Leçons d’Histoire… le 14 juin 2019 à Lesconil

La grande salle de l’Amicale Laïque au port de Lesconil avait fait le plein. 250 personnes se sont retrouvées à 18 heures pour assister à la conférence de Gaston BALLIOT et Jean KERVISION consacrée à la Résistance en Pays Bigouden de 1940 à 1944. Preuve s’il en est que la mémoire et l’intérêt historique restent vifs chez de nombreux bigoudens. Continue reading « Leçons d’Histoire… le 14 juin 2019 à Lesconil »

Electricité : le coût de l’Europe libérale

Electricité : le coût de l'Europe libérale

Depuis le 1er juin dernier, le tarif de l’électricité pour les particuliers que nous sommes – le « tarif bleu » d’EDF – a, comme on sait, augmenté de 5,9%, sur décision du gouvernement. Plus de 25 millions de foyers verront donc leur pouvoir d’achat rogné d’autant. C’est l’occasion de revenir sur l’une des dispositions les plus cyniques et scandaleuses des traités européens, notamment depuis l’Acte unique européen (1986) et Maastricht (1992) : l’obligation d’ouvrir à la concurrence tous les « monopoles publics » (comprenez : les entreprises publiques de service public : ferroviaire, postal, de l’énergie, etc..). La France s’était d’autant plus exécutée qu’elle était co-rédactrice de ces traités. Restait le problème épineux des centrales nucléaires : difficile de céder au privé une partie d’un secteur aussi stratégique et aussi sensible ! Or, celui-ci fit des jaloux parmi les concurrents d’EDF car, les centrales étant amorties, les coûts de production y étaient particulièrement compétitifs, notamment à partir de 2005. Le principe sacro-saint de l’Europe libérale – « la concurrence libre et non faussée »- supposait donc que soit assuré urgemment l’accès des concurrents d’EDF à l’électricité bon marché de l’opérateur historique.

Sous leur pression, la Commission européenne finit par poursuivre la France en 2008 pour transposition insuffisante des directives concernées. C’est ainsi que, pour se mettre en règle, les autorités françaises adoptèrent en 2010 la loi NOME (Nouvelle organisation des marchés de l’énergie). Celle-ci oblige EDF à vendre le quart de sa production à ses concurrents à un prix fixé à l’avance et calculé pour être, sauf accident, sensiblement inférieur aux tarifs du marché, ce qui permet à des firmes comme Direct-Energie ou Total… de prendre plus facilement des clients à EDF tout en augmentant, eux aussi, leurs tarifs ! On marche sur la tête.

Les partisans de cette logique justifiaient cette mesure par le souci de satisfaire les services « à moindre coût » en évitant les « abus de position dominante » des fameux « monopoles publics »… On attend toujours leur commentaire sur la nouvelle augmentation que la « libre concurrence » (…faussée) vient de provoquer. Muets sur ce point, ils sont, en revanche, prolixes quand il s’agit de demander la prolongation au-delà de 2025 (date-butoir inscrite dans la loi de 2010) du mécanisme dit de « l’Accès Régulé à l’Electricité Nucléaire Historique », et même de plaider en faveur de l’augmentation de la part de la production d’électricité d’EDF (au-delà des 25% prévus dans la loi actuelle) mise à la disposition de ses concurrents.

C’est dire si le moment se prête comme jamais à un réexamen complet de ce système pervers et contreproductif pour les usagers comme pour l’entreprise EDF.

Francis Wurtz

Si c’est lui qui le dit…

Pour le patron d’EDF, l’électricité est trop taxée en France

 « Il faudrait peut-être réfléchir à moins taxer l’électricité puisqu’elle n’émet pas de dioxyde de carbone ». Cette phrase de Jean-Bernard Lévy, PDG d’EDF, sur Europe 1, arrive à point nommé.

Le 1er juin, les tarifs de l’électricité augmenteront de 5,9%. Ce taux a été proposé par la CRE (Commission de régulation de l’énergie) en février et a été validé par le gouvernement. Reste désormais à publier cette décision dans le Journal Officiel.

