17 ans après, la mémoire d’une ouvrière

L’article du journal Ouest France sur le débrayage de salariés de la conserverie de Cook à Plozévet m’a ramenée 17 ans en arrière.

C’était hier, à 51 ans, l’intérim et la découverte du travail dans les conserveries de Douarnenez et Plozévet.

C’était hier, et aujourd’hui toujours les mêmes revendications et ce sentiment du déjà vécu ! Continue reading « 17 ans après, la mémoire d’une ouvrière »

Les Auxiliaires de vie ou Assistants-es de vie aux familles : chevilles ouvrières indispensables au bon fonctionnement de notre société et pourtant ignorées.

Les auxiliaires de vie ou Assistants-es de vie aux familles accompagnent les personnes âgées, fragilisées, et/ou en situation de handicap dans les actes essentiels de leur vie.
De la toilette aux courses, de la promenade au ménage, en passant par l’entretien du linge ou la prise de RV chez le médecin, le dentiste ou l’ophtalmo, faisant le lien avec les familles et les professionnels de santé, elles sont parfois aussi la seule compagnie des personnes isolées. Courant d’une maison à l’autre, faisant toujours mieux, elles se plient en quatre pour satisfaire les besoins de ceux dont elles s’occupent. Continue reading « Les Auxiliaires de vie ou Assistants-es de vie aux familles : chevilles ouvrières indispensables au bon fonctionnement de notre société et pourtant ignorées. »

Retraités : Jeudi 2 décembre à 10h30 à Pont L’Abbé rue de la Madeleine, rassemblement revendicatif

Communiqué de presse CGT et FSU

Les prix flambent et les pensions baissent, les moyens attribués à la santé et aux services publics régressent et pendant ce temps-là, la Bourse, les dividendes explosent. Continue reading « Retraités : Jeudi 2 décembre à 10h30 à Pont L’Abbé rue de la Madeleine, rassemblement revendicatif »

Loctudy : Vigilance pour la fourniture d’électricité…

Loctudy : Vigilance pour la fourniture d'électricité...

La municipalité de Loctudy vient de lancer une campagne d’achats groupés d’électricité « avec pour objectif que chaque loctudiste puisse réaliser des économies sur sa facture d’électricité ».

Pour cela, elle a « choisi » une société – Wikipower – « entreprise privée et indépendante » (indépendante de qui, de quoi ?) faisant appel « à de l’électricité 100 % verte d’origine renouvelable ».

Cette démarche « toute simple » [Sic] n’est pas sans appeler beaucoup de questions, voire s’avérer scandaleuse. Imaginons un instant, par comparaison, qu’une municipalité quelconque s’avise de proposer à ses administrés d’aller s’approvisionner chez LECLERC (par exemple) plutôt que chez LIDL ou Super U « parce que c’est moins cher et que les produits sont de meilleure qualité ». Il y a fort à parier qu’une telle initiative ne manquerait pas aussitôt de déclencher un tollé, et pourtant…

En l’occurrence, il s’agit d’un contrat ou d’un accord passé entre une société privée et indépendante Wikipower et la municipalité. Les administrés sont en conséquence en droit de connaître les clauses de ce contrat et les contreparties réciproques. De même pour les raisons qui ont amené M. Gaigné, l’adjoint au maire, à « choisir » Wikipower, compte tenu de l’offre diversifiée dans ce domaine précis (les achats groupés). La municipalité étant engagée, elle engage aussi la totalité de la population. Sans débat démocratique.

Depuis Maastricht nous sommes sous le règne de « la concurrence libre et non faussée ». Cela suppose nécessairement des intérêts financiers ou autres et ce n’est pas M. Gaigné, professionnel des « intermédiations monétaires » qui nous démentira.

La deuxième question concerne l’honnêteté de la proposition commerciale, ou comment peut-on proposer à la vente un produit dont on ne dispose pas, en l’occurrence « l’électricité verte d’origine 100 % renouvelable » ?

Chacun chez soi peut constater qu’il n’y a pas de fil spécifique « vert » branché sur le compteur électrique. En France, c’est RTE seul (pour l’instant ?) qui achemine l’énergie (le Mix électrique) chez tous les consommateurs, quels que soient les fournisseurs. Or ce Mix électrique (schéma ci-dessous) ne comprend pour l’instant que 11 % d’énergie renouvelable (dont 8 % hydraulique).

