’est au peuple iranien, opprimé par la dictature théocratique au pouvoir et qui subit une répression sanglante, de décider en toute souveraineté des conditions dans lesquelles sera rétablie la démocratie, sans ingérence, ni tentative de lui imposer une nouvelle autocratie. Non seulement les bombes de Trump et de Netanyahou ne le permettront pas, mais elles risquent d’aggraver les souffrances du peuple iranien, voire d’accentuer la dictature qui l’opprime depuis trop longtemps.

Le PCF réaffirme sa solidarité avec les forces progressistes et patriotiques qui agissent pour un Iran souverain et démocratique, notamment avec le parti Toudeh d’Iran.

Le PCF appelle le gouvernement français à agir concrètement contre l’escalade guerrière, pour la reprise des négociations sous le contrôle des Nations unies, pour la paix et la sécurité collective dans l’ensemble de la région, sur la base du droit international.

L’avenir du Proche et du Moyen-Orient ne passe pas par la guerre mais par un traité qui en fasse une zone sans arme nucléaire ni arme de destruction massive. Ce n’est pas à travers les décisions unilatérales de l’hyper-puissance états-unienne et du gouvernement israélien que l’on y parviendra.

Paris, le 28 février 2026

Parti communiste français.

Mort de Quentin Deranque : face à la violence, organiser le débat et l’action démocratique

Publié le 19 février 2026

Le Parti communiste français exprime de nouveau sa plus vive émotion après la mort de Quentin Deranque survenue à Lyon à la suite de violences inadmissibles et d’un lynchage odieux qui a coûté la vie à cet homme en marge d’une conférence à Sciences-Po. Toute justification ou relativisation de ce crime abject, au regard des idées ou actes de la victime, est inacceptable. Continue reading « Mort de Quentin Deranque : face à la violence, organiser le débat et l’action démocratique »

Mort de Leïla Shahid, ancienne déléguée générale de la Palestine en France

Pierre Barbancey, Journal l’Humanité du 18 février

Déléguée générale de Palestine en France puis auprès de l’Union européenne, elle incarnait la lutte d’un peuple pour son autodétermination. Elle était une grande amie de « l’Humanité ». Elle est décédée le 18 février dans le Gard. Elle avait 76 ans.
Karama. Dignité en arabe. À lui seul il dit Leïla Shahid qui, le 18 février au matin, nous a quittés. Dignité parce que cette grande dame, infatigable combattante et diplomate palestinienne, a toujours préféré affronter que subir, la vie comme la mort. À l’unisson de son peuple, elle était une résistante.

