Banalisation de l’extrême droite : la menace n’est plus fantôme

​La dédiabolisation du Rassemblement national et de la fachosphère a atteint des sommets tels que la gauche est aujourd’hui présentée comme étant plus dangereuse que Marine Le Pen par des intellectuels et des élus. Même les mises en scène macabres sur le Web ne suscitent pas un tollé général. Continue reading « Banalisation de l’extrême droite : la menace n’est plus fantôme »

Défendre et améliorer notre système de retraite

Notre système actuel de retraite par répartition doit, certes, être amélioré pour prendre en compte la diversité et l’évolution du monde du travail actuel, mais à qui fera-t-on croire que ce qui a été créé à la Libération dans un pays ravagé et ruiné par la guerre devrait se traduire, aujourd’hui, par une régression sociale dans une des plus grandes puissances économiques du monde ?

Concernant les retraites et les personnes âgées, nous voulons :

– un système de retraites basé sur la cotisation sociale prélevée directement sur la valeur ajoutée crée, sur les richesses produites par les travailleur-ses dans les entreprises,

– des retraites décentes. La non revalorisation des retraites des agriculteurs est intolérable (cf lien vers la bataille de nos parlementaires),

– une garantie des retraites qui assure, après 60 ans, la continuité du niveau de vie ce qui exclut tout système de retraite à point ou par capitalisation,

– une garantie du pouvoir d’achat des retraités par indexation sur les salaires,

– un âge de départ à la retraite à 60 ans, plus tôt pour les métiers pénibles,

– un développement des Ehpad publics avec un programme de formation et de recrutement de 300 000 personnels. (avec en urgence 100 000 emplois par an sur 3 ans) cf plan d’urgence pour les Ehpad,

– la création d’un service public des personnes âgées qui garantisse un maintien à domicile des aînés dans de bonnes conditions sur tout le territoire et quelles que soient leurs ressources.

un argumentaire pdf sur la bataille des retraites (cliquer sur ce lien)

 

Ceci n’est pas de la propagande, mais de l’histoire de France.

Assurance-chômage : la réforme suspendue, l’exécutif désavoué

Assurance-chômage : la réforme suspendue, l'exécutif désavoué

Pour la deuxième fois, le Conseil d’État, saisi par les syndicats, a asséné un coup d’arrêt au décret visant à réaliser 2,3 milliards d’euros d’économies sur le dos des chômeurs. Pour le pouvoir, le camouflet politique va être dur à encaisser.

La chasse aux pauvres menée par l’exécutif vient de subir un sérieux revers. Pour la deuxième fois en six mois, le Conseil d’État a porté un coup à la réforme de l’assurance-chômage imposée par décret gouvernemental du 26 juillet 2019. Saisie en référé par tous les syndicats (sauf la CFTC), la haute juridiction administrative a suspendu la mise en pratique prévue au 1er juillet des nouvelles conditions d’indemnisation des privés d’emploi. « Les incertitudes sur la situation économique ne permettent pas de mettre en place, à cette date, ces nouvelles règles qui sont censées favoriser la stabilité de remploi en rendant moins favorable l’indemnisation du chômage des salariés ayant alterné contrats courts et inactivité», explique-t-elle dans sa décision. Si la juge ne remet pas en question le bien-fondé de la réorientation de l’assurance-chômage – l’instance pourra le faire à l’automne puisqu’elle a été saisie « sur le fond » par les syndicats – , celle-ci envoie un signal clair que les organisations de salariés comme celles de chômeurs ne cessaient de clamer aux sourdes oreilles du pouvoir macronien : cette réforme est mauvaise car elle est idéologiquement hors des réalités.

Un outil de redistribution

Pilier de notre République sociale, l’assurance-chômage est cet outil de solidarité et de justice sociale qui permet d’absorber les accidents de parcours professionnel et complète ainsi les autres mécanismes de Sécurité sociale. Pour la Drees (services statistiques du ministère de la Santé), le régime contribue « de façon primordiale à la stabilisation du niveau de vie » des Français : à hauteur d’un tiers pour les 20 % les plus modestes, de près de la moitié pour les 20 % suivants et encore un cinquième parmi les 20 % les plus aisés. C’est justement cet outil de redistribution auquel s’est attaqué le gouvernement.

Muriel Pénicaud, ministre du Travail de l’époque, expliquait que la réforme de l’assurance-chômage constituait le troisième temps de « l’action pour l’emploi », après la casse du Code du travail avec les ordonnances Macron de 2017 puis la privatisation par l’individualisation de la formation professionnelle (2018). En clair, l’heure était venue d’accélérer le « retour à l’emploi », bref de s’attaquer à ces fainéants de chômeurs qui profitent du système. Résultat : changements de calcul tous azimuts afin de diminuer la durée d’indemnisation et les niveaux des allocations, le tout accompagné d’un renforcement du flicage des privés d’emploi. Et, pour donner le change, un système de bonus-malus afin d‘inciter les entreprises à embaucher en CDI… en 2022. Le véritable objectif était ailleurs : «Avec cette réforme nous visons une baisse du nombre de chômeurs de 150 000 à 250 000 sur les trois ans à venir. Loin d’une approche comptable et d’une logique de rabot, cette transformation de l’assurance-chômage nous permettra d’atteindre plus de 3,4 milliards d’économies de 2019 à 2021 », dixit Edouard Philippe. Foin de rabot. L‘heure est à la tronçonneuse.