S’il ne conteste pas la nécessité d’augmenter les tarifs, le patron d’EDF pointe la part des taxes sur la facture des usagers. « Je rappelle que quand on paye une facture d’électricité, on paye plus du tiers de taxes. C’est comme si on avait une TVA à 55 % », précise le PDG d’EDF.

Israël tue un enfant Palestinien tous les 3 jours dans l’indifférence générale

Israël tue un enfant Palestinien tous les 3 jours dans l'indifférence générale

L’ONG Defence for Children International Palestine (DCIP) tire le sombre bilan de 2018 en révélant que 56 enfants Palestiniens ont été tués en 2018 par Israël.

Plus d’un enfant tué par semaine ! Les personnes témoins de ces meurtres ont insisté sur le fait que les enfants visés n’étaient pas armés et ne représentaient aucune menace pour l’occupant ou ses citoyens.

Les enfants palestiniens ont été tués par des tireurs d’élite, des drones et des forces de sécurité de l’armée israélienne dans les territoires palestiniens occupés. Cinq des enfants assassinés avaient moins de 12 ans. À Gaza, 49 enfants ont été assassinés par Israël dans le cadre des manifestations de la Grande Marche du Retour. 73% des décès sont dus à des tirs à balles réelles utilisées par Israël rapporte DCIP.

L’ONG a également enregistré «140 cas d’enfants palestiniens détenus par les forces palestiniennes». Les forces israéliennes ont également arrêté 120 enfants en Cisjordanie occupée. Dans les deux groupes, les enfants détenus ont subi des violences de la part des forces de sécurité qui les détiennent, qu’il s’agisse de l’Autorité palestinienne ou de l’armée israélienne. Ces tactiques montrent que la collaboration coloniale entre Israël et l’Autorité palestinienne vise un segment très vulnérable de la société palestinienne. De plus, le meurtre et les blessures d’enfants palestiniens par des tireurs d’élite israéliens au Grand retour traduisent une volonté de mutilation directe de la génération capable de poursuivre la lutte anticoloniale.

Citer le droit international est inutile quand Israël, et même l’Autorité palestinienne, ont étendu les paramètres d’un cycle continu d’abus commis contre des enfants palestiniens. Le droit international n’est pertinent que lorsqu’il est utilisé pour indiquer qu’il y a des violations et que les Palestiniens sont confrontés à un État membre des Nations unies qui traite le droit international avec mépris, tandis que la communauté internationale donne son accord tacite aux abus et est, dans certains cas, complice .

Les recherches de DCIP montrent qu’Israël a tué en moyenne plus d’un enfant par semaine en 2018. Selon des statistiques officielles alarmantes, entre 2000 et 2014, Israël a tué un enfant palestinien tous les trois jours, en moyenne, pendant quatorze ans. Tout au long de l’année, des discussions ont eu lieu au sujet de l’intention et les actes génocidaires d’Israël qui ont été en grande partie rejetées en raison du monopole que cet État entend exercer par la Shoah. Pourtant, l’article II de la Convention des Nations Unies pour la prévention et la répression du crime de génocide définit ce terme comme « des actes commis dans l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux ». Que fait d’autre, Israël, au peuple de Palestine « en tout ou en partie »?

Les réponses de la communauté internationale sont tellement prévisibles qu’Israël ne trouve aucun obstacle à manœuvrer au-delà des limites fixées par le droit international: il lui est permis d’agir en toute impunité. Le taux de meurtres d’enfants palestiniens et le caractère presque routinier de leur détention se cachent sous le radar des violations des droits de l’homme. Parler des violations des droits de l’homme par Israël maintenant, c’est aussi parler de l’irresponsabilité de la communauté internationale.

Les enfants palestiniens tués par Israël au cours des dernières années, y compris l’année dernière, ont été oubliés par le monde.

