Loctudy : le bulletin municipal falsifie l’Histoire

Loctudy : le bulletin municipal falsifie l'Histoire

L’Estran – le bulletin municipal n° 77 du mois de février 2020 – réserve une surprise aux lecteurs attentifs. Sous la rubrique « Histoire Locale » un article très documenté, non signé, retrace l’histoire du Château et du domaine du Dourdy, des origines de la propriété foncière en 1414… jusqu’à nos jours.

Et, surprise, on lit cette phrase invraisemblable :

« Contrevérité » est un mot poli pour dire ici : mensonge, falsification délibérée de l’histoire…

Lorsque 4000 réfugiés espagnols, fuyant le fascisme dans leur pays, sont arrivés dans le Finistère, le préfet a lancé un appel aux maires afin de les répartir dans le département et de les accueillir dignement.

Un seul maire a refusé : celui de Loctudy, Charles Jehan de Penfentenyo, et a même fait voter ce refus par son conseil municipal !

C’est en définitive le préfet, contre l’avis du maire, qui a réquisitionné le domaine du Dourdy afin d’accueillir une partie des familles. Une quarantaine de familles ont été reçues au Guilvinec par la municipalité de gauche.

Il est invraisemblable et scandaleux que dans un bulletin municipal on ose transformer ce refus honteux en un accueil volontaire.

 

Un article du Télégramme, clair à ce sujet :

https://www.letelegramme.fr/finistere/pont-labbe/retirada-le-dourdy-chateau-d-accueil-13-02-2019-12208328.php

2 extraits édifiants :

Références :

Un article de Claude Péron dans la revue Cap Caval n°38 (Juillet 2017)

https://bigouden1944.files.wordpress.com/2019/03/article-capcaval-rc3a9fugies-espagnols.compressed.pdf

La lettre du préfet aux maires du Finistère en Août 1937

https://bigouden1944.files.wordpress.com/2019/09/lettreduprefet1937.jpg

 

Documentation sur :

https://bigouden1944.wordpress.com/republicains-espagnols-en-pays-bigouden/

https://loctudyquoi.wordpress.com/municipales-a-loctudy/

et sur le site www.mere29.com de l’association MERE 29 (Mémoire d’Exil des Républicains Espagnols)

http://www.mere29.com/wp-content/uploads/2017/07/Cap-Caval-38-article-R%C3%A9fugi%C3%A9s-espagnols-1937.pdf

 

Le maire de Loctudy

 

Charles Marie Jehan Yves de Penfentenyo (1872-1970), né le 17 février 1872 à Alger, général, maire de Loctudy entre 1936 et 1950. Le manoir familial de Kervereguen, à Loctudy, est situé à quelques centaines de mètres du Dourdy.

Il a fait voter son désaccord [pour l’accueil des réfugiés] au motif que les touristes n’allaient pas venir passer leurs vacances dans un Loctudy envahi par les communistes !

Il fut l’un des rares maires non destitués par le régime de Vichy. Le sabre et le goupillon, mais pas la charité, ni l’humanité…

 

Sources : Gaston Balliot https://bigouden1944.wordpress.com/

 

EN COMPLÉMENT

 

Cet article dans le bulletin municipal du mois de février, alors que la campagne des élections municipales bat son plein, ne doit sans doute rien au hasard. Sa conclusion qui insiste lourdement sur le caractère privé du domaine du Dourdy précise ainsi que « d’autres projets pourraient très bien s’inscrire afin de mettre en valeur ce site unique » et « qu’il est donc indispensable aujourd’hui, de le préserver, de l’adapter et de l’intégrer aux nouvelles options de revitalisation de la commune en lui imaginant une nouvelle vie. »

Il ne serait guère étonnant que se dessine une opération immobilière de luxe, non loin du port de plaisance, une « option de revitalisation » ou une « réhabilitation de qualité» qui s’accompagnerait des juteux profits subséquents.

Le propriétaire actuel du domaine du Dourdy, via la société TIKVA, est Yoav Peretz. Un magnat de l’immobilier de luxe franco-israélien.

