RN; extrême droite : CONTRE LE PEUPLE,, avec les puissants du capitalisme. Leur camp n’est pas le nôtre ! Ne soyons pas dupes..

Comment une bonne partie du patronat français devient le marionnettiste d’une extrême droite consentante

Une part significative de nos élites économiques se font, voire travaillent, à la progression d’un RN acclimaté au libéralisme. Chacun croyant pouvoir digérer l’autre.
Par Thomas Legrand Publié le 13 avril 2026 dans Liberation
De nombreux grands patrons français, et certains des plus fortunés, sont en train de choisir d’accompagner l’extrême droite au pouvoir, avec ou sans la droite. Bien au-delà des Stérin et autres Bolloré, promoteurs actifs et revendiqués de la réacosphère, c’est une bonne partie de l’élite économique et financière française qui défait pierre par pierre le barrage contre l’extrême droite dressé depuis 1945. Des patrons modérés ou des personnalités patronales libérales, comme Alain Minc, s’en inquiètent et se disent sidérés du nombre de leurs congénères qui voient la montée du RN comme une aubaine, une opportunité à saisir pour pouvoir intervenir plus facilement sur la chose publique. Et le RN, comme Reconquête, désormais choyés et respectabilisés par tant de grandes fortunes et d’héritiers, ne craignent pas de perdre ce qu’ils pensaient être un avantage antisystème.
La semaine dernière nous a donné deux illustrations éclatantes de cette tendance finalement assez classique : le publireportage de Paris Match bollorisé sur l’idylle entre Jordan Bardella, Ken populo, et Maria Carolina de Bourbon des Deux-Siciles, Barbie aristo, et un dîner de Marine Le Pen avec le gratin patronal français.
Atmosphère amicale
Avec l’invitation faussement discrète de Marine Le Pen chez Drouant par Bernard Arnault, l’homme le plus riche de France (LVMH), Cyrille Bolloré (fils de Vincent) et toute la crème du CAC40 (les PDG ou DG de TotalEnergies, Renault, Accor, Axa entre autres), on assiste à la prise en main de la dynamique de l’extrême droite française par les puissants de l’économie de ce pays. Après avoir tenté de se banaliser, puis de se normaliser, le RN, pour pouvoir enfin crever le «plafond de verre» à peu de frais, se laisse marionnétiser par les grands décideurs industriels et financiers. Mais attention : l’extrême droite contient souvent du populisme, et dans «populisme» il y a «peuple». Et qui dit «peuple» risque de dire «revendications sociales»…
Voilà pourquoi nombre de riches et de puissants s’emploient à prévenir cet enchaînement. L’idée, toujours la même depuis la révolution industrielle, c’est de divertir le peuple par la peopolisation, le faire rêver avec, par exemple, cette romance entre une princesse et un petit gars du 93.
Pour ces puissants économiques, l’impératif, c’est d’éradiquer du projet lepéniste ou bardellien toutes aspérités trop sociales, toutes possibilités d’entraves à faire des affaires, toutes normes ou idées de quelconques régulations. Ce n’est pas très compliqué puisque le social n’est, historiquement, qu’un vernis pour toutes les propositions politiques autoritaires. Peu de choses ont filtré de ce repas mais ce que l’on sait, c’est que Marine Le Pen était reçue dans une atmosphère amicale. Contexte : depuis plusieurs mois les deux têtes du RN sont coachées par un aréopage de proches du milliardaire très libéral et conservateur Pierre-Edouard Stérin.
Une «divine surprise»
Finie l’époque dirigiste et protectionniste, le RN se revendique «pro-business». Marine Le Pen, si l’on en croit les rares indiscrétions sur le contenu de cette rencontre chez Drouant, n’était pas là pour demander à ses hôtes, en bonne nationaliste, de relocaliser, de prendre soin de leurs travailleurs français, de se soucier des intérêts nationaux plus que de ceux de leurs actionnaires internationaux. Non, elle était là pour faire allégeance, dire du bien de l’Europe libérale et du mal des déficits sociaux. Bref, elle était là pour accéder à l’élite qu’elle a longtemps fait mine de critiquer.

Pour le patron de la Maif, Pascal Demurger, qui signe une tribune dans le Monde dimanche 12 avril, «le rapprochement avec le RN est une erreur tactique autant qu’une illusion politique». Mais, pour nombre de patrons du CAC 40 et autres grandes fortunes du pays, l’extrême droite semble être une «divine surprise» afin d’assurer l’ordre, la hiérarchie sociale et la liberté économique dans un projet sécuritaire et capitaliste. Pour cela, il faut acheter le RN. Et ça tombe bien parce que l’extrême droite est toujours – c’est une loi de l’histoire – ravie de se vendre à vil prix aux puissants.


Une belle soirée-débat sur la dette publique à Pont L’Abbé

Un exposé clair et convaincant ce 16 janvier, Léo Charles excellent pédagogue, les personnes présentes et en nombre étaient ravies, un essai prometteur !

