Sauvons les conserveries bretonnes, nationalisons l’acier d’ArcelorMittal !

Gladys Grelaud, conseillère régionale communiste, appelle à la nationalisation d’ArcelorMittal France

 
Dans une tribune publiée dans Le Télégramme (édition du 10 septembre 2026), Gladys Grelaud met en lumière l’urgence de préserver la souveraineté industrielle et alimentaire en Bretagne. Cette prise de position s’inscrit pleinement dans le cadre de la stratégie de rupture adoptée lors du 40e congrès du Parti communiste français, qui prône l’émergence du socialisme comme réponse aux besoins des populations. Un système qui repose sur des nationalisations en vue d’une planification de productions socialisées, afin de garantir une économie au service des besoins humains et environnementaux. Bien loin de ceux de la finance.
 
Dans la torpeur de l’été, la nouvelle est passée inaperçue. En juillet, le Royaume-Uni a nationalisé l’entreprise sidérurgique British Steel. Nos amis britanniques, pourtant attachés à l’économie de marché, savent aussi faire preuve de pragmatisme. Et alors que le pays risquait de perdre toute capacité de production d’acier sur son territoire, ils ont pris leurs responsabilités. Cette décision doit être saluée. Car l’acier n’est pas un bien comme un autre. Sa fonction est stratégique. Sans acier, pas de souveraineté industrielle, pas d’usines de défense nationale, pas de construction navale. Il est à l’industrie ce que l’oxygène est à la vie humaine. C’est ce que les Britanniques ont bien compris. Sans le maintien d’une production nationale d’acier, nombre de filières économiques seraient contraintes de se tourner vers des fournisseurs étrangers, avec le risque d’une rupture d’approvisionnement, d’une explosion des coûts et d’une dépendance accrue.
La France est confrontée à des défis similaires. Rappelons qu’en 2006 Arcelor est devenue la propriété de la famille Mittal, dont l’objectif semble bien être de sacrifier la production d’acier dans notre pays. En vingt ans, ArcelorMittal y a supprimé près de la moitié de ses emplois, y a gelé ses investissements industriels en dépit d’un soutien public substantiel, s’est développé en Amérique et en Asie tout en laissant dépérir ses usines françaises. Ce sabotage programmé doit prendre fin. C’est pourquoi le groupe communiste à l’Assemblée nationale a fait adopter, le 11 juin dernier, une proposition de loi visant à nationaliser ArcelorMittal France. Parce que c’est aujourd’hui la seule solution pour préserver les 15 000 emplois directs du groupe ainsi que les 80 000 emplois qui en dépendent. Et parce que ce n’est qu’ainsi que nous pourrons faire de la France un leader mondial de l’acier vert, plutôt qu’un pays en déshérence industrielle. Notre raisonnement est simple : la nationalisation d’ArcelorMittal s’impose alors même que le marché dysfonctionne, et met en péril un secteur stratégique.
Hélas, par aveuglement idéologique, le gouvernement et le Sénat s’opposent à cette proposition de loi, relevant notamment le coût 
– estimé à 3 milliards d’euros – d’une telle opération. Mais que représentent ces 3 milliards en comparaison de la destruction de 80 000 emplois et de la perte de notre souveraineté industrielle ? J’ajouterai que nationaliser ArcelorMittal, c’est aussi préserver nos emplois en Bretagne. On en compte plus de 4 000 en Cornouaille qui relèvent de la filière des produits de la mer alimentaires. Or, sans l’acier produit, à Dunkerque, et transformé, à Basse-Indre, quel avenir à Douarnenez pour l’usine Franpac, où les boîtes de sardines sont confectionnées et la conserverie Chancerelle, où elles sont remplies et serties ? Le statut d’ArcelorMittal conditionne aussi la pérennité d’une industrie bretonne séculaire, symbole d’un savoir-faire régional et levier de notre souveraineté alimentaire. Alors, sauvons l’acier français pour donner un avenir à la sardine finistérienne !

Gladys Grelaud et Joëlle Lebreton-Mary, co-secrétaire de la CGT Agri, lors du débat qui s’est tenu sur la fête de l’humanité : « Pas de souveraineté alimentaire en Bretagne sans la nationalisation d’Arcelor Mital : l’enjeu des conserveries. »