Le déshonneur du Parlement européen

Le déshonneur du Parlement européen

Le Parlement européen a voté il y a quelques jours une résolution scélérate censée souligner l’« importance de la mémoire européenne pour l’avenir de l’Europe ».

En réalité, cette mémoire est bafouée ligne par ligne, laissant présager un « avenir » sombre pour l’Europe. Visant à mettre un trait d’égalité entre communisme et nazisme, ce texte mobilise des considérants qui sont chacun des modèles de propagande et de révisionnisme historique. La signature du pacte germano-soviétique est ainsi obsessionnellement désignée comme cause principale du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale. Ce grossier raccourci historique permet d’absoudre cyniquement aussi bien le national -socialisme, son idéologie de mort et les régimes fascistes des années 1930 que l’atermoiement meurtrier et parfois connivent des chancelleries occidentales avec le nazisme, et la complicité active de puissances d’argent avec les régimes fascistes et nazi.

Silence est fait sur le traité de Versailles et ses conséquences. Aucun mot n’est consacré aux accords de Munich d’octobre 1938, ce « Sedan diplomatique » qui a livré les peuples européens au « couteau de l’égorgeur », ce « début d’un grand effondrement, la première étape du glissement vers la mise au pas», comme l’écrivait dans l’Humanité le journaliste et député communiste Gabriel Péri, fusillé par les nazis.

Tout le faisceau de causes mobilisées par des générations d’historiens pour tenter d’expliquer le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale est bazardé au profit d’une bouillie antirusse sans aucun égard pour le sacrifice immense des Soviétiques dans l’éradication du nazisme.

S’il ne fait aucun doute que le régime stalinien fut bel et bien un régime sanglant et criminel, il est moralement et historiquement inconcevable de faire de l’Union soviétique, de son armée et de tous ceux qui s’engagèrent avec elle, communistes de tous pays acteurs décisifs du combat libérateur, des équivalents des nazis et de leurs supplétifs collaborateurs, sauf à sombrer dans « l’obsession comparatiste», névrose idéologique dénoncée par l’historien Marc Ferro. Les communistes furent, dans de nombreux pays et avec l’appui de différentes forces, gaullistes et socialistes en France, les artisans du redressement national, créant un rapport de force qui permit l’édification d’institutions républicaines et sociales sur les cendres du nazisme et des collaborations. Est-ce un hasard si cet héritage fait parallèlement l’objet de violentes attaques dans tous les pays de l’Union européenne ?

Les pays d’Europe orientale furent, quant à eux, des points d’appui décisifs dans les combats anticoloniaux qui essaimèrent après guerre. Noyer dans le concept de totalitarisme des réalités historiques aussi dissemblables ne peut apparaître que comme une escroquerie intellectuelle. Une telle entreprise ne sert en aucun cas à poser un regard lucide et apaisé, pourtant indispensable, sur les contradictions, crimes et fautes des régimes influencés par le soviétisme et qui ont pris le nom de socialisme.

« Cette résolution fait la part belle au révisionnisme d’extrême droite…»

Cette résolution s’appuie sur un considérant aussi grotesque que l’interdiction formulée dans certains pays de l’Union de « l’ idéologie communiste », semblant acter des dérives revanchardes des extrêmes droites du continent en incitant tous les États membres à s’y plier. Signe qui ne trompe pas, l’inféodation à l’Otan est ici désignée comme gage de liberté pour les peuples de l’Est européen.

Cette résolution fait la part belle au révisionnisme d’extrême droite quand les pays baltes sont désignés comme ayant été « neutres », alors que ces derniers ont mis en place bien avant le pacte germano-soviétique des régimes de type fasciste laissés aux mains de « ligues patriotiques » et autres « loups de fer », suscitant un antisémitisme viscéral qui connaîtra son apogée sanglant dans ces pays lors de la Seconde Guerre mondiale.

Incidemment, la Shoah, sa singularité intrinsèque, et les logiques d’extermination méticuleuses et industrielles du régime nazi sont fondues dans le magma des meurtres du XXe siècle et ainsi relativisées. L’odieuse équivalence entre nazisme et communisme permet d’exonérer les régimes nationalistes d’inspiration fasciste des années 1930 que des gouvernements et ministres actuels d’États membres de l’Union européenne célèbrent ardemment.