Selon l’étude d’impact de l’Unédic, les territoires les plus touchés par le chômage devaient forcément payer le prix fort. Dans le Pas-de-Calais, les Bouches-du-Rhône, la Seine-Saint-Denis, le Rhône, la Haute-Garonne, la Gironde ou encore Paris, 25 000 à 30 000 personnes devaient être pénalisées par le changement de calcul des allocations. C’était même 50 000 pour le Nord.

Si le premier couperet de la réforme (diminution de la durée d’indemnisation) est bien tombé au 1er novembre 2019, privant d’accès au chômage partiellement ou totalement 710 000 personnes, les syndicats ont lutté pied à pied contre le second (diminution des allocations) dès que la crise sanitaire a frappé, afin d’éviter que cette réforme n’empire la situation sur le front du chômage. En décembre dernier : première saisine du Conseil d’État. Première gifle infligée au ministère du Travail, contraint de revoir ses règles de calcul, la première mouture violant le principe d’égalité entre indemnisés. Le 30 mars dernier, Elisabeth Borne croit tenir la martingale avec un nouveau décret instaurant un « plancher » pour éviter les chutes vertigineuses d’indemnisation. Cela n’aurait pas empêché 1,15 million de personnes de voir leur allocation diminuer de 17 % en moyenne dès l’entrée en vigueur au 1er juillet prochain, selon une nouvelle étude de l’Unédic. C’est ce nouveau décret que le Conseil vient de retoquer. Deuxième gifle infligée au gouvernement. En attendant la troisième cet automne ?

La bataille n’est pas finie

« L’humiliation aurait pu être plus grande, analyse Mathieu Grégoire, sociologue, universitaire et spécialiste de la question du salariat. La juge ne se prononce pas sur les inégalités de traitement comme sur un certain nombre d’autres griefs faits par les syndicats. Elle a choisi celui qui lui semblait le plus adapté celui des conditions de mise en œuvre de la réforme, qui, selon elle, ne sont pas réunies au 1er juillet. Mais la bataille n’est pas finie. Il faut voir ce que le gouvernement va faire, en octobre ou novembre, quand le Conseil d’État se prononcera sur le fond. À six mois de la présidentielle, va-t-il risquer une nouvelle humiliation ? Il faudrait qu’il laisse tomber sa réforme. »

Mais si Emmanuel Macron la soutient mordicus, c’est avant tout pour donner des gages. À Bruxelles tout d’abord, mais aussi (et surtout ?) à son électorat. La réforme de l’assurance-chômage constitue une monnaie d’échange. Pour toucher le plan de relance européen (40 milliards d’euros pour la France), les pays membres de l’UE doivent s’engager à poursuivre leurs réformes « structurelles » – comprendre « austéritaires ». Dans le courrier qu’il a envoyé à Bruxelles, fin avril, le gouvernement mentionne donc sa refonte de l’assurance-chômage, qui devrait permettre d’économiser 2,3 milliards d’euros par an en vitesse de croisière.

Mais au-delà de l’aspect comptable, c’est la présidentielle de 2022 qui est visée. « Dans le récit du quinquennat, cette réforme lui permet de montrer que, malgré la crise, il continue à réformer, ce qui a été un puissant levier de séduction pour des sympathisants LR-LRM», décryptait le sondeur Frédéric Dabi en avril dernier. Difficile de tenir si le gouvernement abandonne sur les dossiers de l’assurance-chômage et de la retraite… « Emmanuel Macron manifeste sa volonté profonde de changer la nature de notre protection sociale, en affaiblissant les droits collectifs pour la réduire à un simple filet de sécurité », analyse le député communiste Pierre Dharréville. Dès lors, la décision du Conseil d’État, « c’est une sacrée victoire pour tous ceux qui se sont mobilisés, syndicats en tête, renchérit le député FI Adrien Quatennens. La bataille doit continuer jusqu’au retrait».*

Cyprien BOGANDA et Stéphane GUÉRARD (Journal L’Humanité du 23 juin 2021)

Front large pour les libertés !

Front large pour les libertés !

Le danger est présent, palpable, menaçant.

Il est d’autant plus inquiétant qu’il est loin de ne toucher que la France. Le vent mauvais d’une réaction brune souffle partout et donne l’impression déroutante de faire corps avec notre époque caractérisée par la violence et l’individualisation des rapports sociaux, la destruction des conquêtes sociales et du tissu productif, l’insécurité de vie, la dégradation des conditions d’existence et le bouleversement du monde organisé par le capital mondialisé. Cette vague brune n’est donc que l’expression de la dégénérescence du système capitaliste qui cherche les voies de son sauvetage, en aucun cas son antidote !

