Défis et atouts de la pêche maritime française dans le cadre européen

Défis et atouts de la pêche maritime française dans le cadre européen

La pêche reste un secteur économique important. Mais coincée entre gros armements, règles européennes, Brexit et stigmatisation écologiste, elle est en crise… Où en transition ?

par Olivier PENHOAT

À l’instar du monde agricole, dans la seconde moitié du XXe siècle la France avait réussi à bâtir un secteur de pêche artisanal rentable et diversifié en termes de pratiques, d’espèces ciblées, de zones de pêche. La flotte française a rapidement réalisé sa modernisation après-guerre, puis a pleinement bénéficié de la politique commune de la pêche au travers d’un accès privilégié à des quotas dans toute la zone économique exclusive communautaire. Les producteurs disposaient d’une relative autonomie à l’égard des entreprises de transformation, faisant vivre des territoires littoraux. Cette dynamique s’est retournée dans le courant des années 1990. La pression exercée sur la ressource par des flottilles trop nombreuses et trop puissantes a rendu inexorable une restructuration du secteur, avec la mise à la casse de nombreux navires (un tiers des navires ont disparu depuis 1995) et un renforcement progressif des mesures de régulation de l’activité et de gestion des stocks[1]. La mémoire de ces épisodes, au-delà du mouvement de l’hiver 1993-1994, est encore vive. Elle  a généré dans le secteur une crainte exacerbée de la disparition dans un contexte où les défis auxquels les activités font face sont lourds et inédits.

LA DÉSTABILISATION ÉCONOMIQUE DU MODÈLE ARTISANAL

La disparition progressive des aides communautaires en faveur des navires [2] a entraîné un vieillissement généralisé d’une flottille désormais hors d’âge, avec des outils qui atteignent en moyenne 30 ans [3]. Ces navires sont accidentogènes, les conditions de travail à leur bord sont pénibles et ils sont très dépendants des énergies fossiles, de sorte que chaque épisode de tension sur les prix du pétrole affecte directement leur rentabilité dans la mesure où le système de vente dominant, en criée, ne prend pas bien en compte les coûts de production. Le rétablissement progressif des stocks et la réduction de la flotte offrent, en dehors de ces épisodes, des conditions de rentabilité satisfaisantes, mais les retards pris dans le renouvellement de la flotte à l’issue de deux décennies de restructuration en réduisent significativement le bénéfice (coûts de maintenance et pertes liées à l’immobilisation). Les premiers touchés sont les patrons artisans indépendants de navires de 10 à 24 m, dont les capacités d’investissement individuelles sont limitées et qui n’ont pas de partenaires capitalistiques. D’autant qu’un nouveau navire coûte plusieurs millions d’euros et que l’entrée dans la filière, qui se fait par l’acquisition d’un navire d’occasion, suscite un endettement important liée à la monétisation par les cédants des antériorités de pêche associées au navire [4]. Au travers de la figure du patron artisan et des flottilles concernées, c’est le modèle type national de la pêche française qui est bousculé. Le secteur peine à recruter, à retenir ses marins et ses patrons, et son renouvellement à long terme n’est pas garanti.

UNE IMAGE TERNIE…

Une part de ces difficultés a également pour origine une image qui s’est beaucoup dégradée dans l’opinion publique : à l’image de l’aventurier téméraire et libre a succédé le sentiment que les pêcheurs dégradaient profondément l’environnement. Les débats autour de la pêche de grands fonds ont montré combien cette image n’était plus l’apanage des pêcheries ciblant ou capturant accidentellement d’emblématiques mammifères marins [5].

Les associations environnementales sont maintenant très influentes dans la définition des politiques de la pêche. Outre l’extension des aires marines protégées, elles promeuvent un agenda complet de gestion des pêches : objectifs de gestion des stocks, élimination des « subventions néfastes » et promotion d’une petite pêche côtière très loin du modèle artisanal hexagonal [6].

… MALGRÉ UNE CONSOMMATION CROISSANTE ET SOUTENUE

À ce stade, toutefois, la bataille de l’image n’a pas complètement bouleversé les pratiques de consommation des Français. Le marché national des produits de la mer est un atout important du secteur. Avec 33 kg par an et par habitant, la France est un des premiers marchés au monde. Comme celui de l’Europe, il est fortement déficitaire, à hauteur des deux tiers. Avec le Brexit, la part des importations assurée par des pays en dehors de l’espace européen (UE et AELE [7] ) deviendra majoritaire. Dans un contexte mondial de demande croissante – la demande en produits de la mer a doublé en cinquante ans – , cette demande, sur le plan national ou à l’exportation, devrait rester dynamique, sous réserve de s’adapter aux nouvelles pratiques des consommateurs. Les produits, qui bénéficient d’une image positive en raison de leur qualité alimentaire devraient jouer dans les prochaines décennies un rôle majeur dans l’équation alimentaire mondiale du fait du meilleur bilan environnemental de la protéine animale issue de la mer [8]. Pour l’Europe, et la France en particulier, l’équation, dans un contexte de Brexit, sera complexe avec la nécessité de sécuriser des apports qui ont toutes les chances d’être de plus en plus disputés.

LE RÔLE DÉCISIF DE L’EUROPE POUR L’AVENIR DU SECTEUR

La situation économique de la pêche artisanale française n’est pas insoluble. Une dynamique positive, dans les régions comme au plan national, est à l’œuvre, avec des initiatives porteuses d’espoir. Mais durant les prochains mois les yeux du secteur seront d’abord braqués sur Bruxelles, où une série de dossiers majeurs doivent être arbitrés.

 

Les enjeux pour la pêche de la sortie du Royaume-Uni de l’UE ont été abondamment soulignés : la dépendance de nos pêcheurs à ses zones de pêche et la dépendance symétrique de ses opérateurs au marché communautaire. Au-delà du degré d’ouverture des eaux britanniques et des conditions d’accès à celles-ci, les enjeux du retrait britannique quant à la gestion de la ressource ont été moins soulignés. Or, dans la mesure où la plupart des stocks chevauchent les deux zones économiques exclusives, il est tout aussi impératif de fixer un cadre commun, avec des objectifs de gestion et des instances de gouvernance s’inscrivant dans la durée. L’ampleur des questions à traiter d’ici à la fin de la période de transition, qui court jusqu’au 31 décembre 2020 et pendant laquelle les règles communautaires continuent à s’appliquer, rend un tel accord très difficile. Surtout, le secteur britannique qui a beaucoup appuyé le mouvement du « Leave » pousse en faveur d’une dérégulation, alors que pour l’UE la convergence du cadre futur avec les règles de la politique commune des pêches (PCP) est une condition de survie de celle-ci.