Viserait-on, par ce texte politicien, à réhabiliter ces régimes qui gouvernèrent de nombreux pays d’Europe orientale avant de sombrer dans la collaboration en nourrissant l’effort de guerre nazi et son projet d’extermination des juifs d’Europe ? Ce texte est une insulte faite aux 20 millions de Soviétiques morts pour libérer l’Europe du joug nazi, aux millions de communistes européens engagés dans la Résistance et les combats libérateurs, un affront fait aux démocrates alliés aux mouvements communistes contre nazis et fascistes, avant et après la Seconde Guerre mondiale.

Au moment où Ursula Von der Leyen, présidente de la Commission européenne, propose de nommer un commissaire à la « protection du mode de vie européen », célébrant un culte que l’on croyait révolu à la pureté continentale, les thèses historiques révisionnistes des droites extrêmes et réactionnaires, qui ont de toute évidence inspiré ce texte, font leur entrée fracassante au Parlement européen. Pendant ce temps, aucun commissaire n’est nommé sur les questions d’éducation ou de culture…

« C’est bien la visée communiste qui est la cible de ce texte indigne et inculte. »

Thomas Mann, vigie morale d’une Europe décomposée, écrivait: «Placer sur le même plan moral le communisme russe et le nazi-fascisme, en tant que tous les deux seraient totalitaires, est dans le meilleur des cas de la superficialité, dans le pire c’est du fascisme. Ceux qui insistent sur cette équivalence peuvent bien se targuer d’être démocrates, en vérité, et au fond de leur cœur, ils sont déjà fascistes ; et à coup sûr ils ne combattront le fascisme qu’en apparence et de façon non sincère, mais réserveront toute leur haine au communisme. »

Si l’expérience qui a pris le nom de communiste au XXe siècle ne peut être, pour tout esprit honnête, résumée à la personne de Staline ou à une forme étatique, tel n’est pas le cas du nazisme, intrinsèquement lié à un homme, à un régime. Et si le communisme propose un horizon d’émancipation universelle, quoi qu’on pense des expériences qui s’en sont réclamées, tel n’est pas le cas de l’idéologie nazie, qui se revendique raciste, réactionnaire et exclusive, portant la mort en étendard. Ces simples arguments de bon sens disqualifient l’odieuse comparaison de cette résolution.

C’est bien la visée communiste, dont nous maintenons qu’elle ne fut jamais mise en pratique dans les pays du bloc soviétique, qui est la cible de ce texte indigne inculte, et avec elle, la  possibilité d’une autre société. Que des voix sociales-démocrates et écologistes aient pu soutenir pareille résolution mêlant leurs voix au Rassemblement national (ex-FN) et aux extrêmes droites continentales, est le signe désolant de la lente dérive d’une frange trop importante de la gauche européenne qui largue les amarres d’une histoire et d’un courant, ceux du mouvement ouvrier, dans lesquels elle fut elle aussi forgée, qui prête également le flanc aux pires tendances qui s’expriment dans le continent.

Demain, un maire, un élu, un député pourra-t-il se dire communiste sans enfreindre la docte délibération du Parlement européen ? Et l’Humanité pourrait-elle un jour passer sous les fourches caudines de la censure imposée des droites extrêmes coalisées ? Ne plane-t-il pas là comme un parfum munichois, justement, face à une offensive idéologique dont certains pensent pouvoir se satisfaire en rasant les murs ?

Tous les démocrates, toutes les personnes attachés à la libre expression des courants qui se réclament du communisme et d’une alternative au système capitaliste devraient au contraire se lever contre cette inquiétante dérive qui nous concerne tous.

Au risque d’y laisser eux aussi un jour leur peau.