Les gouvernements englués dans la fuite en avant ultralibérale sous la bannière des carcans européens, travaillent aux « recompositions politiques » pour étouffer à jamais toute perspective de transformation révolutionnaire. La montée des extrêmes droites, l’appel de militaires au quasi-soulèvement, les manifestations de policiers appelant à l’insoumission devant les lois de la République vont de pair avec la destruction méthodique des conquis sociaux et démocratiques, déportant l’ensemble du paysage politique vers la droite extrême. C’est le scénario idéal pour les puissances d’argent, celles qui criaient hier « plutôt Hitler que le Front populaire ».

L’accélération des évènements laisse craindre que ce vent n’emporte jusqu’aux conquêtes que l’on croyait les plus solidement ancrées dans le patrimoine commun de la République. Le capitalisme dans ses développements actuels fait son miel des théories différentialistes, de la segmentation sociale, du contrôle des populations qu’il suscite et dont il profite, des lois sécuritaires, du monopole du pouvoir par les exécutifs. Et quand l’extrême droite vient couronner un système en crise, le travail y est plus encore caporalisé et les droits sociaux laminés. Les classes populaires et les travailleurs y ont tout à perdre. Ils n’auront ni sécurité, ni dignité mais seront divisés et affaiblis pour être ballotés au vent d’un arbitraire qui les assignera à résidence sociale.

Les libertés publiques sont constitutives du projet républicain tel qu’il a été pensé et fondé par les révolutionnaires de 1789. Elles reposent sur des principes puisant dans l’héritage des Lumières dont celui, fondamental, de séparation des pouvoirs. Mais aussi de proportion et de hiérarchie des peines, du droit à la prescription comme à la présomption d’innocence. Ces fragiles équilibres nous protègent toutes et tous contre l’arbitraire. L’histoire nous enseigne que leur défense ne peut être efficace qu’adossée au respect et à la promotion des conquêtes sociales. Les libertés ne sauraient être réservées à quelques-uns, et leur préservation ne peut être que le fruit d’un rapport de forces majoritaire.

Fédérer largement autour de ce combat d’intérêt général commande donc de définir le contrat social nouveau par lequel chacune, chacun s’attacherait à recoudre les déchirures du pays pour « continuer la France », selon la belle expression de Paul Vaillant-Couturier, avec ses apports successifs, selon le principe de citoyenneté élargi au champ de la production. Un contrat social et démocratique reposant sur la démocratie pleine et entière, la souveraineté populaire, l’appropriation sociale et démocratique des grands secteurs de production et d’échange, la fin du pouvoir personnel, de l’arbitraire actionnarial, le travail souverain, mais aussi par l’instauration d’une force publique protégée dans ses missions mais « instituée pour l’avantage de tous » et non à la recherche de droits spécifiques.

Le sillon que nous creuserons le 12 juin prochain à l’appel de dizaines d’organisations démocratiques et progressistes est celui de l’humanisme, des Lumières, des révolutions, de l’internationalisme, du socialisme et du communisme français.

Travailler à fortifier ces courants est le plus sûr moyen de « défendre et développer les libertés démocratiques pour assurer la paix humaine ».

L’éditorial de L’Humanité Dimanche du 27 au 30 mai 2021 – par Patrick Le Hyaric.

Pavés d’actualité

Valls : le retour

Voici le retour de l’ancien Premier ministre Valls à un an des élections présidentielles. Soit le vent tourne, soit c’est la girouette qui s’agite. Celui qui, dans la région parisienne, changeait de circonscription au gré de ses chances de devenir quelqu’un, celui qui faisait hier encore des déclarations d’amour à Barcelone après avoir été rejeté par l’écosystème macronien, revient nous donner des leçons comme si le climat n’était pas déjà assez délétère comme cela.

C’est vrai que là-bas, à Barcelone, il n’a pas pu déchiqueter la gauche, cultiver la crispation identitaire, utiliser à sa guise l’article 49-3 pour imposer ses lois, imposer une contre-réforme du code du Travail, cracher le matin à la radio contre les Rom « qui ont vocation à retourner en Bulgarie ou en Roumanie ».

On n’a pas voulu de lui à Barcelone. Son score de 13% à la mairie de Barcelone en témoigne. Alors il revient. Et il se surpasse, ou plutôt il dit tout haut le fond de sa pensée. La semaine dernière, il s’est prononcé contre l’existence d’un État palestinien parce que, a-t-il doctement dit, « s’il y avait un État palestinien ce serait un État terroriste » !

On le voit : M. Valls ne lésine sur rien. Déjà au pouvoir, il était de ceux qui bataillaient contre l’Observatoire de la laïcité. Aujourd’hui il est de ceux qui sautent toujours à pied joint dans la flaque lorsque l’on s’acharne à dénoncer « les ennemis de la République », pèle mêle : l’UNEF, la Ligue de l’enseignement, la Ligue des droits de l’homme, certains journalistes (surtout à gauche)… Par contre il peut parler dans l’hebdomadaire d’extrême droite Valeurs Actuelles du « péril islamo-gauchiste » et déplorer une « guerre entre races » après n’avoir eu aucun problème à défiler avec l’extrême droite espagnole contre le Premier ministre socialiste espagnol.

Bref, ce retour n’est pas bon pour la France, encore mois pour le débat d’idées. Il ajoutera encore une couche à l’odeur nauséabonde qui empeste le pays. C’est l’objectif recherché, et M. Macron saura le récompenser.