Dans le même temps, l’Union doit adopter son premier budget pour la période 2021-2027 et, pour ce qui concerne la pêche, celui du fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche (FEAMP). Or ce débat ne s’est pas ouvert sur des perspectives rassurantes : budget global et du FEAMP en baisse; réduction des aides aux navires comme au reste de la filière, avec de nouvelles interdictions et l’élimination de certaines catégories de subventions ; nouvelles priorités maritimes… Les négociations viennent de s’ouvrir entre le Parlement et le Conseil; il serait souhaitable que le budget garantisse des moyens permettant le renouvellement de la flotte, en particulier sa transition énergétique, et conforte la mise en œuvre de la PCP (contrôles, évaluation des stocks aujourd’hui lacunaires). Le prochain FEAMP doit permettre à la filière dans son ensemble de réaliser sa transition environnementale en s’adaptant au Brexit. Les défis ne sont pas minces.

En définitive, la négociation du prochain FEAMP n’est que le prologue du débat qui va s’ouvrir rapidement sur la politique commune des pêches, dont une révision est attendue pour 2023. Il y a certainement beaucoup à faire pour améliorer les modalités de gestion en prenant davantage en compte les relations entre espèces dans une approche écosystémique. Dans un contexte de bouleversement environnemental, les dispositifs devront aussi gagner en agilité, et certains instruments qui ont montré leurs limites, comme les règles de jauge qui freinent l’adaptation de la flotte, doivent être réformés. Si l’UE confirme sa préférence libre-échangiste et maintient un tel degré d’ouverture de son marché, elle doit mettre ses opérateurs dans des conditions de concurrence équitable, et ne pas réduire unilatéralement ses instruments d’intervention propres, notamment de marché, dans un contexte international bien moins stable qu’il y a une décennie.

Source : PROGRESSISTES N°28 (revue intellectuelle et d’idées du PCF)

Olivier PENHOAT est politiste, fonctionnaire territorial

[1] Enfin, il est maintenant clair que le changement climatique et les pollutions de l’eau ont tout autant d’impacts sur les stocks que la pression de pêche. Notre avenir alimentaire, et celui de la pêche, sont également en jeu dans ces combats qui se jouent à terre. La notion de stock provient du vocabulaire de gestion de la pêche. Il s’agit de la partie exploitable de la population d’une espèce dans une zone donnée. Le stock ne comprend ni les œufs, ni les larves, ni les juvéniles n’ayant pas atteint une taille suffisante pour être capturés. Il peut y avoir plusieurs stocks pour une même espèce : si des sous-groupes d’une même espèce vivent dans des zones différentes et qu’ils n’ont pas ou peu d’échanges entre eux, on dit qu’ils appartiennent à des stocks différents. Ainsi, les langoustines de mer Celtique et les langoustines du golfe de Gascogne, qui n’ont aucun échange, sont étudiées séparément : bien que de la même espèce, on considère qu’elles appartiennent à deux stocks distincts.

https://wwz.ifremer.fr/peche/Le-role-de-lIfremer/Expertise/Diagnostics/Notions-de-base/Definitio n-d-un-stock [consulté le 2 mars 2020].

[2] Les aides à la construction ont été supprimées il y a une quinzaine d’années. Le soutien sur fonds publics à toute augmentation de la capacité de pêche des navires (jauge, puissance) comme aux équipements qui facilitent la recherche du poisson est strictement prohibé. Le fonds européen pour les affaires maritimes (FEAMP), mis en œuvre à compter de 2014, restreint encore les leviers d’intervention, notamment en ce qui concerne l’amélioration énergétique d’une flotte pourtant vieillissante et extrêmement énergivore. Le FEAMP 2014-2020 aura ainsi réussi l’exploit d’être le fonds européen qui aura le moins contribué aux objectifs climatiques de l’UE.

[3] En 2018, l’âge moyen des navires atteint 29 ans en Bretagne, selon l’Ifremer (Système d’informations halieutiques, 2019), « Région Bretagne. 2018. Activité des navires de pêche » : https://archimer.ifremer.fr/doc/00608/72054/

[4] Il s’agit là du corollaire du modèle national de gestion des licences, d’autorisations de pêche et des quotas, qui est public et collectif, et alloué sur des bases annuelles à l’instar des quotas communautaires. Pour éviter les ruptures et assurer un minimum de visibilité aux entreprises de pêche, les organisations professionnelles et les services de l’État privilégient comme critère de répartition les antériorités de pêche « attachées » au navire, c’est-à-dire les pratiques avérées, historiques, d’accès à tel ou tel stock.

[5] De la chasse à la baleine, sur laquelle Greenpeace a bâti sa renommée, à l’interdiction des filets maillants dérivants pour protéger les dauphins

[6] Plutôt que la nature capitalistique des entreprises, la définition privilégie un critère de taille (navires inférieurs à 12 m) réalisant des marées à la journée et proscrit l’utilisation des arts traînants (chaluts, dragues) au profit des arts dormants (filets, lignes, casiers et pièges…), perçus comme moins impactants pour les fonds. Cette définition est contestée par le secteur, qui pointe la pollution des eaux côtières et leur encombrement, l’intérêt de diversifier les zones de pêche, d’exploiter des quotas disponibles dans des zones plus lointaines et souligne que les besoins d’appâtement de nombreux engins dormants sont assurés par des pêches préalables au chalut.

[7] Association européenne de libre-échange. Parmi les États de cet espace économique, les approvisionnements en provenance de la Norvège et de l’Islande représentent près de 1 Md€ en 2018 (FranceAgrimer, Les Filières pêche et aquaculture en France. Chiffres-clés, avril 2019).

[8] Sébastien Abis, « Le futur alimentaire de la planète passera forcément par la mer », l’Opinion, 5 mars 2020 : https://www.lopinion.fr/edition/economie/futuralimentaire-planete-passera-forcement-mer-213186

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Notre camarade, Christian LASSON…

Notre camarade, Christian LASSON...