La question de la dette publique est au cœur des débats depuis de nombreuses années et donne lieu à des affirmations alarmistes.

C’est pourquoi, au cours de cette soirée, nous avos souhaité poser les termes de ce débat en précisant ce que recouvre la dette publique, les causes de son évolution et les politiques permettant de gérer celle-ci.

Léo Charles, membre des Économistes Atterrés, maître de conférences en sciences économiques, chercheur au LiRIS à l’Université Rennes 2, a apporté son éclairage sur la question et a fait savoir que des solutions alternatives sont possibles et souhaitables afin de sortir de l’emprise des marchés financiers et proposer des solutions pour faire face à l’urgence climatique.

Un livre utile :

La dette publique en question dans un ouvrage des Économistes atterrés  Léo Charles et Alban Pellegris...

Quelques photos :

Réflexions sur la dette, dans notre blog

La soirée a été aussi l’occasion de prendre connaissance des propositions précises, concrètes du PCF sur le sujet.

Face à l’offensive du capital, Luttons et rassemblons autour d’un pacte d’avenir pour la France

Des paroles et des actes

Lors de ses vœux pour la nouvelle année, Macron se félicite et félicite.

Saluant « les forces de sécurité », les « bénévoles », les « travailleurs », les « soignants », « en première ligne face aux difficultés pour apporter secours et fraternité », Emmanuel Macron a rappelé leur rôle essentiel : « Ainsi va le destin des nations qui tiennent grâce au dévouement de leurs concitoyens. Grâce à vous, nous tenons. Fort de nos institutions, nos services publics ».

De même, les maires, « de tous les combats, de toutes les crises, à mes côtés et à votre service ».

Il oublie pourtant la mise à mal de nos services publics étranglés par les différents budgets austéritaires successifs proposés et votés par son propre camp. …Lire la suite…

Merci M. Arnault …

On ne peut que se réjouir pour les Resto du Cœur : 10 millions donnés par Bernard Arnault et sa famille, cela correspond à 1/3 de la somme nécessaire pour boucler le budget de l’association et permettre ainsi à certains de nos concitoyens de survivre … un peu.

Ce don a largement été médiatisé et commenté.

On peut bien sûr apprécier ce geste et se dire que c’est déjà ça de gagné, et c’est vrai.

On peut par contre se poser la question sur l’acte en lui-même. Faut-il faire venir les journalistes et se pavaner devant les médiats ou plutôt rester humble comme Françoise, qui sur sa maigre retraite donne 5 € tous les mois à son association préférée.

On peut se poser aussi la question du montant de cette somme. Ce don correspond à 0,004% de la fortune personnelle de M. Arnault, mais bon c’est 10 millions ! Alors que pour Françoise cela fait 0,33 % de sa retraite, mais ce n’est que 5 € ….

Mais la véritable question que l’on doit se poser n’est-elle pas quelle justice sociale veut-on pour notre société ?

Que penser d’une société qui permet aux plus riches ne pas participer au bien de tous ? (M. Arnault ne paie que 2 % d’impôt en France et n’est pas soumis à l’ISF). Continue reading « Merci M. Arnault … »

Une dangereuse ubérisation des états

Une dangereuse ubérisation des états

L’actualité de la crise sanitaire est dominée par l’apparition de nouveaux variants du Covid-19 impliquant des mutations qui risquent de compromettre l’efficacité des vaccins. Mais une autre mutation, non moins importante, semble en gestation dans le cadre de cette crise.

En effet, d’importants indices semblent annoncer de sérieux changements dans la composition – et la direction – du système capitaliste mondial. D’un côté, des faillites, menaces de faillites et/ou pertes gigantesques et en cascade de grosses entreprises, souvent centenaires, et ce, dans des secteurs très variés. La Société générale, Commerzbank, Deutsche Bank, Santander, pour le secteur financier; Exxon, British Petroleum, Chevron, Shell, Total, pour l’énergie; Lufthansa, Airbus, British Airways, Boeing, SNCB, pour le transport ; Thyssenkrupp, Renault, Rolls-Royce Holdings Inc., Fiat Chrysler, Siemens, Danone, Adidas… pour l’industrie.

De l’autre côté, une poignée d’entreprises phares du nouveau capitalisme de plateforme, les Gafam (Google, Amazon, Microsoft et autres Tesla, SpaceX..) engrangent des bénéfices gigantesques. Mêmes performances dans l’industrie de l’armement (General Dynamics, Raytheon, Northrop Grumman, Dassault, Lockheed Martin…) et les grands de Big Pharma (Pfizer, Glaxo-SmithKline, Moderna, Johnson & Johnson et BioNTech). Et ce, dans un processus de clair rapprochement entre ces « gagnants ».