Palestine 

Plus de son, plus d’images de Palestine. Il est vrai que la propagande ne peut plus filmer les roquettes du Hamas. Cela ne veut pas dire que la guerre que mène l’État israélien au peuple palestinien soit moins intense. Check-points matin et soir, mur de séparation, destructions de maisons et vol de terres comme de l’eau dans la vallée du Jourdain, ratonnades dans les camps de réfugiés au soir tombé, destruction d’équipements publics, apartheid en marche, privations de droits des citoyens arabes israéliens, étouffement des populations de Gaza et chômage dépassant la moitié de la population active. Non, la guerre n’est pas fini, elle continue dans le silence et c’est bien là le danger. C’est ce qui fait tout le malheur d’un grand peuple, à l’immense culture niée, un peuple humilié, rejeté, privé de sa terre et de son État.

Pourquoi la France, qui par l’intermédiaire du ministre des Affaires étrangères a osé dire un bout de vérité, se laisse t’elle humilier et cracher à la figure par ce premier ministre israélien corrompu et allié de l’extrême droite ?

Aucune illusion à avoir : ce n’est pas par la tendresse qu’on fera appliquer le droit international. La France est membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU. Elle doit taper du poing sur la table et agir avec les populations européennes pour faire appliquer ce droit qui prévoit un État palestinien dans les frontières définies en 1967 avec Jérusalem-Est comme capitale, vivant en paix et en sécurité aux côtés de l’État d’Israël. Ne pas agir tout de suite c’est accepter cette guerre silencieuse sans fin contre les Palestiniens et leur destruction en tant que peuple.

La lutte victorieuse des femmes de chambre

Voici une admirable lutte d’une vingtaine de femmes de chambre de l’hôtel Ibis des Batignolles (12ème arrondissement de Paris), commencée en juillet 2019.

Vingt-deux mois de lutte au total pour ces femmes, employées d’une entreprise sous-traitante du groupe Accor pour nettoyer près de quatre chambres par heure. Rachel, Tiziri et leurs autres collègues et amies, toutes des africaines, étaient surexploitées, humiliées, méprisées, mal payées… Leurs heures supplémentaires étaient tout simplement ignorées par leur employeur. Certaines d’entre elles ne parlent toujours pas le français, ce qui arrange les patrons qui n’ont pas intérêt à ce que les employées connaissent le droit social ou encore leurs droits à la formation.

L’extrême droite et sa droite extrémisée ont beau jeu de gloser sur les « immigrés ». Ils leur servent pourtant bien de chair à canon pour faire pression sur le travail, sur les salaires et les droits sociaux. De ceci personne ne parle.

Ces courageuses femmes ont donc gagné le paiement de leurs heures supplémentaires, une augmentation de 7,30 euros par jour, des requalifications se traduisant par des hausses de rémunérations allant jusqu’à 250 euros par mois, la réintégration des CDD en CDI et une diminution des cadences, pour ne préparer que trois chambres par heure. Une lutte exemplaire !

Félicitations à elles ainsi qu’à la CGT et aux militants et élus communistes qui ont été à leurs côtés durant ces 22 mois de lutte qui se concrétisent pas une belle victoire.

Refuser l’austérité infinie

Refuser l’austérité infinie

Le drame que traverse la France, endeuillée de désormais plus de 100 000 morts, n’est pas tombé sur les épaules du pays comme une goutte de pluie sur le nez du passant. Il est le fruit d’une politique méthodique de dépeçage de la santé publique, menée sous les auspices d’une austérité renforcée depuis la crise de 2008. Des dizaines de milliers d’emplois dans la santé publique et 69 000 lits ont ainsi été supprimés en quinze ans pour complaire aux règles budgétaires imposées. Des contraintes budgétaires fixées notamment par « l’Objectif national des dépenses d’assurance maladie » qui s’acharne, pour le compte de l’État, à raboter les besoins en matière de santé, avec les conséquences désastreuses que l’on connaît.

Les enjeux de santé concernent tous les prochains scrutins. L’échelon régional est en effet celui qui coordonne les politiques de santé en fonction des moyens alloués par l’État. Pousser l’exigence d’un investissement public à hauteur des immenses besoins dans le secteur sanitaire nécessite donc d’autres choix budgétaires.

Or le gouvernement vient de formuler les siens dans un document envoyé à la Commission européenne appelé « Programme de stabilité de la France » jusqu’à l’année 2027. Cette date ne doit rien au hasard : elle correspond à l’année censée clore le prochain mandat présidentiel. Ces quelques lignes nous dévoilent donc un avant-gout du projet du candidat-président, largement partagé, du reste, par les candidats de droite et d’extrême droite.

Ce programme de stabilité fixe l’objectif de ramener, en six ans, la France sous la barre des fameux 3% de déficits instaurés par le Traité de Maastricht. Pourtant, il y a à peine un an, le président conspuait les critères maastrichtiens – « débats d’un autre siècle » – précisant que « nous avons besoin de plus d’expansionnisme, de plus d’investissements ». On apprend, désormais que des cercles d’économistes plancheraient sur une révision desdits critères dans la perspective de la présidence française de l’Union au premier semestre 2022, en pleine campagne présidentielle.