 

La famille du Secours populaire de Pont-l’Abbé a perdu l’un des siens

« La grande famille du secours populaire est en deuil après la disparition de Christian Lasson, 62 ans, lors d’un tragique accident de mer, mercredi soir, à l’entrée du port de Saint-Guénolé à Penmarc’h. Après trois ans passés en tant que bénévole au sein de l’association, il avait pris la présidence du comité de Pont-l’Abbé à la suite d’Alain Bonnet, il y a un an. Originaire de Champagne, il a fait toute sa carrière à la SNCF, et a mené des activités syndicales en siégeant au sein du CCE (Comité d’entreprise européen) de la SNCF. Son parcours professionnel l’avait par ailleurs amené à occuper plusieurs fonctions. Il avait eu notamment la responsabilité de 52 colonies d’enfants sur le territoire français, plus les séjours à l’étranger, ainsi que le service des livres et les bibliothèques. Il avait été aussi longtemps directeur de colo, et c’est comme ça qu’il avait découvert la Bretagne. À 54 ans, en prévision de la retraite, il avait passé un diplôme de Gestionnaire d’entreprise en économie sociale, ce qui l’avait conduit tout naturellement à prendre en main la gestion du Secours populaire. Son objectif, en prenant les rênes du comité, un des quatre comités les plus importants du département, avec Brest, Quimper et Châteaulin, était de l’ouvrir davantage aux jeunes, de les inciter à prendre plus de place et de responsabilités dans l’organisation. »

Journal Le Télégramme du 16 octobre 2019

Secours populaire. Christian Lasson : « C’est une grosse machine collective »

Christian Lasson, bénévole depuis trois ans, est le nouveau président du comité local du Secours populaire. Le biker au grand cœur revient sur les motivations de son engagement.

Annoncé lors de la dernière assemblée générale, le départ d’Alain Bonnet, président du comité de Pont-l’Abbé pendant huit ans, est effectif depuis la rentrée. Et comme prévu, c’est son ami Christian Lasson, bénévole depuis trois ans, qui est désormais aux manettes. Vous l’avez peut-être croisé sur les routes au guidon de sa Kawasaki 1400 GTR, ou au large de Saint-Guénolé, à la manœuvre sur son Pen Sardin. Ou bien, sûrement, lors d’une braderie ou d’une collecte alimentaire du Secours populaire. Bonnet vissé sur le crâne et barbe de biker, Christian Lasson ne passe pas inaperçu. Sa gentillesse et son discours engagé non plus.

Quel a été votre parcours avant le Secours populaire ?

Je viens de Champagne où j’ai fait toute ma carrière à la SNCF. C’est dans le cadre des activités syndicales que j’ai connu Alain Bonnet, puisque j’ai siégé comme lui au CCE (Comité d’entreprise européen) de la SNCF. J’ai eu la chance durant mon parcours professionnel d’occuper plusieurs fonctions. J’ai eu notamment la responsabilité des 52 colonies d’enfants sur le territoire français, plus les séjours à l’étranger, et le service des livres et bibliothèques. J’ai été aussi longtemps directeur de colo, et c’est comme ça que j’ai découvert la Bretagne. À 54 ans, en prévision de la retraite, j’ai passé un diplôme de Gestionnaire d’entreprise en économie sociale, ce qui me permet d’être à l’aise aujourd’hui dans la gestion du Secours populaire.

Le choix du Secours populaire était-il réfléchi ?

Absolument, c’est un choix politique. Quand on connaît l’histoire du Secours populaire, qui l’a fondé, à savoir le parti communiste, les valeurs d’entraide et de solidarité qu’il véhicule, ça en dit long sur les idées du bonhomme (rires). Cela dit, l’association est apolitique et personne ici ne revendique d’appartenance à un parti ou à un autre. Ce qui ne veut pas dire oublier ses origines, ses convictions et ne pas regarder ce qui se passe autour.

Quel regard portez-vous sur l’avenir du monde associatif ?

On est à une époque où on parle sans cesse de repousser l’âge du départ à la retraite. Or, en France, 80 % des associations sont dirigées par des retraités. Quand on leur pose la question sur les raisons de leur engagement associatif, ce sont des chiffres Insee, ils répondent « parce qu’on a le temps et qu’on est encore en bonne santé ».

Alors, si on prolonge de plus en plus l’âge de départ à la retraite, le temps, il y en aura moins. Quant à la santé, selon une étude qui vient de sortir, les hommes restent « en bonne santé » jusqu’à 63 ans, après, ça se gâte. Donc, ce genre de décisions politiques risque de poser problème au monde associatif, qui est une grande force chez nous.

Quels seront les grands axes de votre mandat ?

J’ai un mandat de deux ans et je m’inscris dans la continuité de ce qu’a accompli Alain Bonnet et son équipe. On va juste essayer d’apporter des améliorations ici ou là pour être encore plus efficaces dans notre aide aux personnes dans le besoin. Je dis « on », car le Secours populaire à Pont-l’Abbé, c’est une grosse machine collective qu’on ne peut pas diriger tout seul : on fait partie des quatre comités les plus importants du département, avec Brest, Quimper et Châteaulin. Et on aide 263 familles sur notre secteur, soit 565 personnes.

Quels sont vos projets ?

Mon objectif principal, c’est de « rajeunir » les troupes. Jeune, ça va de 18 à 50 ans, car actuellement la moyenne d’âge du bureau, c’est plus de 60 ans. Pour cela, il faut ouvrir davantage nos portes et inciter les jeunes à prendre plus de place et de responsabilités dans l’organisation. L’autre projet à plus court terme est sur le point d’être finalisé : il s’agit de proposer à nos bénéficiaires de participer aux sorties et activités de la MPT. L’accord va se faire en novembre, il ne reste plus qu’à écrire les modalités noir sur blanc. Un autre sujet me tient à cœur, c’est de mettre en place un projet culturel à destination des jeunes, en leur proposant des concerts, théâtres, expos et loisirs. Voilà pour les projets principaux. Mais il y a aussi le développement du « 15 », notre nouveau local qui fonctionne déjà très bien, et la recherche de partenariats avec les associations et les commerçants. On veut aussi trouver des producteurs locaux et développer le circuit court pour les produits frais. Et rencontrer les maires des différentes communes où on intervient, car nos besoins ont évolué, mais pas les aides.

Le Secours populaire se substitue-t-il aux institutions ou aux services publiques ?

