A l’appel de l’AFPS Cornouaille, du Mouvement de la Paix, d’organisations politiques de gauche et de citoyens du Pays Bigouden, un rassemblement se déroulera le samedi 21 décembre à Pont l’Abbé. Aujourd’hui à Gaza, plus de 45 000 personnes, dont plus de 11 000 enfants sont morts sous les bombes israéliennes. En Cisjordanie la colonisation se poursuit et les meurtres contre les populations sont quotidiens. Ce constat est effroyable, la Cour Pénale Internationale parle d’un processus génocidaire en cours.
Catégorie : Démocratie
Communiqué de presse du PC 13 décembre 2024
François Bayrou nommé Premier ministre : réaction du Parti communiste français
En nommant un Premier ministre de son camp, Emmanuel Macron ne respecte pas, une nouvelle fois, le choix des urnes qui aurait dû le conduire à nommer un Premier ministre de gauche issu de la coalition arrivée en tête.
Cette nomination est un très mauvais signal envoyé au pays.
François Bayrou va-t-il s’obstiner à vouloir imposer une politique qui a échoué et qui a été sanctionnée aux dernières élections législatives ? lire la suite
Lucie Castets : « J’ai déjà travaillé à plusieurs hypothèses, en concertation avec les partis »
Après Michel Barnier, Lucie Castets ? L’économiste se dit toujours « disponible » pour Matignon, mais appelle la gauche à préparer la présidentielle.

Lucie Castets à Paris, le 3 décembre 2024.
© Philippe Labrosse/Divergence
Le Nouveau Front populaire (NFP) revendique-t-il toujours d’exercer le pouvoir avec vous à Matignon ?
Oui, au vu du résultat des législatives et de la situation, il serait légitime que nous gouvernions. Quant à savoir si je dois être première ministre, je ne suis pas dans une perspective égotique. J’ai fait partie de la solution cet été, si je dois encore faire partie de la solution maintenant, je me tiens à la disposition de la gauche.
Pour le reste, il faut reposer la question aux partis, mais aussi à Emmanuel Macron, qui porte la responsabilité de celui ou celle qu’il nommera. Le président nous a refusé le pouvoir une première fois. Résultat, c’est un échec total, et Michel Barnier est tombé.
La gauche pourrait-elle bâtir des majorités sans risquer à son tour la censure ?
Je ne dis pas qu’à sa place je n’aurais pas été censurée, je suis la première à reconnaître que nous avons une majorité relative. Mais depuis, nous avons montré que nous pouvions mettre d’accord au-delà de nos rangs sur des amendements, lors du budget. Sur les services publics et les retraites, nous pouvons bâtir des majorités.
Tous les élus sur le terrain sont confrontés à des demandes d’amélioration des services publics. Cela impliquerait de forcer les macronistes à un peu de souplesse, certes, car ils portent un budget qui propose, notamment, de supprimer 4 000 postes de professeurs.
Boris Vallaud (PS) propose un pacte de non-censure avec les autres forces, hors RN, préalable à un gouvernement de gauche. Qu’en pensez-vous ?
Si la question est de travailler texte par texte sans menace de censure agitée à tout-va, cela me va et c’est d’ailleurs ce que j’ai proposé tout l’été. En revanche, s’il s’agit d’un accord gouvernemental très large avec des représentants du camp présidentiel, c’est irréaliste et notre électorat ne le comprendrait pas, surtout après cet été.
Pareillement, je pense qu’un gouvernement technique est une mauvaise hypothèse. Ce serait une sorte de nouveau macronisme. Comme si les experts n’avaient pas de socle idéologique…
Le RN a censuré Michel Barnier après lui avoir servi de béquille. Qu’en pensez-vous ?
Ce n’est pas une surprise : on savait que le RN allait, à un moment, se retourner. Le vrai sujet, c’est comment la Macronie et LR se sont fait mener par le bout du nez par l’extrême droite. La vraie ligne rouge des macronistes, ce sont les hausses d’impôts, quitte à coopérer avec le RN. C’est une déception authentique pour moi de voir qu’aucun macroniste n’a eu de réflexe républicain. Emmanuel Macron devait être le rempart au RN, il en est le promoteur.
