En cette rentrée scolaire, Yvonne Rainero, militante de la section de Quimper et membre de la commission nationale santé du PCF, alerte : les subventions aux Maisons des Adolescents (MDA) pourraient ne pas être reconduites. Pourtant, ces structures jouent un rôle essentiel dans l’accompagnement des jeunes en situation de fragilité psychique.
Quelle contradiction flagrante de notre système capitaliste ! D’un côté, il soumet les jeunes à des pressions toujours plus lourdes – réussite scolaire, orientation professionnelle, éco-anxiété… – et, de l’autre, il aggrave leur précarité en refusant de toucher aux profits, tout en imposant une austérité budgétaire qui réduit l’offre de soins. Cerise sur le gâteau : la santé mentale des jeunes est déclarée « grande cause nationale » en 2026 ! Une contradiction de plus que le projet communiste propose de dépasser.
Déclaration de la Fédération du Finistère du PCF
Menaces sur le financement des Maisons des adolescents (MDA).
Dans la préparation frénétique du budget 2027, la santé est particulièrement dans le
viseur du gouvernement.
Il ne se contente pas de s’en prendre brutalement au droit à la santé en augmentant le
reste à charge pour les malades, il vise aussi des politiques publiques essentielles.
Alors que la santé mentale est proclamée pour la 2ème année consécutive grande
cause nationale, les discours ministériels et présidentiels ont du mal à s’accorder avec
les faits.
En cette période de rentrée scolaire et universitaire, source de préoccupations pour les
jeunes et leurs parents, vient s’ajouter la menace de non-reconduction en 2026 et
2027 des financements perçus en 2025 par les Maisons des adolescents.
La Ministre de la Santé invoque la nécessité de « concilier l’ensemble des priorités »
dans « un cadre budgétaire contraint ».
Sauf que ce cadre budgétaire apparaît beaucoup moins contraint dès lors qu’il s’agit
des cadeaux au multinationales ou de l’explosion des dépenses militaires !
Il est clair que la santé mentale des jeunes ne fait pas partie de ces priorités
gouvernementales.
Et pourtant… Toutes les enquêtes convergent, les signaux d’alerte se multiplient.
De plus en plus de jeunes éprouvent des symptômes anxieux ou dépressifs qui se
nourrissent de l’inquiétude devant la situation internationale, les bouleversements
climatiques, de la crainte pour leur avenir personnel, études, entrée dans l’emploi…
Un tiers des 11-24 ans déclarent un mal-être psychique. Chez les filles âgées de 10 à
14 ans, les tentatives de suicide ont augmenté de 118 % en cinq ans. Les
hospitalisations en psychiatrie des adolescents ont, elles aussi, fortement progressé.
C’est dans cette situation que le gouvernement envisage de réduire les financements
des Maisons des adolescents (MDA).
Elles constituent pourtant un dispositif précieux, permettant aux jeunes de 12 à 25 ans
de trouver gratuitement, près de chez eux, un lieu d’accueil, d’écoute, de prévention,
d’orientation et d’accompagnement pluridisciplinaire.
Les Maisons des adolescents sont au nombre de deux dans le Finistère, rattachées à
nos hôpitaux publics : l’une à Quimper à l’EPSM du Finistère Sud, l’autre à Brest au
CHU.
À elles deux, elles accueillent plus de mille jeunes et adolescents chaque année.
Elles fonctionnent en réseau avec les autres accueils répartis sur le territoire du
département.
Cet accueil précoce, professionnel et bienveillant, de proximité, permet souvent de
rassurer, de prévenir l’aggravation du mal-être et d’éviter l’entrée dans un parcours de
soins plus lourd. Mais aussi d’orienter vers le soin quand cela paraît nécessaire.
Au contraire des choix austéritaires du gouvernement, les communistes, très attachés
aux politiques de santé publique, proposent la pérennisation et le renforcement des
financements des Maisons des adolescents, avec des financements pluriannuels
permettant aux équipes de travailler et de développer leur présence sur l’ensemble du
territoire.
Nous voulons aussi renforcer les CMP (centres médico-psychologiques) et CMPP
(centres médico-psycho-pédagogiques), développer les équipes mobiles, la
prévention et le repérage précoce, garantir à chaque jeune un accès rapide et gratuit
aux soins, indépendamment de son lieu de vie et des ressources de sa famille.
Madame la Ministre, il faut choisir entre la priorité annoncée pour la santé mentale et
les décisions austéritaires qui menacent sa prise en charge et notamment le
financement des Maisons des adolescents !
Le bien-être des jeunes doit être une préoccupation majeure.
La santé, et la santé mentale, est au cœur de la vie, en prendre soin dans nos
politiques publiques c’est agir pour le bien-être de toutes et tous, ce n’est pas un coût
mais un atout et une richesse pour notre société.
Pour la fédération du Finistère du Parti communiste français,
Yvonne Rainero
membre de la commission nationale santé du PCF
ancienne élue à la santé de Quimper