 

Prétendre vendre « de l’électricité 100 % renouvelable » est au mieux une proposition malhonnête et au pire une escroquerie.

Enfin, il faut savoir que le projet Hercule qui vise au démantèlement d’EDF dispose entre autres mesures que « la demande des usagers deviendrait directement pilotée par le gestionnaire du réseau électrique. En cas de vent faible et de soleil couché ou voilé, les usagers verraient automatiquement leur chauffage baisser, leur chauffe-eau coupé, la recharge de leur véhicule électrique différée, voire leur plein déchargé pour produire l’électricité que les éoliennes et les panneaux solaires ne produisent pas… »

Les Loctudistes se doivent d’être particulièrement vigilants concernant cette initiative pour le moins discutable et prise sans aucune concertation. A la fin, c’est toujours le consommateur qui trinque.

ALRX

 EN COMPLÉMENT 1

Il faut refuser les impasses dans la production électrique

TRIBUNE. Jean-Christophe LE DUIGOU et Jean-Pierre SOTURA, syndicalistes, anciens membres de la Commission de régulation de l’énergie (CRE).

Le débat sur les conditions de couverture à long terme de nos besoins d’électricité est important. Il n’est pas sûr que les études du type de celle réalisée par Réseau de transport d’électricité (RTE) et l’Agence internationale de l’énergie (AIE) à l’initiative du ministère de la Transition écologique, misant sur « le tout-renouvelable », soient très éclairantes. Elles installent l’idée que la solution aux enjeux climatiques se résumerait à la substitution d’énergies renouvelables aux capacités de production d’électricité nucléaire. Cette idée est erronée tant sur le plan technique que du point de vue économique, sociétal et politique. Elle conduit à une impasse.

Le changement climatique est causé par les émissions de CO2. L’objectif est donc de développer l’utilisation de sources d’énergie non émettrices de ce gaz, non de réduire celles qui répondent dès aujourd’hui à ce besoin, au premier rang desquelles figure le nucléaire. Les rapports du Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) s’inscrivent en faux face au raccourci « non émetteur de CO2 = renouvelable » qui domine le débat énergétique en Europe.

Sur le plan technique la montée en puissance des énergies renouvelables se heurte à de sérieuses difficultés, compte tenu de leur caractère intermittent et non pilotable.

Pour pallier cette intermittence, l’étude RTE-AIE énumère les conditions techniques indispensables : équiper le pays d’installations de stockage de l’électricité à « grande échelle », dont le coût et la faisabilité ne sont pas acquis ; multiplier les lignes à haute tension pour profiter des décalages géographiques de production éolienne et solaire ; investir dans des équipements stabilisant de la fréquence du courant. S’y ajoutent des contraintes sociétales aujourd’hui inconnues : la demande des usagers deviendrait directement pilotée par le gestionnaire du réseau électrique. En cas de vent faible et de soleil couché ou voilé, les usagers verraient automatiquement leur chauffage baisser, leur chauffe-eau coupé, la recharge de leur véhicule électrique différée, voire leur plein déchargé pour produire l’électricité que les éoliennes et les panneaux solaires ne produisent pas…

La plupart des études sont muettes sur la dimension financière et les surcoûts générés par la sortie du nucléaire. Au mieux elles sous-estiment les coûts de renforcement du réseau électrique et de stockage du renouvelable. Elles ne prennent pas en compte la charge que représentent les tarifs préférentiels de rachat étalés sur quinze ou vingt ans et l’avantage lié à une priorité d’injection quasi inconditionnelle. Les scénarios associés au « tout-renouvelable » s’appuient sur des hypothèses de réduction drastique de la consommation électrique qui mettent en cause la plupart des activités industrielles et l’accès à l’énergie pour tous. Cette approche s’inspire des thèses malthusiennes de négaWatt.

De plus, les experts s’accordent à dire que l’éolien et le solaire sont beaucoup plus consommateurs de matières premières, et notamment de terres ou métaux rares. L’étude RTE-AIE le mentionne, sans toutefois en souligner l’importance écologique.