Désormais, les communiqués de Matignon citent directement Marine Le Pen pour la créditer de certaines avancées, comme sur le remboursement des médicaments, alors même que c’était une mesure portée par le NFP et que le premier ministre a toujours refusé de nous écouter.
Comment faire pour rendre visible l’arnaque du RN, qui se prétend le bouclier des classes populaires ?
Les idées racistes et réactionnaires ont progressé dans notre société mais je ne crois pas que cela suffise à expliquer la progression électorale du RN. Beaucoup des électeurs du RN se sont tournés vers ce parti en désespoir de cause : ils sont lassés par la classe politique disons « traditionnelle », avec le sentiment qu’elle est impuissante à changer leur quotidien… C’est à ça que la gauche doit répondre.
Or, avoir un très bon programme ne suffit pas. Les gens ne lisent pas nécessairement les programmes, on les comprend, ils fonctionnent – comme nous tous – d’abord par l’expérience du quotidien. J’ai croisé des sympathisants qui me disent : « Le Smic à 1 600 euros, c’est bien mais mon patron boulanger ne peut pas me verser ça et je ne veux pas le mettre dans la merde… » Il faut qu’on fasse preuve d’humilité collective. Cela ne veut pas dire que je ne soutiens pas le Smic à 1 600 euros ! Mais il faut expliquer mieux comment on y arrive, sans mettre ce patron boulanger, par exemple, en difficulté.
Si Emmanuel Macron venait à vous nommer, votre gouvernement est-il bouclé ?
J’ai déjà travaillé à plusieurs hypothèses, en concertation avec les partis. Toutes les composantes du NFP devront y être représentées, en évitant les personnalités les plus clivantes qui peuvent heurter les sensibilités de chacun. Et je suis favorable à ce qu’on ouvre à la société civile ou à certaines figures hors NFP, qui seraient prêtes à travailler avec nous et partagent notre socle.
À l’inverse, si le président se refusait à nouveau à nommer le NFP, que peut faire la gauche ?
Je le vois mal entendre raison, c’est donc l’hypothèse la plus probable. Nous devrons continuer à travailler à l’Assemblée pour construire un changement de cap politique, et préparer les prochaines échéances électorales.
Une présidentielle anticipée, par exemple ?
Je ne suis pas pour destituer le président de la République, en revanche je comprendrais qu’il se pose la question de démissionner. La crise politique vient d’abord de l’Élysée.
Vous avez appelé, le 30 novembre, aux côtés de Marine Tondelier, à fixer le principe d’une candidature commune à la présidentielle.
Oui, mais pas seulement. La candidature commune, et le fait de trouver une méthode de désignation, cela nous semble le B.A.BA pour ne pas partir désunis. Le projet est dans le nom, « Gagnons ensemble » : s’organiser et préparer la suite, avec toutes les forces de ce pays qui veulent œuvrer à la victoire d’un projet commun à l’ensemble de la gauche. Aller écouter et parler à tous ceux qui se sont éloignés de nous ou qui ne votent pas, ou plus.
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Nous devons démontrer que nous savons écouter, et tenir compte de ce que les gens disent, contrairement à ce qui a été fait depuis 2017. Le NFP a été un élan incroyable, qui doit beaucoup à la société civile organisée, avec un fort désir d’union qui n’est pas retombé. Il faut renouer avec cet esprit. Nous pouvons approfondir le programme, en associant là encore la société civile et en nous appuyant sur des consensus locaux, sur la santé, l’éducation, la fiscalité…
Jean-Luc Mélenchon aussi a appelé à se rallier aux insoumis pour une candidature commune.
Notre démarche n’a rien à voir. Nous appelons à décloisonner le NFP, pour dépasser les 28 % et atteindre les 50 % pour être en mesure d’obtenir une majorité absolue aux législatives et de remporter la présidentielle. J’espère que la censure va provoquer un esprit de responsabilité, pour être en mesure de dépasser les postures. Nous gagnerons tous à travailler ensemble.