Patrick Le Hyaric (Directeur de l’Humanité)

Leçons d’Histoire… le 14 juin 2019 à Lesconil

La grande salle de l’Amicale Laïque au port de Lesconil avait fait le plein. 250 personnes se sont retrouvées à 18 heures pour assister à la conférence de Gaston BALLIOT et Jean KERVISION consacrée à la Résistance en Pays Bigouden de 1940 à 1944. Preuve s’il en est que la mémoire et l’intérêt historique restent vifs chez de nombreux bigoudens. Continue reading « Leçons d’Histoire… le 14 juin 2019 à Lesconil » →

Electricité : le coût de l’Europe libérale

Electricité : le coût de l'Europe libérale

Depuis le 1er juin dernier, le tarif de l’électricité pour les particuliers que nous sommes – le « tarif bleu » d’EDF – a, comme on sait, augmenté de 5,9%, sur décision du gouvernement. Plus de 25 millions de foyers verront donc leur pouvoir d’achat rogné d’autant. C’est l’occasion de revenir sur l’une des dispositions les plus cyniques et scandaleuses des traités européens, notamment depuis l’Acte unique européen (1986) et Maastricht (1992) : l’obligation d’ouvrir à la concurrence tous les « monopoles publics » (comprenez : les entreprises publiques de service public : ferroviaire, postal, de l’énergie, etc..). La France s’était d’autant plus exécutée qu’elle était co-rédactrice de ces traités. Restait le problème épineux des centrales nucléaires : difficile de céder au privé une partie d’un secteur aussi stratégique et aussi sensible ! Or, celui-ci fit des jaloux parmi les concurrents d’EDF car, les centrales étant amorties, les coûts de production y étaient particulièrement compétitifs, notamment à partir de 2005. Le principe sacro-saint de l’Europe libérale – « la concurrence libre et non faussée »- supposait donc que soit assuré urgemment l’accès des concurrents d’EDF à l’électricité bon marché de l’opérateur historique.

Sous leur pression, la Commission européenne finit par poursuivre la France en 2008 pour transposition insuffisante des directives concernées. C’est ainsi que, pour se mettre en règle, les autorités françaises adoptèrent en 2010 la loi NOME (Nouvelle organisation des marchés de l’énergie). Celle-ci oblige EDF à vendre le quart de sa production à ses concurrents à un prix fixé à l’avance et calculé pour être, sauf accident, sensiblement inférieur aux tarifs du marché, ce qui permet à des firmes comme Direct-Energie ou Total… de prendre plus facilement des clients à EDF tout en augmentant, eux aussi, leurs tarifs ! On marche sur la tête.

Les partisans de cette logique justifiaient cette mesure par le souci de satisfaire les services « à moindre coût » en évitant les « abus de position dominante » des fameux « monopoles publics »… On attend toujours leur commentaire sur la nouvelle augmentation que la « libre concurrence » (…faussée) vient de provoquer. Muets sur ce point, ils sont, en revanche, prolixes quand il s’agit de demander la prolongation au-delà de 2025 (date-butoir inscrite dans la loi de 2010) du mécanisme dit de « l’Accès Régulé à l’Electricité Nucléaire Historique », et même de plaider en faveur de l’augmentation de la part de la production d’électricité d’EDF (au-delà des 25% prévus dans la loi actuelle) mise à la disposition de ses concurrents.

C’est dire si le moment se prête comme jamais à un réexamen complet de ce système pervers et contreproductif pour les usagers comme pour l’entreprise EDF.

Francis Wurtz

Si c’est lui qui le dit…

Pour le patron d’EDF, l’électricité est trop taxée en France

 « Il faudrait peut-être réfléchir à moins taxer l’électricité puisqu’elle n’émet pas de dioxyde de carbone ». Cette phrase de Jean-Bernard Lévy, PDG d’EDF, sur Europe 1, arrive à point nommé.

Le 1er juin, les tarifs de l’électricité augmenteront de 5,9%. Ce taux a été proposé par la CRE (Commission de régulation de l’énergie) en février et a été validé par le gouvernement. Reste désormais à publier cette décision dans le Journal Officiel.

S’il ne conteste pas la nécessité d’augmenter les tarifs, le patron d’EDF pointe la part des taxes sur la facture des usagers. « Je rappelle que quand on paye une facture d’électricité, on paye plus du tiers de taxes. C’est comme si on avait une TVA à 55 % », précise le PDG d’EDF.

