Hier, un homme a ouvert le feu dans ma ville, à Trappes, et dans la ville voisine, La Verrière. Quelle responsabilité portent ceux qui banalisent le racisme au quotidien ? La haine ne naît pas dans le vide. Elle se nourrit aussi de ce qu’une société tolère et banalise. Combien faudra-t-il encore de victimes pour que nous prenions enfin la mesure de ce que nous laissons s’installer ?
Mina Zblogs.mediapart.fr/mina-z
Hier, un homme a ouvert le feu dans ma ville, à Trappes et dans la ville voisine, La Verrière.
Bilan : un mort, Pengo Bossio Wangi, et cinq blessés dont une fillette de 12 ans, touchée par 8 balles.
Ce drame nous oblige à poser une question essentielle : quelle responsabilité portent ceux qui banalisent le racisme au quotidien ?
Les médias qui offrent une tribune aux discours stigmatisants, multiplient les amalgames et transforment des populations entières en boucs émissaires.
Les responsables politiques qui désignent toujours les mêmes personnes comme des menaces, attisent les peurs et repoussent chaque jour les limites de ce qu’il est acceptable de dire.
À force de présenter certaines populations comme dangereuses, indésirables ou inférieures, on contribue à leur déshumanisation. Et lorsque la haine devient ordinaire, la violence trouve un terrain sur lequel prospérer.
Non, chaque discours raciste ne conduit pas à un passage à l’acte. Mais prétendre que les mots n’ont aucune conséquence est une irresponsabilité.
Au rassemblement à Trappes, le samedi 24 octobre 2026. © Mina Z
La haine ne naît pas dans le vide. Elle se nourrit aussi de ce qu’une société tolère et banalise.
Je refuse que nous attendions le prochain drame pour dénoncer le climat dans lequel nous vivons. Aujourd’hui, je pense aux victimes, à leurs proches, à cette petite fille et à tous les habitants de Trappes et de La Verrière.
Je pense à ma ville, à ses rues, à ses habitants qui devraient pouvoir vivre sans craindre d’être pris pour cible. Je me suis toujours sentie en sécurité dans ma ville. Aujourd’hui, je me suis trouvée à faire ce que je n’avais jamais eu à faire, appeler les miens et m’assurer qu’ils sont en sécurité.
Le racisme tue. Et ceux qui banalisent la haine ne peuvent pas éternellement prétendre qu’ils n’ont aucune responsabilité dans le climat qu’ils contribuent à créer.
Combien faudra-t-il encore de victimes pour que nous prenions enfin la mesure de ce que nous laissons s’installer ?
ATTENTAT RACISTE À TRAPPES
RASSEMBLEMENT CONTRE LE RACISME – LUNDI 26 OCTOBRE 2026
18h30 – PLACE SAINT CORENTIN à QUIMPER