On entend dire parfois qu’on fait le jeu des politiques, mais ce n’est pas vrai. Ce qu’on fait, personne d’autre ne le ferait si on n’était pas là. Ce n’est pas les politiques qu’on vise, ce sont les gens, on est là pour les aider, c’est ça qui compte pour nous et ça n’a pas de prix. Ce qui ne dédouane pas du tout les politiques de leur inaction. C’est important de le dire, même si ça ne plaît pas à tout le monde.

Dans l’eau, des prédateurs : les SAURiens…

Dans l’eau, des prédateurs : les SAURiens…

Le ministre du budget perquisitionné

Visé par une enquête pour corruption, prise illégale d’intérêts et favoritisme, le ministre du budget, Olivier Dussopt, a été perquisitionné, mardi 18 août, selon les informations de Mediapart. L’élu s’est fait offrir, en 2017, des œuvres d’art par un dirigeant de la Saur, l’un des leaders français du marché de l’eau.

 

Le ministre du budget en exercice, Olivier Dussopt, a été perquisitionné par la police, mardi 18 août, dans le cadre d’une enquête pénale ouverte sur des faits de corruption, prise illégale d’intérêts et favoritisme, selon des informations concordantes de Mediapart.

Également impliqué dans le dossier, l’un des leaders français du marché de l’eau, la Saur, a aussi fait l’objet le même jour de perquisitions, qui se sont poursuivies ce mercredi 19 août.

Les opérations ont été coordonnées par les policiers de l’Office anticorruption (OCLCIFF), sous l’autorité du Parquet national financier (PNF). Contacté par Mediapart, le PNF a confirmé avoir diligenté des perquisitions cette semaine dans l’affaire Dussopt.

Ainsi que Mediapart l’avait révélé le 20 mai dernier, Olivier Dussopt s’était fait offrir en 2017 à titre personnel des œuvres du peintre Gérard Garouste par un dirigeant local de la Saur, alors sous contrat avec la municipalité d’Annonay (Ardèche), dont le maire était le même Dussopt. Le PNF ouvrait, une semaine plus tard, le 27 mai, une enquête préliminaire visant le ministre et l’entreprise.

Selon nos informations, les perquisitions de cette semaine ont notamment été menées au domicile personnel du ministre, en Ardèche, et à la Saur, la société au cœur de l’affaire. Il s’agit du numéro trois français dans la gestion de l’eau, après les géants Veolia et Suez. Le PNF n’a pas souhaité faire de commentaires sur les lieux précis des perquisitions.

Sollicités, ni Olivier Dussopt ni la Saur n’ont donné suite au moment de la mise en ligne de cet article. « Le parquet poursuit les vérifications qu’il souhaite faire. C’est normal et cela permettra de démontrer qu’il n’y a rien à me reprocher. J’ai restitué il y a plusieurs semaines les lithographies. Bien qu’il n’y ait rien de répréhensible, j’ai préféré les restituer pour clore cette polémique », a réagi M. Dussopt, dans une déclaration à l’AFP après la publication de notre article.

L’ouverture d’une enquête préliminaire n’avait pas empêché Emmanuel Macron de conserver et de promouvoir Olivier Dussopt au sein du nouveau gouvernement de Jean Castex, à l’occasion du remaniement du 6 juillet.

Jusqu’alors secrétaire d’État chargé de la fonction publique, l’élu a décroché un portefeuille clé : celui de ministre délégué du budget, avec la mission délicate de devoir gérer les conséquences budgétaires de la crise sanitaire.

Éclipsée par les nominations polémiques de Gérald Darmanin à l’intérieur et d’Éric Dupond-Moretti à la justice, la promotion d’Olivier Dussopt n’a suscité que très peu de réactions, y compris dans l’opposition, alors même que le ministre n’a jamais contesté les faits.

L’affaire trouve son origine à la fin janvier 2017, dix mois avant l’entrée d’Olivier Dussopt au gouvernement sous la présidence d’Emmanuel Macron. Alors député et maire socialiste de la ville d’Annonay, il avait accepté d’un dirigeant local de la Saur un cadeau de prestige : deux lithographies numérotées de l’artiste Gérard Garouste, un des grands peintres français actuels, dont il est un grand amateur.

Les œuvres en question se nomment La Reine Esther et Le Compagnon, le Coq et la Bougie. Achat et encadrement compris, le cadeau se chiffre au total à un peu plus de deux mille euros, selon les éléments en possession de Mediapart. L’opération a été pilotée par Franck Meneroux, l’un des dirigeants de la Saur en Ardèche.

Après avoir évoqué auprès de Mediapart en mai un présent offert par un « ami » – ce que l’« ami » démentait pourtant dans le même temps –, le ministre avait finalement reconnu le lendemain, par écrit, un « cadeau de l’entreprise » et annoncé la restitution des œuvres.

L’affaire est des plus embarrassantes. Seulement quelques jours avant de se voir offrir les lithographies, Olivier Dussopt avait annoncé publiquement, en tant que maire d’Annonay, un partenariat industriel avec… la Saur pour l’installation d’une microturbine hydroélectrique sur la commune. Le contrat, négocié depuis 2016, a été formellement signé six mois plus tard, le 1er juin 2017.

Puis, une fois au gouvernement, Dussopt n’avait pas hésité, en octobre 2018, à vanter publiquement les mérites de la nouvelle turbine, présentant le projet de la Saur et ses partenaires comme « très emblématique de la transition énergétique ». Le secrétaire d’État avait d’ailleurs lui-même inauguré la turbine, à Annonay. Cette belle publicité ministérielle avait fait l’objet d’articles de presse et ravi le service de communication de la Saur, selon ses archives sur les réseaux sociaux.

En 2011, la Saur avait déjà apporté son obole à Olivier Dussopt en sponsorisant la « lettre » distribuée par le député ardéchois à ses administrations.

La Saur entretient des liens importants avec la commune d’Annonay depuis plusieurs décennies. Le groupe a longtemps été délégataire du service de l’eau. Mais, après un rapport défavorable de la chambre régionale des comptes en 1998, puis sous la pression d’une association locale d’usagers, Olivier Dussopt, élu maire de la ville en 2008, n’avait pas prolongé le contrat d’affermage avec la Saur, arrivé à échéance fin 2009.