La honte pèse sur la communauté internationale, seule l’action civile de boycott économique, sportif, universitaire, culturel massif est susceptible d’influer sur le cours à venir de la vie des enfants Palestiniens : BDS !

Marie M., France

BDS : Boycott-Désinvestissement-Sanctions

Réflexion sur l’Europe

Réflexion sur l’Europe

Fantôme(s)

MAL NÉE

Une utopie à l’agonie, l’Europe ? Une « idée défunte » ? Depuis plus de vingt ans, Régis Debray nous met en garde contre cette construction, sorte de palliatif à l’effondrement des grandes idéologies du XXe siècle, qui, par sa symbolique même, aurait rompu avec l’agora athénienne au profit de l’économie comme primat de toute pensée active au point de créer un monstre de technocratie. Dans son nouvel essai, l’Europe fantôme (Gallimard), le philosophe et médiologue analyse la débandade intellectuelle comme le délitement politique de cette UE en crise historique. D’une simple phrase à l’ironie définitive, il nous prévient : « Au Ve siècle, on attendait le Christ, c’est l’Église qui est venue. Au XXe, on attendait Érasme, c’est M. Moscovici qui est arrivé. » Nous pourrions en rigoler de bon cœur ; sauf que Régis Debray ne plaisante pas du tout. À ses yeux, l’affaire est trop grave, trop sérieuse pour se permettre non pas d’y croire encore – à voir – mais simplement d’espérer, ce qui, venant de lui, nous incite à une réflexion à la hauteur de l’événement. L’auteur se veut formel : l’Union européenne portait dès sa naissance les germes de son échec dans la mesure où le « rêve » des fondateurs se transforma en cauchemar techno-juridique à l’apolitisme avéré. Conséquences : déficit symbolique (comme les choses mal nées) et rejet démocratique (plutôt assumé). Il écrit: « Délestée de son aura, celle des fins dernières, l’Europe réduite à ses astreintes budgétaires ne fait plus soupirer mais grincer. Les chiffres ont pris les commandes, le Livre des comptes devient le Livre saint, et l’expert-comptable, un haut dignitaire. » Entre atrophies des références historiques et géographie élastique, qui empêche l’appropriation culturelle d’un espace naturel, Régis Debray se demande même «pourquoi tant de pavanes pour une infante défunte, blasphématoires mais parfois convaincantes ». Pour lui, s’« il était difficile de ne pas être européen en 1925 ou 1950 (…), Europe reste un mot faible qui n’implique que faiblement ceux qui l’utilisent, parce qu’elle ne suscite chez ses administrés aucun vibrato affectif, incolore et inodore, parce que trop cérébrale ».

INCULTURATION

Europe : le cœur d’une société sans cœur. Joli résumé, n’est-ce pas ? Régis Debray synthétise ainsi : «Les mobinautes multipasseports des centres-villes qui mangent bio et prennent l’avion carbonique continuent d’adhérer, c’est le sort des éponges, mais « les gens qui fument des dopes et roulent au diesel », selon les termes d’un ministre très « européen », désertent les lieux de culte et de vote. Les nantis aussi ont droit à un coin de ciel bleu mais Tartempion, lui, décroche. »

Comme déjà suggéré dans de précédents écrits, le philosophe y voit plus qu’un symptôme de notre temps, disons la marque d’une hégémonie de type culturel. Les lecteurs de ce bloc-notes ne seront pas étonnés d’apprendre que Régis voit l’Union européenne tel un valet des Américains et de leur empire mondialisé. Que propose l’Europe face aux États-Unis ? Rien. Sinon un processus d’« inculturation » qui finira par ce qu’il appelle une « dissolution de l’européanité dans l’occidentalité américanisée », déjà présente dans l’anglais « globish » imposé à tous les êtres humains de notre continent. Il insiste : « Ce n’est pas par servilité, mais par inculturation que l’extraterritorialité du droit américain est vécue comme naturelle. On ne comprendrait pas sinon qu’on accepte (…) d’être taxé (acier et aluminium), racketté (les banques), écouté (la NSA), pris en otage (l’automobile allemande), commandé ou décommandé in extremis (militairement), soumis au chantage (nos entreprises), etc. » Rome ne serait plus dans Rome. Nous le savons, bien sûr, mais nous n’en prenons pas conscience. «L’Europe, en tant que maître des horloges et non union douanière, arrive trop tard dans un univers qui a basculé», conclut-il massivement.