Enfin le choix de chercher à se passer coûte que coûte du nucléaire comporte un risque politique majeur en termes de souveraineté. Comme en matière alimentaire et sanitaire, la souveraineté énergétique est fondamentale. Après le passage d’Alstom sous pavillon américain, le non-renouvellement du parc nucléaire que visent à justifier les scénarios 100 % renouvelables conduirait à la liquidation des atouts de la France dans le nucléaire civil. La France serait alors complètement dépendante pour son approvisionnement électrique comme elle l’est déjà pour le solaire vis-à-vis des productions chinoises et pour l’éolien avec les producteurs danois ou allemands. De fait, elle serait demain fortement dépendante des productions thermiques, charbon et gaz, de ses voisins européens pour assurer l’équilibre production-consommation. Si chaque pays européen procédait de la sorte, c’est toute l’Europe qui risquerait le black-out. Sombre perspective dont on peut conjurer la réalisation.

EN COMPLÉMENT 2

À Loctudy, Christine Corfmat et André Flamand disent non à l’achat groupé d’électricité

L’article récemment paru dans nos colonnes sur l’achat groupé d’électricité par la municipalité a interpellé les élus de la liste « Citoyenneté, solidarité, environnement ». à lancer une campagne d’achats groupés d’électricité.

Dans un communiqué, ils s’étonnent du manque d’aspect démocratique du procédé, regrettant de ne pas avoir été consultés avant cette prise de décision et que ce dossier n’ait pu faire l’objet d’un débat citoyen. « Pourquoi avoir choisi Wikipower, une entreprise belge pro-linky spécialisée dans le démarchage d’achat groupé ? Quelle rétribution pour cette entreprise ? Pourquoi ne pas l’avoir mise en concurrence d’autres sociétés comme Enercoop ou Ekwateur ? Si cette offre est si alléchante, pourquoi la communauté de communes ne s’empare-t-elle pas du sujet ? Est-ce le rôle d’une municipalité de se transformer en agent commercial d’une société privée ? Pourquoi ne pas avoir souscrit au groupement de commande auprès du SDEF 29 alors que la mairie y adhère ? » s’interrogent Christine Corfmat et André Flamand.

Les « lourdes » conséquences du projet Hercule

Partant du principe que « l’énergie la plus propre est celle qui n’est pas consommée », ils estiment qu’il serait préférable « d’inciter les gens à réduire leur consommation électrique et non leur facture ».

« Pourquoi en sommes-nous arrivés là ? L’ouverture à la concurrence pour les particuliers depuis juillet 2007 a engendré un lourd bilan pour les usagers. Si le projet Hercule, actuellement en débat au Parlement, voit le jour, les conséquences seront lourdes pour les usagers, les territoires et la transition énergétique ». Ce projet vise en effet à vendre au secteur privé les activités les plus rentables d’EDF (distribution d’électricité et énergies renouvelables).

« Par conséquent, de nouvelles augmentations de prix sont inéluctables pour attirer les capitaux et assurer un retour juteux aux investisseurs privés », argumentent-ils. Selon eux, une autre conséquence du projet Hercule serait une augmentation du nombre de précaires énergétiques (13 millions aujourd’hui).

Il serait préférable d’inciter les gens à réduire leur consommation électrique et non leur facture.

Préserver le libre arbitre de la population

« La fin du tarif identique sur tout le territoire est également programmée car les opérateurs privés se concentreront sur les zones les plus rentables, ajoutent-ils. On peut s’interroger sur le moment choisi par la mairie pour s’engager dans cette démarche qui, telle que présentée, peut entraîner l’adhésion d’une majorité de nos concitoyens. C’est pourquoi nous tenions à apporter un autre éclairage à la population dont le libre arbitre ne peut se contenter du « C’est moins cher, plus vert et on a choisi pour vous » », concluent-ils.

Journal Le Télégramme (Publié le 31 janvier 2021)

 

COMPRENDRE LES ENJEUX

1 – Le système de « l’effacement diffus » : https://librejugement.org/2015/02/03/voltalis-idee-seduisante-arnaque-programmee/

2 – Le lien existant entre VOLTALIS et… WIKIPOWER : https://wikipower.fr/blog/2020/03/24/leffacement-de-consommation/

Le PCF s’engage pour défendre la pêche artisanale

Le PCF s'engage pour défendre la pêche artisanale

Pays bigouden. La section bigoudène du Parti communiste français crée un collectif de défense de la pèche artisanale locale. L’accord post-Brexit sur l’accès aux eaux britanniques ne la rassure pas.