A quoi joue donc M. Macron en soufflant ainsi le chaud et le froid ? Tout cela sent la manœuvre électorale à plein nez car il est peu probable que le pouvoir se dédise auprès des autorités européennes. Il répète, du reste, par la voix du ministre de l’Économie, qu’il n’y aura aucun retour sur les baisses d’impôts concédées aux plus riches et aux entreprises, quand bien même ce rabotage de la fiscalité n’a produit aucun des effets escomptés en termes de croissance et d’emploi, aggravant de surcroit les inégalités. Ajoutons que ce programme de stabilité interdit toute relance par la dépense publique, et prévoit en conséquence sur les six prochaines années une croissance extrêmement faible qui creusera à son tour les déficits.

Pour la majorité actuelle, il ne reste qu’une solution : raboter à nouveau les crédits publics pour atteindre ses objectifs qui, au regard des déficits cumulés à cause de la pandémie, ne le seront qu’au prix d’une purge sociale sans précédent : retraites, santé, assurance chômage, sécurité sociale, démantèlement de l’État seront au menu d’un prochain quinquennat vorace si M. Macron venait à l’emporter. Pire, le gouvernement entend, dans sa missive, constitutionaliser « une norme » de dépense publique, de manière à rendre irréversibles les politiques d’austérité !

Alors que les Etats-Unis viennent de lancer un programme de relance colossal par l’investissement public, chez nous, les mandataires du capital font preuve d’un fondamentalisme ultralibéral qui risque de plonger le pays dans une nouvelle décennie d’horreur sociale. Les mobilisations contre la destruction de l’assurance chômage, les traces laissées par les mobilisations des Gilets jaunes et pour la défense des retraites, peuvent être les ferments d’une unité propre à déjouer ce scénario et contribuer à l’ouverture d’une perspective politique progressiste.

L’éditorial de L’Humanité Dimanche du 22 avril 2021 – par Patrick Le Hyaric.

Une dangereuse ubérisation des états

Une dangereuse ubérisation des états

L’actualité de la crise sanitaire est dominée par l’apparition de nouveaux variants du Covid-19 impliquant des mutations qui risquent de compromettre l’efficacité des vaccins. Mais une autre mutation, non moins importante, semble en gestation dans le cadre de cette crise.

En effet, d’importants indices semblent annoncer de sérieux changements dans la composition – et la direction – du système capitaliste mondial. D’un côté, des faillites, menaces de faillites et/ou pertes gigantesques et en cascade de grosses entreprises, souvent centenaires, et ce, dans des secteurs très variés. La Société générale, Commerzbank, Deutsche Bank, Santander, pour le secteur financier; Exxon, British Petroleum, Chevron, Shell, Total, pour l’énergie; Lufthansa, Airbus, British Airways, Boeing, SNCB, pour le transport ; Thyssenkrupp, Renault, Rolls-Royce Holdings Inc., Fiat Chrysler, Siemens, Danone, Adidas… pour l’industrie.

De l’autre côté, une poignée d’entreprises phares du nouveau capitalisme de plateforme, les Gafam (Google, Amazon, Microsoft et autres Tesla, SpaceX..) engrangent des bénéfices gigantesques. Mêmes performances dans l’industrie de l’armement (General Dynamics, Raytheon, Northrop Grumman, Dassault, Lockheed Martin…) et les grands de Big Pharma (Pfizer, Glaxo-SmithKline, Moderna, Johnson & Johnson et BioNTech). Et ce, dans un processus de clair rapprochement entre ces « gagnants ».

Serions-nous devant la formation d’un nouveau complexe militaro-pharmaco-numérique voué à gérer la mondialisation du XXIe siècle ?

Ces listes des « perdants » et « gagnants » ne sont ni exhaustives ni représentatives de situations similaires. La situation calamiteuse des banques Santander (Espagne) et Commerzbank (Allemagne) est différente, par exemple, de celle de la Deutsche Bank et de la Société générale, qui viennent d’être sorties du « rouge » par Merkel et Macron. Indice intéressant dans le domaine financier et dans la même direction de cette chronique : Christine Lagarde (FMI) et Janet Yellen, secrétaire du Trésor américain, commencent à s’inquiéter sérieusement de l’avenir de leur monnaie avec les succès du bitcoin, de la libra (Facebook), blockchain EOS (Google).