Avec Régis Debray, la lucidité reste une forme supérieure de la critique. Qui le lui contestera ?

 

Le Bloc-notes de Jean-Emmanuel Ducoin (L’Humanité)

Europe : une gigantesque machine à fabriquer de la régression sociale

Europe : une gigantesque machine à fabriquer de la régression sociale

Lettre de lan Brossat, tête de liste du PCF aux européennes, à Emmanuel Macron

Monsieur le Président de la République,

Vous vous apprêtez à publier une tribune en direction des Européens à un peu moins de cent jours des élections qui se tiendront le 26 mai prochain. Je me permets donc de prendre la plume pour vous faire quelques suggestions.

Commençons par ouvrir les yeux. L’Europe va mal. Plus exactement: les Européens vont mal. Parmi les jeunes de moins de 25 ans, 15 % sont au chômage.

Quant à la pauvreté, elle atteint des niveaux considérables. Dans toute l’Union européenne, 17 % de la population vit avec un revenu disponible inférieur au seuil de pauvreté (60 % du revenu médian national), soit 87 millions de personnes. En Allemagne, si souvent présentée comme exemple de bon élève au sein de l’Europe, près d’un habitant sur cinq vit (ou, plus exactement, survit) sous le seuil de pauvreté.

Cette pauvreté n’est pas l’apanage des seuls chômeurs. Désormais, notre continent compte 10 % de travailleurs pauvres. Ils étaient 7 % il y a dix ans. Dans le même temps, les richesses produites par les travailleurs européens sont passées de 15 000 milliards d’euros à 17200 milliards d’euros. Autrement dit, ils ont produit davantage, et ils ont été appauvris. Vous êtes fort bien placé pour le savoir : les « réformes » du droit du travail que vous avez entreprises ont largement contribué à les précariser.

Les Européens vont mal, l’Europe aussi. C’est dans ce contexte en effet que l’extrême droite progresse. Elle menace à l’est de notre continent comme dans les pays fondateurs de l’Union européenne. Là même où beaucoup considéraient qu’elle avait été balayée par l’Histoire, elle refait surface : en Italie, en Allemagne, et plus récemment en Espagne. Pour la première fois depuis la naissance de l’Union européenne, c’est la question de son existence même qui se trouve posée.

Ce qui s’effondre sous nos yeux, c’est une certaine conception de l’Union européenne.

Il suffit pour s’en convaincre de mesurer l’écart abyssal entre la réalité vécue par les Européens et les objectifs que les États de l’UE se sont assignés dans le traité de Lisbonne (en vigueur depuis 2009) : «la promotion du bien-être des peuples», «une croissance économique équilibrée », « une économie sociale de marché qui tend au plein-emploi et au progrès social», «la lutte contre l’exclusion sociale», «la promotion de la justice et de la protection sociales»… Plus qu’un échec : une faillite.

L’Europe meurt d’être devenue une gigantesque machine à fabriquer de la régression sociale. L’Europe et ses 510 millions d’habitants méritent mieux que les dogmes de l’austérité et de la « concurrence libre et non faussée » imposés à coups de lattes aux peuples réfractaires.

Dans un tel contexte, il serait irresponsable de demander à nos concitoyens d’Europe de choisir entre les libéraux et les fachos, car ni les uns ni les autres ne portent de solutions pour répondre aux intérêts des peuples européens.

Face au défi climatique, à l’enjeu de l’accueil des réfugiés, au poids considérable de multinationales plus puissantes que les États, nous avons à l’évidence besoin d’Europe. Mais d’une Europe repensée, transformée, porteuse d’une ambition de civilisation autrement plus utile aux peuples que le respect des sacro-saints 3 % de déficit public.