Il avait décidé de passer en régie publique, tout en signant avec la Saur un contrat de prestation de service pour cinq années pour l’exploitation des ouvrages d’eau potable (comprenant fonctionnement, surveillance, entretien des ouvrages et gestion clientèle du service). Ce contrat, renouvelé en 2016, lui avait attiré les foudres de l’association des usagers de l’eau de la région d’Annonay, qui avait dénoncé un « tour de passe-passe ».

À aucun moment, Olivier Dussopt ne semble avoir jugé problématique de recevoir des cadeaux de la part d’un cadre d’une société sous contrat avec la collectivité qu’il dirigeait. « J’ai considéré que cela relevait de mon activité de maire et de président de l’APVF [Association des petites villes de France – ndlr], association avec laquelle la Saur a un partenariat historique et antérieur à mon adhésion, et non de mon mandat de parlementaire », a-t-il estimé auprès de Mediapart.

Il réfute que ces cadeaux aient pu constituer des remerciements aux marchés confiés à la Saur, qui a « remporté ces marchés » parce qu’elle « était la mieux-disante », selon lui.

L’élu n’avait pas déclaré à la déontologue de l’Assemblée nationale les lithographies de Garouste offertes par la Saur. Une telle déclaration est pourtant obligatoire pour les députés concernant « les dons, avantages […] d’une valeur qu’ils estiment supérieure à 150 euros dont ils ont bénéficié à raison de leur mandat », selon le code de déontologie de l’Assemblée.

« J’ignorais la valeur de ces lithographies, avait justifié Dussopt en mai dernier auprès de Mediapart, en faisant machine arrière. J’aurais peut-être dû le faire et je saisis aujourd’hui le déontologue de l’Assemblée nationale afin qu’il vérifie la conformité de mon choix initial. »

Le même Dussopt s’était montré beaucoup plus intransigeant avec d’autres. En mars 2017, moins de deux mois après avoir récupéré les lithographies, l’élu avait ainsi ironisé, sur Twitter, sur les « cadeaux dispendieux », au moment où l’on apprenait que le député François Fillon s’était vu offrir des costumes par l’avocat Robert Bourgi.

En juin, le ministre a estimé, dans un entretien au quotidien Le Parisien, qu’il n’aurait « peut-être […] pas dû » accepter les deux lithographies. Olivier Dussopt espère aussi que la restitution des œuvres permettra de « clore cet incident ».

Par Fabrice Arfi, Antton Rouget et Marine Turchi (Mediapart)

Source : https://www.mediapart.fr/journal/france/190820/le-ministre-du-budget-perquisitionne

POUR MÉMOIRE : Le renouvellement du contrat d’affermage de l’eau dans le pays bigouden

CCPBS Pays bigouden Sud, Service public de distribution de l’eau.

Où en est-on ?

7 novembre 2019

Le contrat actuel de délégation de service public confié à la SAUR arrive à échéance le 31/12/2020.

Afin de prévoir le mode de gestion à partir du 01/01/2021 la Communauté de communes CCPBS a demandé un rapport au cabinet Espelia, rapport sorti en janvier 2019.

Le Conseil Communautaire du 07/03/2019 a examiné le principe de reconduite de la délégation de service public qui serait attribuée pour une durée de 10 ans à partir de 2021.

Deux conseillers communautaires ont fait remarquer qu’il serait opportun de réfléchir à une reprise en régie en avançant le fait que “l’eau est un bien commun, que nous mettons dans les mains d’un service privé“. Le Conseil communautaire, avec 2 voix contre et une abstention, a approuvé le principe de la délégation de service public.

Pour l’instant il ne s’agit que de l’approbation d’un principe et une procédure doit ensuite se dérouler. D’après un article de Ouest France du 06/11/2019 “le renouvellement de cette concession devrait être à l’ordre du jour des élus communautaires, avant les municipales de mars

Pourquoi cette précipitation ? Précipitation suspecte d’une présidence en fin de mandat… Ne serait-il pas plus logique, et plus sérieux car il s’agit d’une décision qui engage pour 10 ans, de laisser ce choix à prendre au futur Conseil communautaire qui sera élu en mars 2020.

C’est d’ailleurs cette position raisonnable qui a été adoptée par la Communauté de communes du Haut Pays Bigouden.

Source : https://www.frontdegauchebigcap.org/ccpbs-pays-bigouden-sud-service-public-de-distribution-de-leau-ou-en-est-on/

Le MONDE et CUBA au temps du COVID-19

Le MONDE et CUBA au temps du COVID-19

Je me suis immédiatement souvenu de l’image vue dans l’un des livres d’histoire qui m’ont accompagné à l’école primaire : le navire négrier. Ces hommes entassés, comme des pièces d’un assemblage géométrique parfait composé d’êtres humains.

Cependant, cette fois il ne s’agissait pas d’histoire, mais d’actualité. Les images qui ont parcouru le monde depuis les prisons du Salvador montrent comment le système qui s’érige en modèle pour le monde traite ses rebuts. Il est vrai que ce sont des délinquants, membres de bandes criminelles qui exercent une violence extrême, fruit des conditions économiques et sociales issues du modèle imposé depuis les États-Unis à son « arrière-cour » comme unique option pour les jeunes de familles humbles. Mais rien ne justifie le traitement humiliant et presque animal à des êtres humains, encore moins son exhibition médiatique à des fins politiques et démagogiques, comme l’a fait le gouvernement salvadorien. Cependant, les dépositaires des Droits humains dans la région, ceux-là même qui depuis Washington sanctionnent des pays au nom du respect à ce qu’ils appellent les «  valeurs universelles » ont tout simplement gardé le silence face à de tels faits.

Les prisons latino-américaines en temps de pandémie de COVID-19 ont vécu deux contagions massives (Pérou), des mutineries dues au fait que les conditions minimales de salubrité dans lesquelles vivent les détenus (Argentine, Colombie, Brésil…) n’étaient pas garanties, ainsi que des scènes qui rappellent le fascisme, comme en témoignent les images des prisons salvadoriennes. Il y a des exceptions, mais on n’en parle pas.

Selon le gouvernement cubain, aucun cas de COVD-19 n’a été enregistré dans ses établissements pénitentiaires et au milieu de cette situation mondiale 421 personnes en prison préventive ont été remises en liberté et 6 158 ont été libérées de façon anticipée. Comment est-ce possible ? Une société peut le faire : celle où le crime organisé n’existe pas, où la première mission des institutions pénitentiaires est de rééduquer, et où le Système de santé, doté du plus grand nombre de médecins per capita du monde, prend également en charge les prisons. Et ceci en dépit d’une économie que les États-Unis s’obstinent à priver du moindre dollar, de l’entrée du moindre navire pétrolier, de médicaments, d’équipements destinés au Système de santé.