Israël tue un enfant Palestinien tous les 3 jours dans l’indifférence générale

Israël tue un enfant Palestinien tous les 3 jours dans l'indifférence générale

L’ONG Defence for Children International Palestine (DCIP) tire le sombre bilan de 2018 en révélant que 56 enfants Palestiniens ont été tués en 2018 par Israël.

Plus d’un enfant tué par semaine ! Les personnes témoins de ces meurtres ont insisté sur le fait que les enfants visés n’étaient pas armés et ne représentaient aucune menace pour l’occupant ou ses citoyens.

Les enfants palestiniens ont été tués par des tireurs d’élite, des drones et des forces de sécurité de l’armée israélienne dans les territoires palestiniens occupés. Cinq des enfants assassinés avaient moins de 12 ans. À Gaza, 49 enfants ont été assassinés par Israël dans le cadre des manifestations de la Grande Marche du Retour. 73% des décès sont dus à des tirs à balles réelles utilisées par Israël rapporte DCIP.

L’ONG a également enregistré «140 cas d’enfants palestiniens détenus par les forces palestiniennes». Les forces israéliennes ont également arrêté 120 enfants en Cisjordanie occupée. Dans les deux groupes, les enfants détenus ont subi des violences de la part des forces de sécurité qui les détiennent, qu’il s’agisse de l’Autorité palestinienne ou de l’armée israélienne. Ces tactiques montrent que la collaboration coloniale entre Israël et l’Autorité palestinienne vise un segment très vulnérable de la société palestinienne. De plus, le meurtre et les blessures d’enfants palestiniens par des tireurs d’élite israéliens au Grand retour traduisent une volonté de mutilation directe de la génération capable de poursuivre la lutte anticoloniale.

Citer le droit international est inutile quand Israël, et même l’Autorité palestinienne, ont étendu les paramètres d’un cycle continu d’abus commis contre des enfants palestiniens. Le droit international n’est pertinent que lorsqu’il est utilisé pour indiquer qu’il y a des violations et que les Palestiniens sont confrontés à un État membre des Nations unies qui traite le droit international avec mépris, tandis que la communauté internationale donne son accord tacite aux abus et est, dans certains cas, complice .

Les recherches de DCIP montrent qu’Israël a tué en moyenne plus d’un enfant par semaine en 2018. Selon des statistiques officielles alarmantes, entre 2000 et 2014, Israël a tué un enfant palestinien tous les trois jours, en moyenne, pendant quatorze ans. Tout au long de l’année, des discussions ont eu lieu au sujet de l’intention et les actes génocidaires d’Israël qui ont été en grande partie rejetées en raison du monopole que cet État entend exercer par la Shoah. Pourtant, l’article II de la Convention des Nations Unies pour la prévention et la répression du crime de génocide définit ce terme comme « des actes commis dans l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux ». Que fait d’autre, Israël, au peuple de Palestine « en tout ou en partie »?

Les réponses de la communauté internationale sont tellement prévisibles qu’Israël ne trouve aucun obstacle à manœuvrer au-delà des limites fixées par le droit international: il lui est permis d’agir en toute impunité. Le taux de meurtres d’enfants palestiniens et le caractère presque routinier de leur détention se cachent sous le radar des violations des droits de l’homme. Parler des violations des droits de l’homme par Israël maintenant, c’est aussi parler de l’irresponsabilité de la communauté internationale.

Les enfants palestiniens tués par Israël au cours des dernières années, y compris l’année dernière, ont été oubliés par le monde.

La honte pèse sur la communauté internationale, seule l’action civile de boycott économique, sportif, universitaire, culturel massif est susceptible d’influer sur le cours à venir de la vie des enfants Palestiniens : BDS !