L’Humanité – Publié le 3 décembre 2024
Sortir de l’ambiguïté par rapport à LFI ?
Inquiétude à Tréouguy

Les réfugiés ukrainiens du centre de Tréouguy ont appris par courrier que celui-ci serait fermé au 31 décembre. La question de leur relogement est inquiétante. Certains des 26 réfugiés encore présents à Tréouguy sont en situation de fragilité, notamment des personnes âgées, isolées.
L’AMPB communique :
Que vont-ils devenir ? On nous assure que personne ne se retrouvera à la rue, mais le flou règne, ainsi que les messages contradictoires.
L’AMPB se doit, bien entendu, de réagir et faire entendre sa voix. Légitimement et en première approche, plusieurs modes d’action sont envisageables : pétition, courrier, communiqué de presse, manifestation (comme on a déjà fait pour Sidy Camara, jeune Malien menacé d’expulsion, ou lors de la venue de Marine Le Pen au Guilvinec), etc.
Actions contre qui ou en faveur de qui : préfecture, mairie, Coallia, les Ukrainiens… ? Qu’est-ce qui est le plus pertinent à soutenir ou à dénoncer dans un environnement incertain où on entend « on nous assure que », « les services y travaillent », « ce n’est pas de notre compétence »… ?
Les membres du conseil collégial sont, au même titre que les autres adhérents de l’AMPB, inquiets et indignés.
Nous avons donc demandé un rendez-vous avec le maire de Pont-l’Abbé.
Une pétition demandant que chaque réfugié et famille de réfugiés se voit proposer une ou des solutions adaptées à sa situation est en ligne ICI. N’hésitez pas à la signer ou à la faire signer, elle sert à mettre de la pression (à partager également par Facebook). Une version papier est disponible (PDF ci-joint) si vous vous sentez une âme militante de terrain.
Pour en rajouter une couche, une conférence de presse aura lieu prochainement dans la suite du courrier et de la pétition. Nous vous tiendrons au courant.
Le prolongement de ce début d’action ? Il dépendra des éléments concrets recueillis, ou pas, dans les prochains jours. Le dossier est ouvert.
À suivre…
Les membres du conseil collégial.
Accueil Migrants Pays Bigouden contact@ampb.bzh
Association loi de 1901
Mairie – 1, rue de la Mairie
29740 Plobannalec-Lesconil
RNA : W294006716
Démocratie où es-tu ?
Extrait du blog de Gaston : https://www.gastonballiot.fr/
4 novembre 2024
Définition : le pouvoir appartient au peuple.

On trouve des éléments de démocratie par ci par là Dans différents pays.
Mais LA démocratie ?
Il ne suffit pas d’avoir le droit de vote pour être en démocratie. Encore faudrait-il un système électoral satisfaisant, équitable et non vicié. Il serait nécessaire également que les médias n’appartiennent pas à un seul camp et soient pluralistes. Tout cela réuni est-ce de l’utopie ? Oui sans doute mais on peut chercher à s’en rapprocher le plus possible.
Voyons quelques exemples.
En France
- Nous avons un système présidentiel qui permet de donner un pouvoir énorme à une personne pendant 5 ans, y compris pour faire le contraire de ce qu’il a promis.
- De réduire l’élection à un combat entre des individus et non à des choix de projets.
- D’imposer au 2e tour de l’élection présidentielle deux seuls candidats en interdisant toute coalition qui pourrait être majoritaire lors de ce 2e tour.
- De mépriser le parlement à coup de manœuvres ou de 49.3
Déjà on est donc loin d’une démocratie digne de ce nom.
La « réforme » des retraites, impopulaire et rejetée par tous, est imposée de force par le pouvoir présidentiel. Encore un grave coup porté à notre pauvre démocratie.
Le candidat Hollande : « mon ennemi c’est la finance », le président Hollande : au service de la finance.