Pour ce qui est du secteur pharmaceutique, les ententes avec les plateformes du Web font florès, Google en tête. Ce dernier a conclu des contrats avec GlaxoSmithKline, Sanofi et Novartis pour le traitement de diverses maladies, en cherchant à associer la technologie numérique et la recherche médicale. Amazon n’est pas en reste ; après avoir obtenu une licence pour avoir le droit de commercialiser des produits pharmaceutiques aux États-Unis, il a acheté, pour un peu moins d’un milliard de dollars, la société PillPack, spécialisée dans la commercialisation et le conditionnement des médicaments, opération qui a affecté les cotations des entreprises pharmaceutiques américaines. Des conversations avec Sandoz et Novartis laissent penser que Bezos compte investir également le domaine de la production pharmaceutique et ne pas se limiter au marché américain. En janvier 2020, Amazon Technologies Inc. a déposé une demande de marque au sein de l’Union européenne sous le nom d’Amazon Pharmacy. De son côté, le groupe Dassault, par ailleurs fabricant de l’avion de chasse Rafale, est devenu, via sa marque Biovia, le numéro un mondial dans la recherche sur les comportements biologiques et la thérapeutique intégrée. Mais là où les rapprochements sont les plus édifiants, c’est dans le secteur de la défense. Ils étaient déjà perceptibles lorsque, en 2013, Amazon, moyennant un contrat de plus de 600 millions de dollars américains, devenait le principal fournisseur de services de cloud Computing (système informatique d’archivage et de gestion de données en externe) pour la CIA et 16 autres agences de la « communauté du renseignement ». Puis, en octobre 2019, le Pentagone a attribué à Microsoft un contrat de 10 milliards de dollars pour dix ans, visant la création d’un cloud global, incluant la totalité des branches des forces armées, pour gérer la documentation sur la recherche de nouvelles technologies associées à l’essor de l’intelligence artificielle. Jeff Bezos (Amazon) conteste la décision, arguant qu’elle a été dictée par Trump pour favoriser Microsoft. A leur tour, Apple et Facebook se disputent le contrôle des données des utilisateurs d’iPhone. Signes des luttes au sein de l’oligopole…

De son côté, la CIA, voyant plus large et plus loin, concluait, en novembre 2020, un contrat pour les mêmes services, mais cette fois avec l’ensemble des géants du Web, qui ont été mis en concurrence.

Allons-nous vers une ubérisation des États ? Le récent recrutement du général Keith Alexander comme membre du conseil d’administration d’Amazon donne une idée du degré de proximité de ces partenariats. Chef des services de sécurité de l’armée lors des attentats du 11 septembre 2001 et à la suite de sa « remarquable » performance, il fut recruté par la NSA pour optimiser les systèmes d’écoute des communications, en concertation, déjà, avec les Gafam. C’est lui qu’Edward Snowden avait dénoncé comme étant le mentor du gigantesque système d’espionnage de la NSA. Une des raisons de la hargne contre WikiLeaks est que ce dernier a révélé, en 2018, le réseau de filiales, jusqu’alors secret, du système cloud d’Amazon dans une centaine de localités d’une dizaine de pays.

Aujourd’hui, conscient des énormes potentialités de l’intelligence artificielle, dont les Gafam sont devenus les maîtres incontestés, Keith Alexander a la tâche de faire d’elle un instrument géopolitique de premier ordre, dont Joe Biden n’aura qu’à tenir compte. Vu le pedigree de ce dernier et la composition de son équipe, gageons qu’Alexander sera bien servi.

La candidate aux élections présidentielles Elizabeth Warren avait inscrit le démantèlement des Gafam comme un des points majeurs dans son programme. Chris Hughes, fondateur avec Mark Zuckerberg de Facebook, partageait cette demande, déçu de voir ce que son groupe était devenu. Bien entendu, le Pentagone ne le permettra jamais. Pour le savoir (et en prendre note), écoutons Larry Page, un des fondateurs de Google, expliquer au Financial Times que les Gafam « ont vocation à remplacer les dirigeants politiques puisqu’elles comprennent mieux les enjeux du futur que les politiciens ».

 

L’Europe des régions ou le démantèlement de l’État-Nation ?

« Collectivité Européenne d’Alsace » , eurorégions, loi « 3D » : politique de proximité ou démantèlement de l’Etat-Nation ?

La Collectivité Européenne d’Alsace

Le 7 avril 2013 les Alsaciens furent consultés par référendum sur une réforme de leur organisation territoriale. Il s’agissait de réunir en une seule entité les deux conseils généraux du Bas Rhin (chef-lieu Strasbourg) du Haut Rhin (chef-lieu Colmar) et le conseil régional d’Alsace. La fusion n’eut pas lieu, les électeurs ayant refusé le projet. (1)

Sept ans plus tard, sans consulter les citoyens, sans publicité, on bafoue le vote populaire en imposant une réforme qui aurait sans doute été rejetée comme en 2013. Mais ce n’est pas nouveau en France : rappelez-vous le référendum de 2005 bafoué en 2008  ! (2)

A compter du 1er janvier 2021, les départements du Bas-Rhin et du Haut Rhin sont regroupés sous le nom de « Collectivité européenne d’Alsace ».

La Collectivité Européenne d’Alsace (CEA) correspond géographiquement à l’ancienne région Alsace et continue à faire partie de la région « Grand Est » . Le peuple n’a pas été consulté : nos élites dirigeantes ayant sans doute eu peur d’un nouveau refus.