André Le Roux, co-secrétaire de la section bigoudène du PCF (Parti communiste français) explique : « L’accord post-Brexit qui permet d’éviter la fermeture brutale des eaux territoriales britanniques est loin de rassurer les acteurs de la filière pêche, l’une des richesses essentielles du territoire. On est loin de connaître tous les détails de cet accord mais ce que l’on en sait ne nous rassure pas vraiment. Nos pêcheries devront perdre progressivement 25 % de leurs capacités de production (10 % pour la pêche française) dans des eaux très poissonneuses. Cela signifie un plus grand nombre de navires dans des zones beaucoup plus réduites, d’où le risque pour la préservation de la ressource et le déséquilibre dans l’accès aux stocks existants entre pêche industrielle et pêche artisanale. »

Un plan « nettement insuffisant »»

Comme réponse à cette crise annoncée, alors que nombre d’armements et de pêcheurs étrangers risquent d’investir les zones de pêche des bateaux du secteur bigouden. la ministre de la Mer, Annick Girardin, a annoncé la mise en place d’un plan d’accompagnement qui semble limité à des aides financières forfaitaires, allant jusqu’à 30 000 €, ainsi qu’un dispositif de sortie de flotte pour les navires dépendant des eaux britanniques et qui souhaiteraient arrêter leur activité. « Ce plan nous apparaît nettement insuffisant au regard des enjeux de l’avenir, poursuit Philippe Moreau, co-secrétaire de la section. Un plan de soutien auquel doit participer pleinement l’Union européenne doit être élaboré en toute transparence, en concertation avec tous les acteurs de la filière pêche. Il nous faut rediscuter des règles d’attribution des quotas de pêche, trop souvent captés par de grands groupes à capitaux européens recourant à des navires usines dévastateurs de la ressource, faciliter les investissements nécessaires à la modernisation de la flotte, encourager une pêche vertueuse sur le plan environnemental et engager la région Bretagne à ce plan d’aide en l’abondant et en l’adaptant aux besoins de la pêche bretonne. »

Les communistes du secteur sont prêts à débattre de toutes ces questions et invitent toutes les personnes intéressées à se rendre sur la page Facebook « Défense de la pêche artisanale du Pays bigouden ».

Journal Ouest-France (Publié le 21 janvier 2021)

Article publié le 20 janvier 2021 (Journal Le Télégramme)

Le PCF du Pays bigouden et la défense de la pêche artisanale

Pour préserver la pêche artisanale, après un accord post-Brexit qui risque de reporter l’effort de pêche au large de nos côtes, la section du PCF du Pays bigouden a créé un collectif afin de sensibiliser et alerter les élus sur ces questions.

Si l’accord post-Brexit a permis d’éviter le pire, il n’en reste pas moins qu’il laisse présager un avenir pour le moins incertain concernant la filière pêche et notamment la pêche artisanale du Pays bigouden. C’est le constat dressé par la section du PCF du Pays bigouden, qui a historiquement un fort encrage sur le terrain maritime et veut mettre à profit cette période de transition post-Brexit de cinq ans pour anticiper ces nouveaux défis.

« Le Brexit va entraîner de lourds déséquilibres »

« Dans cet accord, il y a un certain nombre de dispositions qui ne sont pas clairement exposées. Le Brexit va entraîner de lourds déséquilibres au niveau européen. Des armements et pêcheurs étrangers vont débouler sur les zones de pêche des bateaux du Pays bigouden », met en avant André Le Roux, co-secrétaire de la section du PCF. Et de craindre ainsi un déséquilibre accru entre la pêche industrielle et la pêche artisanale.

« Les bateaux sont vieillissants et énergivores. L’Europe, l’État, la Région doivent s’investir pour moderniser la flottille »

Les élus communistes s’inquiètent aussi d’un plan d’accompagnement mis en place par la ministre de la Mer, Annick Girardin « qui semble limité à des aides forfaitaires pouvant aller jusqu’à 30 000 € ainsi qu’à un dispositif de sortie de flotte pour les navires dépendants des eaux britanniques qui souhaiteraient arrêter leur activité ».