Je voudrais terminer par une proposition concrète. Depuis dix ans, la Banque centrale européenne a versé 3 000 milliards d’euros aux banques privées. Elle l’a fait sans la moindre condition, sans la moindre contrepartie. Cet argent a pour une bonne part servi à alimenter la spéculation.

Pourquoi ne pas imaginer que cet argent serve à autre chose ? Je propose qu’il alimente un fonds pour le développement des services publics partout sur notre continent.

Le mouvement des gilets jaunes a montré à quel point la disparition des services publics a fait mal à nos territoires, dans la ruralité comme dans nos quartiers populaires. Si l’Europe servait à cela, elle ferait la démonstration qu’elle peut être au service des gens, pas de l’argent.

Le Parti Communiste Français, premier parti de France !

Le Parti Communiste Français, premier parti de France !

Le Parti Communiste Français, premier parti de France !

La Commission Nationale des Comptes de Campagne et des Financements Politiques vient de publier au journal officiel les comptes des partis politiques au titre de l’exercice 2017. Et là, surprise, le PCF apparaît comme le premier parti de France.

Le PCF, 1er parti en 1945,1er parti en 2017.

La CNCCFP est la seule autorité légitime en matière de partis politiques.

Et la seule certitude en matière politique se résume par la question de Staline « Combien de divisions ? ». C’est justement la question à laquelle ne veulent pas répondre la majorité des dirigeants de partis. Révéler le nombre de ses militants actifs, ce serait peut être avouer son obsolescence politique…

Les partis politiques doivent cependant tous déclarer leurs comptes. Tous ne le font pas comme par exemple la Droite Populaire de Thierry Mariani. En fait, sur les 523 formations politiques déclarées à la CNCCFP, seules 404 ont déposé leurs comptes.

Or, ces comptes affichent le montant des cotisations des adhérents. C’est la preuve irréfutable de la représentativité d’un parti politique. C’est une mesure bien plus sûre que les sondages concoctés par des instituts aux méthodes statistiques plus que douteuses.

Et là, surprise, le Parti Communiste Français arrive en tête du classement : cest d’autant plus surprenant que ce classement ne correspond en rien avec la fréquence dans les médias des représentants de ces partis. Qui connaît seulement le nom du nouveau secrétaire général du Parti Communiste ?

A la gauche du PS, Mélenchon, et à un degré moindre Besancenot, se sont imposés. Pourtant la France Insoumise ne revendique en 2017 aucun adhérent. Et le Nouveau Parti Anticapitaliste déclare sept fois moins de cotisations adhérents que le Parti Communiste Français.

Mais l’omniprésence politique des médias d’information se réalise grâce aux idées de la droite de la droite. Le Rassemblement National, Debout la France voire la Droite Populaire de Thierry Mariani se taillent la part du lion. Pourtant le parti de Marine Le Pen ne réalise même pas la moitié du montant affiché par le Parti Communiste Français. Le parti de Dupont-Aignan ne réalise même pas 5% du montant acquis par le PCF. La formation politique de Thierry Mariani, elle, ne publie même pas ses comptes. Et comme si ce n’était pas suffisant, même Philippot, dont le parti « Les Patriotes » révèle un niveau d’adhésion qui ne frise même pas les 2% du montant du PCF, arrive à se faire inviter régulièrement.

Avec le PCF, Lutte Ouvrière et l’Union Populaire de François Asselineau restent les principales victimes de ce traitement médiatique inique. Classés respectivement premier, cinquième et sixième, loin devant Europe Ecologie Les Verts ou le Modem, ils ne sont que rarement invités sur les plateaux de télévision.

Aujourd’hui, les Gilets Jaunes accaparent l’essentiel du temps de parole politique des chaînes d’information en continu. Et c’est justice car aucun parti politique français ne pourrait revendiquer autant de militants actifs et déterminés. Le nombre exact de ces militants est d’ailleurs compté par une autre autorité tout aussi légitime : le Ministère de l’Intérieur lui-même.