Marie M., France

BDS : Boycott-Désinvestissement-Sanctions

Réflexion sur l’Europe

Réflexion sur l’Europe

Fantôme(s)

MAL NÉE

Une utopie à l’agonie, l’Europe ? Une « idée défunte » ? Depuis plus de vingt ans, Régis Debray nous met en garde contre cette construction, sorte de palliatif à l’effondrement des grandes idéologies du XXe siècle, qui, par sa symbolique même, aurait rompu avec l’agora athénienne au profit de l’économie comme primat de toute pensée active au point de créer un monstre de technocratie. Dans son nouvel essai, l’Europe fantôme (Gallimard), le philosophe et médiologue analyse la débandade intellectuelle comme le délitement politique de cette UE en crise historique. D’une simple phrase à l’ironie définitive, il nous prévient : « Au Ve siècle, on attendait le Christ, c’est l’Église qui est venue. Au XXe, on attendait Érasme, c’est M. Moscovici qui est arrivé. » Nous pourrions en rigoler de bon cœur ; sauf que Régis Debray ne plaisante pas du tout. À ses yeux, l’affaire est trop grave, trop sérieuse pour se permettre non pas d’y croire encore – à voir – mais simplement d’espérer, ce qui, venant de lui, nous incite à une réflexion à la hauteur de l’événement. L’auteur se veut formel : l’Union européenne portait dès sa naissance les germes de son échec dans la mesure où le « rêve » des fondateurs se transforma en cauchemar techno-juridique à l’apolitisme avéré. Conséquences : déficit symbolique (comme les choses mal nées) et rejet démocratique (plutôt assumé). Il écrit: « Délestée de son aura, celle des fins dernières, l’Europe réduite à ses astreintes budgétaires ne fait plus soupirer mais grincer. Les chiffres ont pris les commandes, le Livre des comptes devient le Livre saint, et l’expert-comptable, un haut dignitaire. » Entre atrophies des références historiques et géographie élastique, qui empêche l’appropriation culturelle d’un espace naturel, Régis Debray se demande même «pourquoi tant de pavanes pour une infante défunte, blasphématoires mais parfois convaincantes ». Pour lui, s’« il était difficile de ne pas être européen en 1925 ou 1950 (…), Europe reste un mot faible qui n’implique que faiblement ceux qui l’utilisent, parce qu’elle ne suscite chez ses administrés aucun vibrato affectif, incolore et inodore, parce que trop cérébrale ».

INCULTURATION

Europe : le cœur d’une société sans cœur. Joli résumé, n’est-ce pas ? Régis Debray synthétise ainsi : «Les mobinautes multipasseports des centres-villes qui mangent bio et prennent l’avion carbonique continuent d’adhérer, c’est le sort des éponges, mais « les gens qui fument des dopes et roulent au diesel », selon les termes d’un ministre très « européen », désertent les lieux de culte et de vote. Les nantis aussi ont droit à un coin de ciel bleu mais Tartempion, lui, décroche. »

Comme déjà suggéré dans de précédents écrits, le philosophe y voit plus qu’un symptôme de notre temps, disons la marque d’une hégémonie de type culturel. Les lecteurs de ce bloc-notes ne seront pas étonnés d’apprendre que Régis voit l’Union européenne tel un valet des Américains et de leur empire mondialisé. Que propose l’Europe face aux États-Unis ? Rien. Sinon un processus d’« inculturation » qui finira par ce qu’il appelle une « dissolution de l’européanité dans l’occidentalité américanisée », déjà présente dans l’anglais « globish » imposé à tous les êtres humains de notre continent. Il insiste : « Ce n’est pas par servilité, mais par inculturation que l’extraterritorialité du droit américain est vécue comme naturelle. On ne comprendrait pas sinon qu’on accepte (…) d’être taxé (acier et aluminium), racketté (les banques), écouté (la NSA), pris en otage (l’automobile allemande), commandé ou décommandé in extremis (militairement), soumis au chantage (nos entreprises), etc. » Rome ne serait plus dans Rome. Nous le savons, bien sûr, mais nous n’en prenons pas conscience. «L’Europe, en tant que maître des horloges et non union douanière, arrive trop tard dans un univers qui a basculé», conclut-il massivement.

Avec Régis Debray, la lucidité reste une forme supérieure de la critique. Qui le lui contestera ?