La CEA aura des compétences spécifiques : elle sera chargée d’établir un schéma alsacien de coopération transfrontalière : promotion de l’allemand standard et des dialectes alsaciens, développement du tourisme et des loisirs, gestion du réseau routier public national non concédé, aide aux entreprises, développement des liaisons routières, ferroviaires, fluviales transfrontalières…

Pourquoi cette réforme ? Est-ce pour avancer dans un futur projet d’une « Europe des Régions » ? N’est-ce pas aussi une forme de « séparatisme ? »

Cette réforme du statut de l’Alsace s’inscrit en effet dans le contexte du développement des eurorégions (même si cette collectivité n’en est pas une officiellement). Une eurorégion est « une entité territoriale transfrontalière qui réunit les partenaires de deux ou plusieurs régions frontalières de différents Etats européens. Elles ont pour objectif de créer un espace cohérent, qui se développe de concert, pour faire de la frontière non plus un obstacle mais une ressource et une opportunité de développement. Pour ce faire, elle constitue un cadre à la coopération permettant de réunir les différents acteurs et de mettre en place des politiques et projets communs dans des domaines comme l’aménagement du territoire, les transports, l’économie locale, les activités culturelles, l’environnement, etc. toujours selon les spécificités de chaque frontières.» (3) Dans l’UE, les eurorégions sont constituées en général sous la forme juridique du groupement européen de coopération territorial (GECT) qui est une personnalité juridique composée d’États membres, de collectivités régionales ou locales, d’autres organismes de droit public, ou d’associations.

Au-delà des nobles intentions de développement de la coopération entre régions de l’UE, il convient de s’interroger sur l’instrumentalisation possible de ces dispositifs par les classes dirigeantes européennes en vue d’en finir enfin avec le cadre régulateur des Etats-Nations.

Fantasmes de souverainistes à tendance complotiste ? Voici pourtant ce qu’en disent Serge Federbusch, essayiste, (passé du PS à l’UMP…), et Yves de Kerdrel, (dirigeant de la presse Dassault, notamment de Valeurs Actuelles, rédacteur du Code de gouvernance du Medef), dans le Figaro du 12 /11/14 : « Les socialistes ont mal traduit le néolibéralisme en vogue depuis bientôt quarante ans dans le monde. Ils ont à peine dévêtu l’État mais ont rajouté couche sur couche à l’habit des autres collectivités au prétexte de déconcentration (…) La construction européenne et la mondialisation rendent en effet superflus, en France au moins deux des échelons suivants : communes, intercommunalités, départements, régions, État national et Union. Si un « cost killer » impitoyable s’emparait du pouvoir en Europe, il est probable qu’il supprimerait, pour la France, la strate départementale mais aussi la strate étatique qui entrave désormais les politiques communes plus qu’elle ne les relaie. Naturellement les traditions nationales répugnent à cette disparition. Les élus n’ont pas envie de se faire hara-kiri  »(4)

Dans un document intitulé « Besoin d’aire », édité en 2012, le MEDEF propose d’« oser le fédéralisme » afin de transformer l’UE en « Etats-Unis d’Europe .» (5)

La création de la « Communauté Européenne d’Alsace » est donc emblématique de cette volonté d’affaiblissement du caractère indivisible de la Nation définie par notre Constitution. La dimension « eurorégionale » de cet événement renforce la dépendance de notre pays au cadre de l’Union Européenne.

Cette politique de différenciation territoriale, est complètement assumée par les pouvoirs politiques depuis une quarantaine d’années et renforcée par les lois de décentralisations .

 

De la décentralisation à la différenciation

Et si l’Etat lui-même encourageait une forme d’autonomisme pour nos collectivités territoriales ?

Depuis 1982 une politique active de décentralisation des compétences de l’Etat a été engagée puis accélérée récemment sous François Hollande et Emmanuel Macron. Elle aboutit à des transferts de ressources et de compétences au profit des collectivités territoriales (communes, métropoles, départements, régions).

L’acte 1 de la décentralisation a eu lieu en 1982 (loi Deferre). Cette loi supprime la tutelle administrative exercée a priori par le préfet sur les collectivités territoriales, transfère le pouvoir exécutif départemental du préfet au président du Conseil Général et promeut la région en collectivité territoriale de plein exercice.

L’acte 2 se déroule en 2003 (gouvernement Raffarin) par la promulgation de la loi « relative à l’organisation décentralisée de la République française ». L’autonomie financière des collectivités territoriales est instituée. Il est instauré un référendum décisionnel local et un droit de pétition. De nouvelles compétences sont transférées aux régions (gestion du personnel non enseignant des lycées, formation professionnelle, organisation des transports ferroviaires régionaux).

En 2015, sous la présidence Hollande l’acte 3 se réalise par la loi NOTRe (Nouvelle Organisation Territoriale de la République). La loi renforce les pouvoirs des régions en transférant certaines compétences exercées par les départements (transports interurbains et scolaires, gestion des ports départementaux, gestion des déchets) et en accroissant leurs compétences propres concernant le développement économique et l’aménagement du territoire, elle renforce aussi celles des métropoles (Grand Paris, Lyon, Aix-Marseille-Provence…). L’intercommunalité est encouragée. Tout cela se réalise au détriment des niveaux départemental et  communal.

Les régions sont redécoupées en 2015, sans concertation avec la population ou avec les élus, et passent de 22 à 13 en France métropolitaine. Ce redécoupage n’est pas sans liens avec la question des eurorégions puisque l’un des buts affirmés de cette réforme est de pouvoir rivaliser en compétitivité avec d’autres grandes régions européennes.