Néanmoins, Cuba est observée à la loupe. Alors que le puissant voisin, qui lui impose un blocus et dont la population est 30 fois supérieure, enregistrait avec la COVID-19 autant de décès que durant sa guerre la plus cruelle (Vietnam), – atteignant le million d’infectés –, l’information pour un magazine étasunien, accréditée à La Havane, était que 48 nouveaux cas de contagion du virus avaient été enregistrés en un jour par le Système de santé publique, et le Washington Post avançait sans preuve et à partir d’une seule source non prouvée, que « les Cubains combattent la censure de leur gouvernement en pleine pandémie », car supposément on ne permet à personne de tirer profit de la pénurie que la politique du gouvernement des États-Unis cherche à provoquer, tout en la présentant comme une situation qui n’a rien à voir avec sa politique. C’est ce que fait un média du pays qui s’acharne contre Edward Snowden et Julian Assange, et qui a pour alliés à l’OTAN « des démocraties » comme l’espagnole, qui rien qu’en 2019 a appliqué 766 416 amendes en raison de la Loi Bâillon, pour un total de 416 527 489 euros.

Y a-t-il des files d’attente à Cuba ? Oui, et beaucoup. Y a-t-il pénurie ? Il y en a, en effet. Le blocus est-il la seule cause des problèmes économiques de Cuba ? Non, et le gouvernement cubain est le premier à le dire, mais aussi, comme l’ont reconnu un nombre écrasant de pays au sein des Nations unies, il a déclaré que le blocus est le principal obstacle au développement de l’Île et la principale violation des droits humains de sa population. Cela fait 60 ans, un fonctionnaire du Département d’État a rédigé un mémorandum pour le président des États-Unis, indiquant que la stratégie efficace pour renverser la Révolution cubaine était de provoquer des carences et des pénuries, afin que le peuple se lasse et renverse le gouvernement. Une politique que personne n’a poussée aussi loin que l’administration de Donald Trump.

Y a-t-il des files d’attente dans le capitalisme ? Il y en a. Moins qu’à Cuba ? Moins. Et dans le capitalisme du tiers-monde, y a-t-il moins de files d’attente qu’à Cuba ? Oui. Pourquoi ? Parce que dans le capitalisme, la file d’attente est celle de l’armée des exclus pour survivre dans des emplois précaires, qui leur donnent à peine de quoi payer l’électricité, l’eau et le loyer, s’ils ont une ou plusieurs de ces trois choses, et lorsque quelque chose vient à manquer, comme c’est le cas maintenant du gel hydro alcoolique ou des masques de protection, le prix est multiplié et voilà tout. Pourquoi alors voit-on des files d’attente en ce moment dans les villes des États-Unis et d’Europe ? Ce sont des files d’attente pour avoir accès à de la nourriture gratuite pour le nombre croissant de chômeurs et de pauvres, et ces files d’attente ne sont pas régulées par l’offre et la demande, bien que ces jours-ci nous en ayons vu d’autres qui n’existent pas à Cuba : des files d’attente pour recevoir des soins médicaux, des files d’attente pour mourir et des files d’attente y compris pour être enterré. Que se passerait-il s’ils subissaient un blocus comme celui que subit Cuba ? Comme l’a déclaré Rafael Correa, ancien président de l’Équateur, qui est docteur en Sciences économiques :

« Évaluer le succès ou l’échec du modèle économique cubain, en faisant abstraction d’un blocus criminel de plus de 50 ans, est une pure hypocrisie. Tout pays capitaliste d’Amérique latine s’effondrerait en quelques mois sous le coup d’un blocus similaire. »

Même sans blocus, cette méga crise provoquée par la pandémie de COVID-19 rend visibles des fissures dans les chaînes logistiques, y compris chez les plus riches, comme l’affirme le journal The Chicago Tribune« Après des semaines d’inquiétude à cause des pénuries dans les magasins de comestibles et les émeutes pour trouver la dernière boîte de pâtes ou le dernier rouleau de papier toilette, beaucoup des plus grandes exploitations agricoles du pays sont aux prises avec un autre effet désastreux de la pandémie. Elles sont obligées de détruire des dizaines de millions de livres de nourriture fraîche qu’elles ne peuvent plus vendre (…). »

« La plus grande coopérative laitière du pays, Dairy Farmers of America, estime que les agriculteurs déversent jusqu’à 3,7 millions de gallons de lait par jour. Une seule usine de transformation de poulets casse 750 000 œufs non éclos chaque semaine. »

À ce propos, l’analyste économique Stacy Herbert signalait dans l’émission Keiser Report que lorsque les œufs reviendraient sur le marché, ils seraient quatre fois plus chers qu’auparavant, il n’y aura bien sûr plus de file d’attente pour les acheter.

Ces jours-ci, Cuba mène, comme le monde entier, sa bataille contre la COVID-19, ainsi que contre deux autres qui ne concernent qu’elle et un groupe de personnes choisies par le gouvernement étasunien : celle du blocus économique et la guerre médiatique. Pour la presse qui la juge, tout ce qui ne va pas sur l’île est de la faute du socialisme, comme tout ce qui ne va pas avec la COVID-19 aux États-Unis, n’est, au mieux, que la faute de Donald Trump. Pendant ce temps, Cuba soumise à un blocus, où on ne voit pas de prisonniers exposés comme des animaux sauvages dans des navires négriers, ni de files de cadavres non enterrés, ni de malades sans soins médicaux, est en tête dans la bataille mondiale contre la COVID-19, et il ne lui suffit pas de se battre pour elle, elle envoie ses médecins dans des dizaines de pays où le capitalisme a échoué à garantir le plus élémentaire des droits : la vie.

informacion@granmai.cu Auteur: Iroel Sanchez (26 mai 2020)

27 Mai 2020 – Journée nationale de la Résistance

27 Mai 2020 - Journée nationale de la Résistance

A l’occasion de la Journée Nationale de la Résistance, deux manifestations se sont déroulées dans le Pays Bigouden, l’une organisée par la Municipalité nouvellement élue de Plobannalec-Lesconil devant le Monument aux Morts de la Commune, et l’autre à l’initiative de la section du Pays bigouden du Parti communiste français au Monument des Fusillés de Poulguen sur la commune de Penmarc’h.