 

Le Bloc-notes de Jean-Emmanuel Ducoin (L’Humanité)

Europe : une gigantesque machine à fabriquer de la régression sociale

Europe : une gigantesque machine à fabriquer de la régression sociale

Lettre de lan Brossat, tête de liste du PCF aux européennes, à Emmanuel Macron

Monsieur le Président de la République,

Vous vous apprêtez à publier une tribune en direction des Européens à un peu moins de cent jours des élections qui se tiendront le 26 mai prochain. Je me permets donc de prendre la plume pour vous faire quelques suggestions.

Commençons par ouvrir les yeux. L’Europe va mal. Plus exactement: les Européens vont mal. Parmi les jeunes de moins de 25 ans, 15 % sont au chômage.

Quant à la pauvreté, elle atteint des niveaux considérables. Dans toute l’Union européenne, 17 % de la population vit avec un revenu disponible inférieur au seuil de pauvreté (60 % du revenu médian national), soit 87 millions de personnes. En Allemagne, si souvent présentée comme exemple de bon élève au sein de l’Europe, près d’un habitant sur cinq vit (ou, plus exactement, survit) sous le seuil de pauvreté.

Cette pauvreté n’est pas l’apanage des seuls chômeurs. Désormais, notre continent compte 10 % de travailleurs pauvres. Ils étaient 7 % il y a dix ans. Dans le même temps, les richesses produites par les travailleurs européens sont passées de 15 000 milliards d’euros à 17200 milliards d’euros. Autrement dit, ils ont produit davantage, et ils ont été appauvris. Vous êtes fort bien placé pour le savoir : les « réformes » du droit du travail que vous avez entreprises ont largement contribué à les précariser.

Les Européens vont mal, l’Europe aussi. C’est dans ce contexte en effet que l’extrême droite progresse. Elle menace à l’est de notre continent comme dans les pays fondateurs de l’Union européenne. Là même où beaucoup considéraient qu’elle avait été balayée par l’Histoire, elle refait surface : en Italie, en Allemagne, et plus récemment en Espagne. Pour la première fois depuis la naissance de l’Union européenne, c’est la question de son existence même qui se trouve posée.

Ce qui s’effondre sous nos yeux, c’est une certaine conception de l’Union européenne.

Il suffit pour s’en convaincre de mesurer l’écart abyssal entre la réalité vécue par les Européens et les objectifs que les États de l’UE se sont assignés dans le traité de Lisbonne (en vigueur depuis 2009) : «la promotion du bien-être des peuples», «une croissance économique équilibrée », « une économie sociale de marché qui tend au plein-emploi et au progrès social», «la lutte contre l’exclusion sociale», «la promotion de la justice et de la protection sociales»… Plus qu’un échec : une faillite.

L’Europe meurt d’être devenue une gigantesque machine à fabriquer de la régression sociale. L’Europe et ses 510 millions d’habitants méritent mieux que les dogmes de l’austérité et de la « concurrence libre et non faussée » imposés à coups de lattes aux peuples réfractaires.

Dans un tel contexte, il serait irresponsable de demander à nos concitoyens d’Europe de choisir entre les libéraux et les fachos, car ni les uns ni les autres ne portent de solutions pour répondre aux intérêts des peuples européens.

Face au défi climatique, à l’enjeu de l’accueil des réfugiés, au poids considérable de multinationales plus puissantes que les États, nous avons à l’évidence besoin d’Europe. Mais d’une Europe repensée, transformée, porteuse d’une ambition de civilisation autrement plus utile aux peuples que le respect des sacro-saints 3 % de déficit public.

Je voudrais terminer par une proposition concrète. Depuis dix ans, la Banque centrale européenne a versé 3 000 milliards d’euros aux banques privées. Elle l’a fait sans la moindre condition, sans la moindre contrepartie. Cet argent a pour une bonne part servi à alimenter la spéculation.

Pourquoi ne pas imaginer que cet argent serve à autre chose ? Je propose qu’il alimente un fonds pour le développement des services publics partout sur notre continent.