Serions-nous devant la formation d’un nouveau complexe militaro-pharmaco-numérique voué à gérer la mondialisation du XXIe siècle ?

Ces listes des « perdants » et « gagnants » ne sont ni exhaustives ni représentatives de situations similaires. La situation calamiteuse des banques Santander (Espagne) et Commerzbank (Allemagne) est différente, par exemple, de celle de la Deutsche Bank et de la Société générale, qui viennent d’être sorties du « rouge » par Merkel et Macron. Indice intéressant dans le domaine financier et dans la même direction de cette chronique : Christine Lagarde (FMI) et Janet Yellen, secrétaire du Trésor américain, commencent à s’inquiéter sérieusement de l’avenir de leur monnaie avec les succès du bitcoin, de la libra (Facebook), blockchain EOS (Google).

Pour ce qui est du secteur pharmaceutique, les ententes avec les plateformes du Web font florès, Google en tête. Ce dernier a conclu des contrats avec GlaxoSmithKline, Sanofi et Novartis pour le traitement de diverses maladies, en cherchant à associer la technologie numérique et la recherche médicale. Amazon n’est pas en reste ; après avoir obtenu une licence pour avoir le droit de commercialiser des produits pharmaceutiques aux États-Unis, il a acheté, pour un peu moins d’un milliard de dollars, la société PillPack, spécialisée dans la commercialisation et le conditionnement des médicaments, opération qui a affecté les cotations des entreprises pharmaceutiques américaines. Des conversations avec Sandoz et Novartis laissent penser que Bezos compte investir également le domaine de la production pharmaceutique et ne pas se limiter au marché américain. En janvier 2020, Amazon Technologies Inc. a déposé une demande de marque au sein de l’Union européenne sous le nom d’Amazon Pharmacy. De son côté, le groupe Dassault, par ailleurs fabricant de l’avion de chasse Rafale, est devenu, via sa marque Biovia, le numéro un mondial dans la recherche sur les comportements biologiques et la thérapeutique intégrée. Mais là où les rapprochements sont les plus édifiants, c’est dans le secteur de la défense. Ils étaient déjà perceptibles lorsque, en 2013, Amazon, moyennant un contrat de plus de 600 millions de dollars américains, devenait le principal fournisseur de services de cloud Computing (système informatique d’archivage et de gestion de données en externe) pour la CIA et 16 autres agences de la « communauté du renseignement ». Puis, en octobre 2019, le Pentagone a attribué à Microsoft un contrat de 10 milliards de dollars pour dix ans, visant la création d’un cloud global, incluant la totalité des branches des forces armées, pour gérer la documentation sur la recherche de nouvelles technologies associées à l’essor de l’intelligence artificielle. Jeff Bezos (Amazon) conteste la décision, arguant qu’elle a été dictée par Trump pour favoriser Microsoft. A leur tour, Apple et Facebook se disputent le contrôle des données des utilisateurs d’iPhone. Signes des luttes au sein de l’oligopole…

De son côté, la CIA, voyant plus large et plus loin, concluait, en novembre 2020, un contrat pour les mêmes services, mais cette fois avec l’ensemble des géants du Web, qui ont été mis en concurrence.

Allons-nous vers une ubérisation des États ? Le récent recrutement du général Keith Alexander comme membre du conseil d’administration d’Amazon donne une idée du degré de proximité de ces partenariats. Chef des services de sécurité de l’armée lors des attentats du 11 septembre 2001 et à la suite de sa « remarquable » performance, il fut recruté par la NSA pour optimiser les systèmes d’écoute des communications, en concertation, déjà, avec les Gafam. C’est lui qu’Edward Snowden avait dénoncé comme étant le mentor du gigantesque système d’espionnage de la NSA. Une des raisons de la hargne contre WikiLeaks est que ce dernier a révélé, en 2018, le réseau de filiales, jusqu’alors secret, du système cloud d’Amazon dans une centaine de localités d’une dizaine de pays.

Aujourd’hui, conscient des énormes potentialités de l’intelligence artificielle, dont les Gafam sont devenus les maîtres incontestés, Keith Alexander a la tâche de faire d’elle un instrument géopolitique de premier ordre, dont Joe Biden n’aura qu’à tenir compte. Vu le pedigree de ce dernier et la composition de son équipe, gageons qu’Alexander sera bien servi.

La candidate aux élections présidentielles Elizabeth Warren avait inscrit le démantèlement des Gafam comme un des points majeurs dans son programme. Chris Hughes, fondateur avec Mark Zuckerberg de Facebook, partageait cette demande, déçu de voir ce que son groupe était devenu. Bien entendu, le Pentagone ne le permettra jamais. Pour le savoir (et en prendre note), écoutons Larry Page, un des fondateurs de Google, expliquer au Financial Times que les Gafam « ont vocation à remplacer les dirigeants politiques puisqu’elles comprennent mieux les enjeux du futur que les politiciens ».