Actuellement, le gouvernement promeut la loi « 3D » (décentralisation, différenciation et déconcentration) qui va bientôt se transformer en loi « 4D » (aux trois items précédents il faudra rajouter la décomplexification).

« La déconcentration, parallèle au mouvement de décentralisation, consiste à transférer au sein même de l’État des responsabilités de l’administration centrale vers les services déconcentrés, dirigés par les représentants de l’État au niveau territorial (préfets, recteurs académiques, etc.. La différenciation territoriale consiste à attribuer par la loi des compétences spécifiques à une collectivité territoriale ou la capacité des collectivités territoriales à exercer de manière différente une même compétence. » (6)

La loi organisera de nouveaux transferts de compétence (la transition écologique, les transports, le logement, la cohésion sociale et la santé) sans annonce d’engagements financiers précis.(7)

Si la nécessité d’organiser certains domaines de gestion politique au plus près du terrain peut s’envisager raisonnablement, il est permis de redouter la mise en place d’une « France à deux vitesses ». Le flou autour des moyens financiers affectés à ces futurs transferts de compétence nous fait craindre le développement de certaines régions et de métropoles riches au détriment des territoires moins bien dotés qui n’auront pas les moyens de lutter contre leur appauvrissement économique et social.

Il nous semble pertinent de souligner que sous les louables intentions de vouloir rapprocher la décision politique des réalités locales pourrait se cacher une autre volonté. Certains territoires « gagnants » de la mondialisation pourraient bien vouloir s’affranchir de leur solidarité naturelle dans le cadre national avec les territoires « perdants ». Ne perdons pas de vue que de telles tentations sont apparues dans d’autres pays (volonté sécessionniste de la Flandre vis-à-vis de la Belgique, de la Catalogne vis-à-vis de l’Espagne et de l’Italie du Nord par rapport à l’Italie du Sud).

Il n’est pas sûr que notre pays soit encore longtemps à l’abri de ce genre de tentations, bien dans l’esprit de nos « élites mondialisées ».

 

Fiers d’être « jacobin » !

Les libéraux et une partie de la gauche dénoncent souvent le caractère très centralisé de l’organisation de la Nation française. Ce « jacobinisme » serait responsable de bien des lourdeurs de la machine administrative française, éloignée des réalités de terrains. De plus, cette centralisation serait synonyme de négation des différences sociales, culturelles et linguistiques de nos territoires. Il faudrait donc « dégraisser le Mammouth étatiste » en valorisant l’échelon local (surtout l’échelon régional et celui des grandes métropoles ).

Il est bien sûr nécessaire d’adapter les lois et règlements aux situations locales et de favoriser la participation de la population aux décisions concernant leur cadre de vie le plus proche. Mais cela ne saurait se faire au détriment de la cohésion nationale. Nous pensons que l’unité des principes de la loi républicaine sur tout le territoire est le meilleur garant de l’égalité de traitement de tous les citoyens de ce pays. Les chantres de la proximité ne sont pourtant pas gênés par la contradiction existant entre leur discours et leur volonté de réduire les compétences des départements et des communes au profit de la région et des métropoles. De fait, ils visent surtout à vouloir diluer la souveraineté nationale dans une future souveraineté européenne conforme aux exigences du capitalisme apatride.

Plus que jamais, la République une « indivisible, laïque, démocratique et sociale » nous paraît être le meilleur cadre possible pour des politiques efficaces de résistance aux assauts du capitalisme financiarisé et mondialisé.

Sources :

(1) https://www.lemonde.fr/politique/article/2013/04/07/echec-du-referendum-alsacien-de-fusion-des-collectivites_3155558_823448.html

(2) Le 29 mai 2005, le peuple français rejetait par référendum le projet de traité constitutionnel européen. Le vote des Français fut bafoué en 2008 par l’adoption du traité de Lisbonne par les deux chambres réunies en congrès à Versailles. https://reporterre.net/Le-traite-de-Lisbonne-est-une-trahison-de-la-democratie

(3) http://www.espaces-transfrontaliers.org/ressources/territoires/euroregions/

(4) : cité par https://www.initiative-communiste.fr/articles/luttes/euro-regions-reforme-territoriale-supprimer-france-aveux-figaro-but-de-classe-capitaliste/

(5) http://besoindaire.com/pdf.html

(6) https://www.cohesion-territoires.gouv.fr/sites/default/files/2020-01/L19193_DP_loi-3D_web.pdf

(7) https://www.publicsenat.fr/article/parlementaire/decentralisation-transferts-de-competences-jacqueline-gourault-detaille-la-loi

https://www.alsace.eu/la-collectivite/

* http://canempechepasnicolas.over-blog.com/2021/01/a-propos-de-la-ceation-des-collectivites-europennes-dont-macron-et-son-clan-inventent-la-premiere-en-alsace-par-jean-levyen-alsace.h

https://www.youtube.com/watch?v=UiCxtnlOqnl&t=660s

 

Article publié par : https://ms21.over-blog.com/2021/03/loi-3d.html