En 2017 un jeune aventurier, employé de Rothschild, est propulsé par les médias comme une marque de savonnette sous la direction cachée de l’entreprise américaine Mc Kinsey.
Devant le sentiment d’impuissance, de mépris, une partie des victimes se réfugie dans l’abstention ou dans le vote populiste, ce qui appauvrit encore plus la démocratie déjà en crise
Si l’on ajoute l’épisode du référendum du 25 mai 2005 le verdict est sévère.
On nous a demandé d’approuver ou pas le projet de Traité Constitutionnel Européen, le TCE, nous avons dit NON, Mais on n’en n’a tenu aucun compte, et on peut remarquer que depuis 2005 nous n’avons plus eu droit à un référendum, outil pourtant logique dans une démocratie.
Certes dans beaucoup de pays c’est pire, mais est-ce une raison pour ne pas vouloir mieux… La revendication d’une VIe République issue d’une Assemblée Constituante, est pleinement d’actualité.
Et aux USA ?
L’épisode actuel de l’élection présidentielle américaine nous montre une « démocratie » malade et inquiétante.
- D’abord les Américains ont régulièrement le choix entre la droite ou l’extrême droite car on est dans un système de bipartisme qui fait qu’une personne de gauche, et il y en a cf Bernie Sanders par exemple,n’a aucune chance d’être présenté.
- Le système électoral est foncièrement injuste : tous les 4 ans on élit non pas le président ou la présidente mais les « grands électeurs » qui eux feront le vote final. Les USA sont divisés en États qui élisent chacun séparément ses représentants. Mais le nombre de grands électeurs dans chaque Etat n’est pas proportionnel à la population. Certains sont très favorisés par rapport à d’autres.
- De plus il s’agit d’un vote majoritaire dans chaque Etat. Par exemple dans celui qui a droit à 14 élus c’est le parti arrivé en tête, même de peu, qui rafle tous les 14 grands électeurs ! Belle démocratie…
- Quant à l’ambiance elle est tout sauf sereine… Violence, insulte pression des milliardaires, etc…
Ce que contient la proposition de loi macroniste pour criminaliser toute critique d’Israël et signée par François Hollande
Sous couvert de lutter contre les « nouvelles formes d’antisémitisme », la députée Caroline Yadan a annoncé déposer un texte qui cible les expressions de solidarité à la Palestine et la critique de la politique de Tel-Aviv.
Publié dans l’Humanité le 4 novembre 2024

Cette proposition de loi est portée par la députée des Français de l’étranger, membre du groupe EPR, Caroline Yadan.
© Abdullah Firas/ABACA
C’était une de ses promesses de campagne, dans la 8e circonscription des Français de l’étranger qui inclut surtout Israël. La députée Renaissance Caroline Yadan est malheureusement passée aux actes, ce week-end, en déposant une proposition de loi visant « à lutter contre les nouvelles formes d’antisémitisme ». Au prétexte de ce combat tout à fait légitime dans un contexte de hausse des actes contre les juifs depuis les attentats du 7 octobre 2023, le texte organise en réalité la confusion entre antisémitisme et antisionisme, haine des juifs et critique d’Israël en tant que régime.
Dans un entretien accordé au Point, Caroline Yadan ne cache pas les arrière-pensées politiques de ce texte. Celui-ci relève « trois axes essentiels de cette nouvelle forme d’antisémitisme : l’apologie du terrorisme, la négation de l’État d’Israël et la comparaison avec la Shoah ».