Dessiner un avenir à la pêche côtière

« La pêche côtière a de l’avenir. La ressource est là et les mesures prises ont permis le renouvellement de certaines espèces mais les bateaux sont vieillissants et énergivores. L’Europe, l’État, la Région doivent s’investir pour moderniser la flottille », argumente, par ailleurs, André Le Roux. Ils demandent ainsi qu’un plan de soutien digne de ce nom soit élaboré en concertation avec tous les acteurs de la filière pêche et qu’il soit l’objet d’un débat parlementaire comme le réclame le député Sébastien Jumel (groupe de la gauche démocrate et républicaine), président de la mission d’information sur la pêche. Et de s’attacher à défendre certaines propositions pour rediscuter des règles d’attribution des quotas de pêche « trop souvent captés par des grands groupes à capitaux européens, faciliter les installations en incitant par exemple les banques à faire des prêts à taux zéro, encourager la pêche vertueuse sur le plan environnemental… »

Les communistes du Pays bigouden qui n’ont pu organiser les fêtes du travailleur de la mer, cet été, au Guilvinec, à Lesconil et à Loctudy, souhaitent débattre de ces questions en organisant des réunions publiques dès que les conditions sanitaires le permettront et ont ouvert la page Facebook « Défense de la pêche artisanale »

 

Notre camarade, Christian LASSON…

Notre camarade, Christian LASSON...

 

La famille du Secours populaire de Pont-l’Abbé a perdu l’un des siens

« La grande famille du secours populaire est en deuil après la disparition de Christian Lasson, 62 ans, lors d’un tragique accident de mer, mercredi soir, à l’entrée du port de Saint-Guénolé à Penmarc’h. Après trois ans passés en tant que bénévole au sein de l’association, il avait pris la présidence du comité de Pont-l’Abbé à la suite d’Alain Bonnet, il y a un an. Originaire de Champagne, il a fait toute sa carrière à la SNCF, et a mené des activités syndicales en siégeant au sein du CCE (Comité d’entreprise européen) de la SNCF. Son parcours professionnel l’avait par ailleurs amené à occuper plusieurs fonctions. Il avait eu notamment la responsabilité de 52 colonies d’enfants sur le territoire français, plus les séjours à l’étranger, ainsi que le service des livres et les bibliothèques. Il avait été aussi longtemps directeur de colo, et c’est comme ça qu’il avait découvert la Bretagne. À 54 ans, en prévision de la retraite, il avait passé un diplôme de Gestionnaire d’entreprise en économie sociale, ce qui l’avait conduit tout naturellement à prendre en main la gestion du Secours populaire. Son objectif, en prenant les rênes du comité, un des quatre comités les plus importants du département, avec Brest, Quimper et Châteaulin, était de l’ouvrir davantage aux jeunes, de les inciter à prendre plus de place et de responsabilités dans l’organisation. »

Journal Le Télégramme du 16 octobre 2019

Secours populaire. Christian Lasson : « C’est une grosse machine collective »

Christian Lasson, bénévole depuis trois ans, est le nouveau président du comité local du Secours populaire. Le biker au grand cœur revient sur les motivations de son engagement.

Annoncé lors de la dernière assemblée générale, le départ d’Alain Bonnet, président du comité de Pont-l’Abbé pendant huit ans, est effectif depuis la rentrée. Et comme prévu, c’est son ami Christian Lasson, bénévole depuis trois ans, qui est désormais aux manettes. Vous l’avez peut-être croisé sur les routes au guidon de sa Kawasaki 1400 GTR, ou au large de Saint-Guénolé, à la manœuvre sur son Pen Sardin. Ou bien, sûrement, lors d’une braderie ou d’une collecte alimentaire du Secours populaire. Bonnet vissé sur le crâne et barbe de biker, Christian Lasson ne passe pas inaperçu. Sa gentillesse et son discours engagé non plus.

Quel a été votre parcours avant le Secours populaire ?