Certains politiques reprochent aux Gilets Jaunes de ne pas être représentatifs de l’ensemble des électeurs français. Pourtant la somme des adhérents de tous les partis politiques représentés à l’assemblée Nationale et au Sénat est assez proche du nombre de Gilets Jaunes donné par Castaner.

Et ce sont bien ces partis qui imposent leurs idées politiques à l’ensemble des 47 millions d’électeurs français.

 […]

Yamine Boudemagh

Article complet à voir sur le lien ci-après : https://blogs.mediapart.fr/yamine-boudemagh/blog/180119/parti-communiste-francais-premier-parti-de-france

Le Parti Communiste Français, premier parti de France !

Denise Firmin

Denise Firmin, née Larnicol, la doyenne de la section du PCF Pays Bigouden, s’en est allée..

Denise Firmin

Voici l’hommage qui lui a été rendu par son petit-fils Frédéric, lors de ses obsèques à Lesconil le 19 janvier.

Hommage à Denise Larnicol

Chers amis,

Nous sommes venus accompagner Denise Larnicol jusqu’ici pour la laisser dans son dernier repos. Elle était parmi les personnes les plus âgées de notre village. Elle était de ces grandes familles de Lesconil qui ont pour la plupart disparu. Denise, nous le savons tous, était une militante au sens le plus noble ; mais c’était aussi, par sa vie, un témoin privilégié du XXème siècle qui, s’il lui apporta tristesse et chagrin, sut lui donner aussi beaucoup de joie.

I- Une vie

Morte à l’aube de ses 97 ans, Denise, par la longueur considérable de son existence, fut un témoin exceptionnel des grands bouleversements et plus particulièrement des moments les plus sombres que connurent la France et le monde au cours du XXème siècle.

Née le 5 février 1922 au pied de la butte de Ménez-Veil, elle était la fille de Louis Larnicol et de Victorine le Fur, tous deux issus de familles anciennement installées à Lesconil. Louis, propriétaire d’un petit bateau dont le nom – « Egalité » – exprimait avec pertinence et simplicité les idées progressistes qu’il avait adoptées, était l’un des enfants du célèbre meunier conteur dont les récits inspirèrent et nourrirent les recueils de Marcel Divanach qui, originaire du quartier, avait eu le bonheur d’assister aux veillées qu’il animait dans sa chaumière. Victorine, quant elle, originaire de Kerandraon, haut de la grand’rue actuelle, était la fille d’un marin, Jean le Fur (Yann ar Fur) et de Anna Draoulec que tout le monde désignait par la forme bretonne de son prénom « Nagen Draoulec ». Quelques années après sa naissance, Denise changea de quartier pour s’installer à proximité du Temple avant que ses parents ne décident d’entreprendre, non loin de là, au fond d’un chemin que l’on allait baptiser plus tard « rue du Temple », l’édification d’une maison qu’elle ne quittera plus.

A l’école, dès le début, Denise se passionna pour le savoir et, naturellement, se fit remarquer par l’excellence des résultats qu’elle obtenait dans toutes les disciplines comme en témoigneront toujours ses anciennes camarades de classe. Cela fut toujours l’objet pour ses parents d’une indéniable fierté. Ayant obtenu brillamment son certificat d’étude, sésame des enfants du peuple de cette Troisième république de la méritocratie, elle choisit pourtant, contre les conseils de son père, disposé à financer ses études secondaires, de travailler à l’usine pour demeurer dans la compagnie de ses amies. Elle se rendra cependant très rapidement compte de l’erreur commise et nous fera part, jusqu’à la fin de ses jours, des regrets de ne pas avoir suivi les sages conseils paternels.