Et l’ancienne militante de la Licra de détailler : « Je voulais que soient punissables toutes les références à des expressions telles que ”From the river to the sea” avec des cartes où Israël a disparu ; que Rima Hassan (l’eurodéputée insoumise – NDLR) ne puisse plus impunément estimer que le Hamas est un mouvement de résistance (ce qu’elle n’a jamais dit – NDLR) ou que l’on ne puisse plus poster sur ses réseaux sociaux un drapeau nazi accompagné d’une étoile de David. »
Des députés socialistes signataires dont François Hollande
Si le texte venait à passer, la blague de l’humoriste Guillaume Meurice comparant Benyamin Netanyahou à un « nazi sans prépuce » l’exposerait par exemple à une condamnation pénale pour antisémitisme. Caroline Yadan voit là une simple prolongation de la loi Gayssot de 1990, qui sanctionne le négationnisme : « La contestation de la Shoah est punissable, même si elle est présentée sous forme déguisée, dubitative, par voie d’insinuation ou de comparaison, d’analogie ou de rapprochement. De ce fait, la comparaison de l’État d’Israël au régime nazi serait sanctionnée comme une banalisation outrancière de la Shoah. »
Ceux qui compareraient les crimes de guerre de Tel-Aviv à ceux du Troisième Reich – argument dont on peut tout à fait douter de la pertinence – seraient jetés dans le même panier que les négationnistes comme Robert Faurisson, qui nient l’existence des chambres à gaz.
Jamais une loi n’avait limité de manière si explicite l’impossibilité de critiquer un État et sa politique. « Ce texte est une faute, tonne le député PCF Jean-Paul Lecoq. Il n’est pas possible qu’il y ait un seul État dans le monde dont la politique ne puisse être critiquée. Paradoxalement, cela contribue à faire d’Israël un État d’exception et donc à l’isoler. » La « loi Yadan » a été cosignée par 90 députés, dont 75 de la majorité (l’ex-ministre Aurore Bergé figure parmi les premiers paraphes) mais aussi 5 socialistes, dont Jérôme Guedj et François Hollande.
De quoi alimenter les tensions au sein du Nouveau Front populaire, le texte étant explicitement pensé par son autrice comme une attaque contre la France insoumise, qui « fait justement partie intégrante du problème par sa légitimation de la haine des juifs dans notre pays sous couvert d’antisionisme ».
À noter que ce n’est pas la première tentative de bâillonner les soutiens à la Palestine. En 2019, un autre député macroniste, Sylvain Maillard, avait tenté de faire adopter un texte pénalisant l’antisionisme au même titre que l’antisémitisme, mais celui-ci avait été transformé en résolution non contraignante.
Pour une information libre sur la Palestine
Nous avons été l’un des premiers médias français à défendre le droit des Palestiniens à disposer d’un État viable dans le respect des résolutions de l’ONU. Et nous avons inlassablement défendu la paix au Proche-Orient.
Urgence solidarité avec les sinistrés et réfugiés du Liban
Urgence solidarité avec les sinistrés et réfugiés du Liban, victimes des bombardements israéliens :
Agissons concrètement pour financer l’aide d’urgence avec le PCF Finistère.
La situation du Liban était très difficile, elle devient apocalyptique, avec des centaines de milliers de déplacés liés à l’agression israélienne.
Une proche amie de notre camarade Gladys Grelaud appelle à l’aide pour financer l’organisation des secours et de l’aide vitale aux déplacés dans sa ville suite aux bombardements israéliens contre le Liban.
Merci à tous ceux qui le peuvent et le souhaitent d’envoyer un don au profit de l’aide d’urgence aux civils libanais de Doha el Hoss, une commune à 5km de Beyrouth:
La fédération du PCF Finistère a fait un premier versement en avance de 1000 euros. Mais c’est bien plus d’argent qu’il faut pour faire face à tous les besoins des déplacés.
Il y a besoin de dizaines de milliers d’euros pour les réfugiés qui se pressent à Doha el Hoss, victimes des bombardements du régime d’extrême-droite de Netanyahou.
Charlène, notre contact sur place, explique dans un appel à l’aide et un témoignage poignant :
» Nous sommes une famille française expatriée au Liban depuis 14 ans. Nous habitons Doha el Hoss (entre Khalde et Damour), petite ville d’environ 4.000 habitants en temps normal.