Pour cette première manifestation – restreinte – pour tenir compte des contraintes liées à la pandémie, le drapeau du PCF était présent pour souligner le lourd tribut payé par le PCF pendant l’Occupation à Lesconil.

Une vingtaine de personnes ont participé à la cérémonie de Poulguen à Penmarc’h, portant un masque et respectant les règles de distanciation physique : les drapeaux, appel aux Morts, Chant des Partisans, allocution, dépôt de gerbe et Marseillaise…

Toutes les informations historiques sur la Résistance en Pays bigouden son peuvent êtres consultées sur le site https://bigouden1944.wordpress.com/

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Allocution de Philippe Moreau

Merci à vous tous chers amis, chers camarades d’avoir répondu à notre invitation pour célébrer ce 27 mai, journée nationale de la Résistance, journée également consacrée aux valeurs portées par le programme du Conseil National de la Résistance, né en 1943 en pleine guerre.

Cette journée rend hommage à celles et à ceux qui ont combattu, à celles et à ceux qui sont morts durant cette guerre, selon l’estimation la plus répandue entre 50 et 70 millions, soit plus de 2% de la population mondiale à cette époque.

Avec près de 26 millions de morts, dont une majeure partie de militaires de l’armée rouge, l’Union soviétique a payé le tribut humain le plus élevé de la Seconde Guerre mondiale.

Le paroxysme de la barbarie nazi est atteint quand tuer l’ennemi ne suffit plus. Il faut l’exterminer, le rayer de la carte, au nom d’une insupportable théorie de la race supérieure.

Dans les camps de la mort l’horreur se répand, parce qu’ils sont juifs, 6 millions d’entre eux y furent exterminés, tziganes, communistes, socialistes, syndicalistes, homosexuels ou handicapés ; des hommes, des femmes et des enfants sont éliminés méthodiquement.

C’est face à cette idéologie délirante qu’une certaine France s’est levée.

Une France courageuse et déterminée, qui dira « non » à l’envahisseur et « oui » à la Liberté. Le 18 juin 1940, alors qu’une partie de notre pays est occupée par les Allemands, le Général de Gaulle lance depuis la BBC son appel à la Résistance.

La veille, à Draguignan, Charles Tillon, membre de la direction du Parti Communiste Français, lançait lui aussi son appel au « peuple des usines, des champs, des magasins, des bureaux, les commerçants, les artisans, les intellectuels, les soldats encore sous les armes à s’unir dans l’action ».

Dès lors, de nombreux hommes et femmes de confessions politiques, syndicales ou religieuses différentes se sont mobilisés pour combattre le nazisme, les armes à la main au péril de leur vie. C’est à eux qu’il nous faut penser aujourd’hui.

Parmi eux de nombreux communistes et d’antifascistes, qui avaient refusé le putsch de Franco et la capitulation de Munich, ceux-là se sont engagés dans les « Francs-tireurs et partisans » (les FTP) crée par la direction nationale du Parti Communiste pour défendre la classe ouvrière et le bonheur commun.

Dans ce combat beaucoup y ont laissé leur vie comme ici à Poulguen où 35 patriotes presque tous communistes furent enfouis dans le sable après avoir été fusillés par les bourreaux hitlériens. Ce qui frappe en lisant leur âge sur ce monument c’est leur jeunesse, si l’on met à part le doyen le docteur Nicolas qui aurait pu être le père ou même le grand-père de beaucoup d’entre eux.

La plupart sont Finistériens, certains sont de l’Ille-et-Vilaine, d’autres de l’Eure-et-Loir et de la Région parisienne.

Le nom d’un Républicain espagnol y est aussi gravé. Il a sacrifié sa vie pour son pays d’accueil, au nom d’un idéal partagé, celui de la liberté et de la République. Dix de ses camarades du groupe de résistant espagnole « Los Deportistas » ont été déportés à Dachau.

Y figurent également quatre anonymes – terrible de ne pouvoir mettre un nom sur des victimes de la bête immonde – qu’ils demeurent à jamais le symbole de tous les mouvements de pensée qui ont combattu le nazisme.

Ils sont tous l’orgueil de notre peuple qui ne plie pas devant l’abominable.

Ce 27 mai 2020, nous voulons aussi célébrer la naissance du Conseil National de la Résistance ; et l’incroyable défi que se sont fixés des hommes et des femmes, d’imaginer la France dans laquelle ils rêvaient de vivre, pour restaurer la République des Lumières.

Deux ans après, dans une France en ruine, un gouvernement réunissant des ministres gaullistes, de la SFIO et du PCF, reconstruisent le pays en faisant le choix de mettre en œuvre des avancées sociales, économiques et politiques majeures, complétant ainsi les conquêtes établies quelques années plus tôt par le Front populaire :

Les femmes votent pour la première fois le 29 août 1945, la Sécurité sociale est inventée et mise en place, tout comme notre système de retraite par répartition, le gouvernement nationalise les Houillères, Renault, les banques de dépôt et la Banque de France, l’électricité et le rail. Le droit à l’éducation et à la culture pour tous est instauré.

Cette actualité de la Résistance est tellement vivante aujourd’hui. A l’heure où tout le monde s’interroge sur les moyens de reconstruire son pays mis à l’arrêt par la pandémie.

Car cette pandémie que nous continuons d’affronter, dans toute sa brutalité, met également au cœur du débat le choix de société dans lequel nous voulons vivre, en portant l’exigence de traiter en profondeur les racines du mal.

Elle révèle au grand jour les conséquences de ce modèle économique sur nos vies ; un modèle dédié à la finance qui a misé sur la course au profit, l’exploitation des êtres humains et des ressources naturelles, qui a choisi d’affaiblir le rôle des États et de ses services publics.

 

 

27 Mai 2020 - Journée nationale de la Résistance
27 Mai 2020 - Journée nationale de la Résistance
27 Mai 2020 - Journée nationale de la Résistance

Une autre logique

Une autre logique

Face à l’effondrement économique qui se dessine, Bruno Le Maire n’exclut pas de nationaliser temporairement certaines grandes entreprises. On sait que les gouvernements les plus imbus de doctrines néolibérales n’hésitent pas à recourir à ce moyen, comme pour les huit plus grandes banques du Royaume- Uni en 2008, ou pour General Motors en 2009. Mais a-t-on cherché à faire fonctionner ces entreprises autrement ? Assigné à leurs productions des buts sociaux et écologiques ? Nullement. On leur a, au contraire, demandé une seule chose : redevenir rentables – c’est-à-dire dégager les profits destinés à faire grossir le plus possible leur capital. Et lorsque ce but a été atteint, ces entreprises ont été rendues à des actionnaires privés.