Mais vinrent les heures sombres. La déclaration de guerre avec l’Allemagne d’Adolphe Hitler, en septembre 1939, allait constituer le commencement de la période la plus dramatique de sa vie. C’est devant le mur du Temple, en présence de ses parents et des habitants du quartier, qu’elle assista à l’entrée triomphale des troupes de la Wehrmacht à Lesconil, dans une atmosphère, comme elle le dira toujours, chargée d’un silence inquiétant. Cette angoisse était, à l’évidence, prémonitoire, car, les quatre années qui suivirent furent pour sa famille proche, comme pour bon nombre de Lesconilois, le temps de ce que l’on pourrait qualifier bibliquement d’une véritable Apocalypse. Membres très actifs du Parti communiste et patriotes authentiques, son père et ses cousins de la famille Larnicol entrèrent immédiatement en résistance, refusant la politique de collaboration du maréchal Pétain et toute forme d’attentisme. Les combles de l’antique chaumière des Larnicol au Ménez-Veil furent aussitôt choisis pour abriter les premières armes, les tracts et les journaux clandestins, au péril de la vie de ses oncles et tantes tandis que son cousin, Alain le Lay, révoqué de l’Éducation nationale pour ses opinions politiques, ne cessait de parcourir la Bretagne afin d’organiser et de structurer un vaste mouvement de résistance. Mais les missions dont il était chargé s’arrêtèrent brutalement en 1941 lorsqu’il fut arrêté dans le train, le 12 novembre, par des gendarmes français, abominables sicaires de Pétain et de sa clique de traîtres. Livré aux Allemands et déporté à Auschwitz, il y mourut le 4 octobre 1942 à Birkenau. Louis Larnicol, autre cousin, également chassé de l’Éducation nationale, fut, quant à lui, fusillé à l’école Saint-Gabriel de Pont-l’Abbé, le 12 juin 1944, après avoirs subi d’horribles sévices dont les traces physiques poussèrent sans doute les Allemands à faire disparaître son corps qui ne fut jamais retrouvé. Pierre Quéméner, un autre cousin, fut fusillé, avec d’autres camarades, dans les dunes de la Torche. Fille unique, Denise se retrouvait donc, lorsque la paix revint, privée d’une partie des parents de son âge et de ses amis les plus proches.

Il convenait de faire le deuil et de passer à autre chose. La vie continuait. Denise épousa René Firmin de Larvor et donna naissance à Louis-René et, un an plus tard, à Marie-Pierre. Il fallut agrandir la maison de Victorine pour y loger confortablement la petite famille. Les années passèrent ; chacun suivit son destin : René Firmin allait en mer et Denise travaillait chaque été dans les cuisines du centre de loisir de la SNCF. Cette activité lui plaisait car, lorsqu’elle fut en retraite, elle en parlait souvent, toujours avec émotion : nous l’entendions de temps en temps prononcer les noms de Norbert, le directeur, de Bernadette Garo ou de Marie Gentric…

Après la joie d’être mère, ce fut le bonheur d’être grand-mère : Frédéric, Maïwenn, Morgan et Victoria « son petit soleil » comme elle aimait à la qualifier. Mais c’est en 2015 que Maïwenn lui offrit le cadeau suprême : celui d’être arrière-grand-mère ; Eloine, « sa petite princesse » vint agrandir le cercle familial.

Le temps de la retraite fut aussi celui des voyages. Tout en s’occupant de sa mère avec bienveillance et dévouement, elle put enfin partir à la découverte de la France et de l’Europe, comme elle en rêvait depuis ses premiers cours de géographie. Ce furent alors les séjours dans les Alpes, à Bonneville, en Ardèche, dans cette région si joliment chantée par Jean Ferrat qu’elle admirait, au Pays-Basque, en pèlerinage sur la tombe de Luis Mariano dont elle appréciait passionnément le répertoire. Hors de nos frontières, ce fut d’abord l’Italie : le lac de Garde et les Dolomites, Milan et Venise. Puis ce fut la Yougoslavie et le soleil de la belle côte de Dalmatie. Après quelques années d’interruption, en 1995, elle me demanda de l’accompagner en Bohême, à Prague. Ce voyage fut pour nous deux un enchantement. Après avoir visité Strasbourg et franchi le Rhin, nous traversâmes la splendide Bavière et la forêt de Bohême : Prague et son patrimoine exceptionnel, Karlovi Vari, antique station thermale de la grande aristocratie européenne et le château de François-Ferdinand de Habsbourg s’offrirent à nous.