Née le 13 juillet 1949 à Beyrouth, au Liban, issue d’une famille très impliquée dans le mouvement national palestinien, elle s’est elle-même rapidement engagée au lendemain de la guerre des Six-Jours. Elle adhère au Fatah, le mouvement de Yasser Arafat, et démarre une activité politique et sociale dans les camps de réfugiés du Liban du sud. Un sujet au centre du problème palestinien, témoignage de la Nakba (la catastrophe) et de l’expulsion de centaines de milliers de personnes en 1948 par ce qui allait devenir l’armée israélienne.
Les réfugiés ne quitteront jamais le cœur et l’esprit de Leïla Shahid. Elle consacre sa thèse à la structure sociale de ces camps qu’elle connaît bien. Elle fera toujours sienne cette revendication du droit au retour des réfugiés palestiniens.
La diplomatie de la vérité
En 1982, alors qu’elle se trouve dans la capitale libanaise en compagnie de son ami Jean Genet, se produisent les massacres de Sabra et Chatila, perpétrés par les Phalanges chrétiennes libanaises sous la supervision de l’armée israélienne, et dans lesquels tous deux vont se rendre. L’écrivain publiera plus tard Quatre Heures à Chatila, un texte aussi politique que littéraire, qui annonce Un captif amoureux.
Pourquoi rappeler cet épisode ? Parce que Leïla Shahid, mariée depuis 1978 avec l’écrivain marocain Mohamed Berrada, n’a jamais fait de son engagement national palestinien un enfermement, mais au contraire un atout pour rencontrer les autres, confronter ses idées, apporter la contradiction.
Ceux qui l’ont connue le savent, Leïla Shahid pratiquait la diplomatie de la vérité. Pas de faux-fuyants ni de faux-semblants. L’argument réfléchi et nourri pour défendre sa cause. Celle, comme elle le rappelait tout le temps, y compris ces derniers mois, qui ne portait pas sur un prétendu « conflit israélo-palestinien », mais sur « le droit du peuple palestinien à son autodétermination ». Une nuance de taille. Politique.
Depuis 1976, année où elle devient présidente de l’Union générale des étudiants de Palestine (le Gups) en France, sa vie s’est confondue avec son combat. En 1989, elle est nommée représentante de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) en Irlande et, en 1990, aux Pays-Bas puis au Danemark.
Mais la francophone qu’elle est, trouve sa consécration à son poste de déléguée générale de la Palestine en France. De 1994 à 2005 elle fait découvrir aux Français un visage de la Palestine et des Palestiniens que les médias dominants leur avaient rarement montré. Sur les plateaux de télévision ou dans les studios de radio, elle explique la politique de l’OLP, coupe court à toutes les insultes ou les insinuations la taxant d’antisémitisme, s’affichant et débattant avec courage avec certains ambassadeurs israéliens en France comme Élie Barnavi.
La représentante d’un pays sans État
Après la mort, en novembre 2004, de Yasser Arafat, dont elle était très proche, Leïla Shahid devient, en 2005, déléguée générale de la Palestine auprès de l’Union européenne, de la Belgique et du Luxembourg, à Bruxelles. Au Parlement européen elle fait l’effet d’une tornade.
La verve méditerranéenne, la bonne humeur qui peut se transformer en une colère dévastatrice, les reparties politiques et intelligentes, immédiates, désarçonnant souvent une certaine culture nord-européenne. Leïla Shahid était une diplomate d’autant plus incontournable qu’elle représentait un pays sans État et qu’à ce titre elle ne manquait pas une occasion de rappeler la responsabilité des uns et des autres dans cet état de fait.
Directrice de la Revue d’études palestiniennes, elle a été initiatrice de la saison culturelle Masarat-Palestine en 2008. Elle est l’une des trois promoteurs du tribunal Russell sur la Palestine, dont les travaux ont commencé le 4 mars 2009.
« Nous avons décidé, il y a dix-neuf ans, d’arrêter toute la lutte militaire pour décider de négocier la solution de deux États. Mais soyons honnêtes, nous avons échoué. (…) Nous n’avons même pas réussi à faire retirer l’armée israélienne ni de Gaza ni de Cisjordanie, ni de Jérusalem-Est. Donc regardons la réalité en face : la communauté internationale est responsable aussi de notre propre échec », expliquait-elle sur RTBF en 2012.
« Elle parlait au nom de millions de Palestiniens »
Sa retraite, prise en 2015, n’est qu’administrative, partageant son temps entre Paris, Beyrouth et Lecques, cette commune du Gard devenu un havre de paix, où elle est décédée. Après les attaques du Hamas le 7 octobre 2023, elle intervient à de nombreuses reprises, déplorant la mort de civils israéliens et dénonçant le génocide perpétré par Israël, expliquant : « Les pays arabes, les Européens et les Américains ont été d’une lâcheté totale. »
Leïla Shahid a toujours entretenu avec l’Humanité une relation toute particulière. Elle savait que les colonnes de notre journal lui étaient ouvertes en permanence, surtout dans les moments de grande tension où personne ne voulait faire entendre la voix des Palestiniens.
Depuis ses années étudiantes et jusqu’au dernier jour, elle connaissait également l’engagement sans faille du Parti communiste français (PCF) auprès du peuple palestinien. C’est ce qui faisait aussi sa fidélité à la Fête de l’Huma. Lorsqu’elle parcourait les allées, elle était sans cesse arrêtée par les militants. Elle avait toujours un mot, un geste de fraternité.
Les débats en sa présence se remplissaient d’une richesse inédite. Elle était tout à la fois intervenante et animatrice, donnant la parole elle-même, vous prenant le bras avec un sourire désarmant et un « mon chéri » avec ce « r » roulé comme jamais.
« Elle parlait au nom de millions de Palestiniens, qui, depuis 1948, attendent que le droit international s’applique enfin à leur terre », a salué l’actuelle ambassadrice de Palestine en France, Hala Abou Hassira. Avec Leïla Shahid disparaît une grande voix de la Palestine.