Je viens de Champagne où j’ai fait toute ma carrière à la SNCF. C’est dans le cadre des activités syndicales que j’ai connu Alain Bonnet, puisque j’ai siégé comme lui au CCE (Comité d’entreprise européen) de la SNCF. J’ai eu la chance durant mon parcours professionnel d’occuper plusieurs fonctions. J’ai eu notamment la responsabilité des 52 colonies d’enfants sur le territoire français, plus les séjours à l’étranger, et le service des livres et bibliothèques. J’ai été aussi longtemps directeur de colo, et c’est comme ça que j’ai découvert la Bretagne. À 54 ans, en prévision de la retraite, j’ai passé un diplôme de Gestionnaire d’entreprise en économie sociale, ce qui me permet d’être à l’aise aujourd’hui dans la gestion du Secours populaire.

Le choix du Secours populaire était-il réfléchi ?

Absolument, c’est un choix politique. Quand on connaît l’histoire du Secours populaire, qui l’a fondé, à savoir le parti communiste, les valeurs d’entraide et de solidarité qu’il véhicule, ça en dit long sur les idées du bonhomme (rires). Cela dit, l’association est apolitique et personne ici ne revendique d’appartenance à un parti ou à un autre. Ce qui ne veut pas dire oublier ses origines, ses convictions et ne pas regarder ce qui se passe autour.

Quel regard portez-vous sur l’avenir du monde associatif ?

On est à une époque où on parle sans cesse de repousser l’âge du départ à la retraite. Or, en France, 80 % des associations sont dirigées par des retraités. Quand on leur pose la question sur les raisons de leur engagement associatif, ce sont des chiffres Insee, ils répondent « parce qu’on a le temps et qu’on est encore en bonne santé ».

Alors, si on prolonge de plus en plus l’âge de départ à la retraite, le temps, il y en aura moins. Quant à la santé, selon une étude qui vient de sortir, les hommes restent « en bonne santé » jusqu’à 63 ans, après, ça se gâte. Donc, ce genre de décisions politiques risque de poser problème au monde associatif, qui est une grande force chez nous.

Quels seront les grands axes de votre mandat ?

J’ai un mandat de deux ans et je m’inscris dans la continuité de ce qu’a accompli Alain Bonnet et son équipe. On va juste essayer d’apporter des améliorations ici ou là pour être encore plus efficaces dans notre aide aux personnes dans le besoin. Je dis « on », car le Secours populaire à Pont-l’Abbé, c’est une grosse machine collective qu’on ne peut pas diriger tout seul : on fait partie des quatre comités les plus importants du département, avec Brest, Quimper et Châteaulin. Et on aide 263 familles sur notre secteur, soit 565 personnes.

Quels sont vos projets ?

Mon objectif principal, c’est de « rajeunir » les troupes. Jeune, ça va de 18 à 50 ans, car actuellement la moyenne d’âge du bureau, c’est plus de 60 ans. Pour cela, il faut ouvrir davantage nos portes et inciter les jeunes à prendre plus de place et de responsabilités dans l’organisation. L’autre projet à plus court terme est sur le point d’être finalisé : il s’agit de proposer à nos bénéficiaires de participer aux sorties et activités de la MPT. L’accord va se faire en novembre, il ne reste plus qu’à écrire les modalités noir sur blanc. Un autre sujet me tient à cœur, c’est de mettre en place un projet culturel à destination des jeunes, en leur proposant des concerts, théâtres, expos et loisirs. Voilà pour les projets principaux. Mais il y a aussi le développement du « 15 », notre nouveau local qui fonctionne déjà très bien, et la recherche de partenariats avec les associations et les commerçants. On veut aussi trouver des producteurs locaux et développer le circuit court pour les produits frais. Et rencontrer les maires des différentes communes où on intervient, car nos besoins ont évolué, mais pas les aides.

Le Secours populaire se substitue-t-il aux institutions ou aux services publiques ?

On entend dire parfois qu’on fait le jeu des politiques, mais ce n’est pas vrai. Ce qu’on fait, personne d’autre ne le ferait si on n’était pas là. Ce n’est pas les politiques qu’on vise, ce sont les gens, on est là pour les aider, c’est ça qui compte pour nous et ça n’a pas de prix. Ce qui ne dédouane pas du tout les politiques de leur inaction. C’est important de le dire, même si ça ne plaît pas à tout le monde.