Et c’est ainsi, les frayeurs passées, que les affaires ont repris : banques et multinationales ont recommencé à spéculer, à déplacer usines, emplois, profits et revenus taxables au gré de leurs exigences de rentabilité ; les gouvernements ont continué de les aider à faire baisser le coût du travail en réduisant les droits des salariés et en taillant dans les dépenses publiques. De sorte que, lorsque le virus est arrivé, non seulement les hôpitaux n’étaient plus en état de recevoir tous les malades, mais les chaînes de production mondiales, conçues pour la rentabilité et non pour la coopération et la sécurité, se sont effondrées.

Cette logique capitaliste de l’argent pour l’argent doit changer si nous voulons surmonter cette crise, et celles qui lui succéderont. Il faut cesser de laisser faire le marché, et de confondre création de richesses et accumulation de profits. Des entreprises nationalisées doivent être à l’avant-garde de l’exercice, par les travailleurs et par les usagers des services publics, de nouveaux pouvoirs pour opposer à la rentabilité capitaliste de nouveaux critères d’efficacité économique, sociale et écologique.

Nationaliser des groupes dans des secteurs essentiels pour la santé, pour l’énergie, les transports, pour le financement des investissements, fera partie des moyens d’y parvenir. L’efficacité et la sécurité doivent désormais être pensées et partagées à l’échelle de la planète : il faut donc concevoir des « co-nationalisations » à l’échelle européenne ou mondiale, par exemple pour un pôle pharmaceutique public européen. Pour atteindre des objectifs précis, planifiés, démocratiquement élaborés, décidés et contrôlés.

Cette nouvelle planification stratégique, démocratique et décentralisée, de l’activité industrielle et de services, avec des engagements chiffrés, sera la condition d’une victoire contre l’épidémie. Et le début d’une nouvelle logique démocratique et économique, contre la domination du capital.

Denis DURAND, Économiste, commission économique du PCF

Source : Journal L’Humanité

Une autre logique

Loctudy : le bulletin municipal falsifie l’Histoire

Loctudy : le bulletin municipal falsifie l'Histoire

L’Estran – le bulletin municipal n° 77 du mois de février 2020 – réserve une surprise aux lecteurs attentifs. Sous la rubrique « Histoire Locale » un article très documenté, non signé, retrace l’histoire du Château et du domaine du Dourdy, des origines de la propriété foncière en 1414… jusqu’à nos jours.

Et, surprise, on lit cette phrase invraisemblable :

« Contrevérité » est un mot poli pour dire ici : mensonge, falsification délibérée de l’histoire…

Lorsque 4000 réfugiés espagnols, fuyant le fascisme dans leur pays, sont arrivés dans le Finistère, le préfet a lancé un appel aux maires afin de les répartir dans le département et de les accueillir dignement.

Un seul maire a refusé : celui de Loctudy, Charles Jehan de Penfentenyo, et a même fait voter ce refus par son conseil municipal !

C’est en définitive le préfet, contre l’avis du maire, qui a réquisitionné le domaine du Dourdy afin d’accueillir une partie des familles. Une quarantaine de familles ont été reçues au Guilvinec par la municipalité de gauche.

Il est invraisemblable et scandaleux que dans un bulletin municipal on ose transformer ce refus honteux en un accueil volontaire.

 

Un article du Télégramme, clair à ce sujet :

https://www.letelegramme.fr/finistere/pont-labbe/retirada-le-dourdy-chateau-d-accueil-13-02-2019-12208328.php

2 extraits édifiants :

Références :

Un article de Claude Péron dans la revue Cap Caval n°38 (Juillet 2017)

https://bigouden1944.files.wordpress.com/2019/03/article-capcaval-rc3a9fugies-espagnols.compressed.pdf

La lettre du préfet aux maires du Finistère en Août 1937

https://bigouden1944.files.wordpress.com/2019/09/lettreduprefet1937.jpg

 

Documentation sur :

https://bigouden1944.wordpress.com/republicains-espagnols-en-pays-bigouden/

https://loctudyquoi.wordpress.com/municipales-a-loctudy/

et sur le site www.mere29.com de l’association MERE 29 (Mémoire d’Exil des Républicains Espagnols)

http://www.mere29.com/wp-content/uploads/2017/07/Cap-Caval-38-article-R%C3%A9fugi%C3%A9s-espagnols-1937.pdf

 

Le maire de Loctudy

 

Charles Marie Jehan Yves de Penfentenyo (1872-1970), né le 17 février 1872 à Alger, général, maire de Loctudy entre 1936 et 1950. Le manoir familial de Kervereguen, à Loctudy, est situé à quelques centaines de mètres du Dourdy.

Il a fait voter son désaccord [pour l’accueil des réfugiés] au motif que les touristes n’allaient pas venir passer leurs vacances dans un Loctudy envahi par les communistes !

Il fut l’un des rares maires non destitués par le régime de Vichy. Le sabre et le goupillon, mais pas la charité, ni l’humanité…

 

Sources : Gaston Balliot https://bigouden1944.wordpress.com/

 

EN COMPLÉMENT

 

Cet article dans le bulletin municipal du mois de février, alors que la campagne des élections municipales bat son plein, ne doit sans doute rien au hasard. Sa conclusion qui insiste lourdement sur le caractère privé du domaine du Dourdy précise ainsi que « d’autres projets pourraient très bien s’inscrire afin de mettre en valeur ce site unique » et « qu’il est donc indispensable aujourd’hui, de le préserver, de l’adapter et de l’intégrer aux nouvelles options de revitalisation de la commune en lui imaginant une nouvelle vie. »

Il ne serait guère étonnant que se dessine une opération immobilière de luxe, non loin du port de plaisance, une « option de revitalisation » ou une « réhabilitation de qualité» qui s’accompagnerait des juteux profits subséquents.

Le propriétaire actuel du domaine du Dourdy, via la société TIKVA, est Yoav Peretz. Un magnat de l’immobilier de luxe franco-israélien.