Le mouvement des gilets jaunes a montré à quel point la disparition des services publics a fait mal à nos territoires, dans la ruralité comme dans nos quartiers populaires. Si l’Europe servait à cela, elle ferait la démonstration qu’elle peut être au service des gens, pas de l’argent.

Le Parti Communiste Français, premier parti de France !

Le Parti Communiste Français, premier parti de France !

Le Parti Communiste Français, premier parti de France !

La Commission Nationale des Comptes de Campagne et des Financements Politiques vient de publier au journal officiel les comptes des partis politiques au titre de l’exercice 2017. Et là, surprise, le PCF apparaît comme le premier parti de France.

Le PCF, 1er parti en 1945,1er parti en 2017.

La CNCCFP est la seule autorité légitime en matière de partis politiques.

Et la seule certitude en matière politique se résume par la question de Staline « Combien de divisions ? ». C’est justement la question à laquelle ne veulent pas répondre la majorité des dirigeants de partis. Révéler le nombre de ses militants actifs, ce serait peut être avouer son obsolescence politique…

Les partis politiques doivent cependant tous déclarer leurs comptes. Tous ne le font pas comme par exemple la Droite Populaire de Thierry Mariani. En fait, sur les 523 formations politiques déclarées à la CNCCFP, seules 404 ont déposé leurs comptes.

Or, ces comptes affichent le montant des cotisations des adhérents. C’est la preuve irréfutable de la représentativité d’un parti politique. C’est une mesure bien plus sûre que les sondages concoctés par des instituts aux méthodes statistiques plus que douteuses.

Et là, surprise, le Parti Communiste Français arrive en tête du classement : c’est d’autant plus surprenant que ce classement ne correspond en rien avec la fréquence dans les médias des représentants de ces partis. Qui connaît seulement le nom du nouveau secrétaire général du Parti Communiste ?

A la gauche du PS, Mélenchon, et à un degré moindre Besancenot, se sont imposés. Pourtant la France Insoumise ne revendique en 2017 aucun adhérent. Et le Nouveau Parti Anticapitaliste déclare sept fois moins de cotisations adhérents que le Parti Communiste Français.

Mais l’omniprésence politique des médias d’information se réalise grâce aux idées de la droite de la droite. Le Rassemblement National, Debout la France voire la Droite Populaire de Thierry Mariani se taillent la part du lion. Pourtant le parti de Marine Le Pen ne réalise même pas la moitié du montant affiché par le Parti Communiste Français. Le parti de Dupont-Aignan ne réalise même pas 5% du montant acquis par le PCF. La formation politique de Thierry Mariani, elle, ne publie même pas ses comptes. Et comme si ce n’était pas suffisant, même Philippot, dont le parti « Les Patriotes » révèle un niveau d’adhésion qui ne frise même pas les 2% du montant du PCF, arrive à se faire inviter régulièrement.

Avec le PCF, Lutte Ouvrière et l’Union Populaire de François Asselineau restent les principales victimes de ce traitement médiatique inique. Classés respectivement premier, cinquième et sixième, loin devant Europe Ecologie Les Verts ou le Modem, ils ne sont que rarement invités sur les plateaux de télévision.

Aujourd’hui, les Gilets Jaunes accaparent l’essentiel du temps de parole politique des chaînes d’information en continu. Et c’est justice car aucun parti politique français ne pourrait revendiquer autant de militants actifs et déterminés. Le nombre exact de ces militants est d’ailleurs compté par une autre autorité tout aussi légitime : le Ministère de l’Intérieur lui-même.

Certains politiques reprochent aux Gilets Jaunes de ne pas être représentatifs de l’ensemble des électeurs français. Pourtant la somme des adhérents de tous les partis politiques représentés à l’assemblée Nationale et au Sénat est assez proche du nombre de Gilets Jaunes donné par Castaner.

Et ce sont bien ces partis qui imposent leurs idées politiques à l’ensemble des 47 millions d’électeurs français.

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Yamine Boudemagh

Article complet à voir sur le lien ci-après : https://blogs.mediapart.fr/yamine-boudemagh/blog/180119/parti-communiste-francais-premier-parti-de-france

Le Parti Communiste Français, premier parti de France !