Bien que proche de Dahyé (banlieue sud bombardée de Beyrouth) à vol d’oiseau (environ 5km au sud), notre localisation est une zone résidentielle non stratégique et donc préservée. Aussi, depuis la semaine dernière, les raids se sont intensifiés tout d’abord sur le Sud Liban, puis sur Dahyé, et maintenant sur d’autres territoires encore, ce qui entraîne crescendo de plus en plus de déplacés. Aussi, notre zone est devenue »zone tampon » et donc zone d’affluence.
Aujourd’hui environ 30.000 personnes se sont dirigées dans notre quartier et y cherchent à se loger car ils n’ont plus nulle part où aller. Et l’affluence continue.
Nos priorités immédiates sont donc de loger et nourrir ces 30.000+ déplacés (ceux dans un rayon de 2km autour de nous !) qui n’ont plus aucun moyen de subsistance.
Vous ne pouvez imaginer nos petites rues bondées, des voitures garées tout le long des bas-côtés, les gens qui n’ont pas encore de logement dorment dans leurs voitures, ceux qui ont un peu plus de chance sont souvent »entassés » à plusieurs familles (30 à 50 personnes +) dans un seul appartement ; non meublé et dorment à même le carrelage pour la grande majorité.
La solidarité existe, ce qui fait chaud au cœur : un bon nombre de propriétaires d’appartements vides ouvrent leurs portes (ceci-dit la plupart demandent un loyer), des dons en matériel, en nourriture, en vêtements sont également faits… Malheureusement, comme dans toute guerre, les profiteurs ont les dents longues, et l’inflation est impressionnante. pour exemple, une pièce de 12m2 à louer passée de 50 dollars à 300$ ! ou encore ces matelas tout fins (7cm en mousse) qui font tant défaut sont passés de 10$ initialement à 15, 20 jusqu’à 40 chez certains vendeurs au gros.
C’est un travail de titans.. On essaie de trouver tous les moyens pour répondre à la situation.
Grâce à nos dons individuels, nous avons pu donner des matelas à des déplacés mais on estime qu’il reste 90% des personnes qui dorment à même le carrelage ! En plus de matelas, ils ont besoin d’un minimum : des oreillers et des couvertures, les produits d’hygiène de premières nécessités notamment.
Pour ce qui concerne la nourriture, une première initiative de grande cuisine organisée par les femmes du quartier a démarré mercredi dernier. Nous parvenons à produire un repas par jour, pour environ 1500 personnes (en y passant une grande partie de la journée, à 50 minimum), c’est formidable, mais tellement insuffisant ! et surtout, c’est épuisant, c’est évident que pour pallier à l’urgence, c’est nécessaire, mais que ce ne sera pas soutenable dans le temps !
Nous sommes en manque évident d’équipement, ustensiles, de bonbonnes de gaz et de matières premières…
Nous sommes lancés pour créer en parallèle un réseau de plus petites cuisines de rue qui pourront éventuellement assurer 2 repas par jour, et qui évitent l’excès de déplacements, qui répondent quasi localement à l’urgence, et permettent d’à moyen terme, former des équipes de déplacés qui pourront à tour de rôle s’occuper de cuisiner eux-mêmes.
Et comme on aimerait bien que la « réputation safe » de notre quartier le reste durablement, cette idée de « cuisines de quartier » permet notamment aussi d’éviter les grands rassemblements (cibles privilégiées de bombardements comme vu ailleurs depuis le 07/10/2023) !
Comme vous vous en doutez, tout cela exige des moyens que nous ne réussissons pas à trouver suffisamment localement.
Alors que les ONG avaient récolté des millions en quelques heures lors de l’explosion du port de Beyrouth (qui en comparaison ne représentait que peu de déplacés, 2 ou 3 milliers), nous n’avons aujourd’hui le soutien d’aucune association sur le terrain !
A titre de rappel, aucune association n’opère dans notre zone et nous sommes aujourd’hui très organisés et bien renseignés sur le nombre, la localisation et les besoins des familles ici présentes.
Merci de prendre en considération notre mobilisation pour répondre à cette urgence humanitaire d’une rare ampleur au Liban.
Charlène ANGUIS »
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