Hélas, cette soif de découverte fut interrompue par l’apparition de ses premières difficultés physiques ; elle choisit alors de rester à Lesconil et de se contenter des plaisirs que notre petit port pouvait lui apporter : promenades au port ou à Beg-ar-GuelIeg, longues heures de lecture dans la sérénité de sa maison…avant que tout cela ne s’arrête, entourée par ses enfants, ce mardi 15 janvier 2019 à 17H45.

Il- Une humaniste communiste militante

D’un bout à l’autre de sa longue vie, Denise ne cessa d’être une militante. Jamais elle ne s’arrêta de combattre activement aux côtés de sa famille idéologique, le Parti communiste. Dès la fondation de ce mouvement, lors du congrès de Tours en décembre 1920, son père avait officiellement adhéré à ce courant révolutionnaire qui, dans le sillage tracé par la révolution d’octobre 1917, voulait mettre un terme à l’odieux système capitaliste fondé sur l’exploitation des travailleurs et des petits. Membre actif et incontournable du syndicat des marins, Louis Larnicol éleva donc sa fille dans une ambiance imprégnée de militantisme. C’est à cette époque qu’elle se familiarisa, comme tant d’autres enfants de Lesconil, avec les luttes sociales parfois intenses dont les ports bigoudens étaient le théâtre.

Devenue adulte et jusqu’à ce que ses forces le lui permirent, Denise fut de la plupart des manifestations que l’on organisait lorsqu’un acquis social obtenu durement par les anciens, comme l’on disait, était menacé. Ainsi, dans les années 1980, elle défila dans les rues de Pont-l’Abbé pour le maintient de l’usine Saupiquet et s’activa vigoureusement pour empêcher la fermeture de l’usine Raphalen de Plonéour-Lanvern et de la conserverie COOP du Guilvinec. A chaque fois qu’un membre du Comité central de la place du Colonel Fabien organisait une réunion dans la région, elle figurait au nombre des participants, généralement en compagnie de sa complice et fidèle cousine Anita Charlot. Je me souviens par exemple l’avoir accompagné à un meeting organisé à Brest, lors de la campagne présidentielle, en vue de soutenir la candidature d’André Lajoinie. Je pus mesurer, et j’en fus impressionné, à quel point l’esprit militant qui l’imprégnait, elle et ses camarades (Anita, Lita Quéméner, Marthe Brenn…), était puissant et quasiment religieux.

Pleinement dévouée aux idéaux d’égalité et de fraternité, c’est naturellement qu’elle s’investit très rapidement dans les causes relatives au pacifisme et, plus récemment, à l’écologie. Il s’agit d’ailleurs, sans nul doute, de la raison qui la poussa à prendre part à un rassemblement organisé en faveur de la disparition des armes nucléaires. Elle fut d’ailleurs enchantée d’y avoir rencontré le sulfureux monseigneur Gaillot dont elle me montrait régulièrement, non sans fierté, les photos qu’elle avait prises de lui.

Finalement, chers amis, une image suffit à résumer l’humaniste et la militante qu’elle fut : celle de Denise juchée sur sa bicyclette bleue à sacoches parcourant notre cher village de Lesconil et ses environs pour remettre aux camarades et aux sympathisants le journal qu’ils attendaient, Leur Journal, celui fondé par le Grand Jaurès : l’Humanité.

En somme, le communisme de Denise fut comme celui de la grande majorité des Français qui croyaient à l’avènement d’un monde meilleur, comme celui mis en poème par Aragon ou celui chanté par Jean Ferrat : un humanisme imprégné d’un profond patriotisme.