CCPBS : le parti communiste du Pays bigouden s’oppose à une nouvelle taxe foncière

CCPBS : le parti communiste du Pays bigouden s’oppose à une nouvelle taxe foncière

dans Le Télégramme du 23 mars 2022

 

Une nouvelle taxe foncière devrait être votée jeudi 31 mars lors du prochain conseil communautaire.
Une nouvelle taxe foncière devrait être votée jeudi 31 mars lors du prochain conseil communautaire. (Atelier d’Architecture FRANCES)

Jeudi 31 mars, une nouvelle taxe sur le foncier devrait être votée lors du conseil communautaire. Une taxe à laquelle le PCF bigouden s’oppose.

La section bigoudène du PCF a tenu à s’exprimer dans un communiqué au sujet du prochain conseil communautaire du Pays bigouden sud prévu jeudi 31 mars et au cours duquel sera votée l’instauration d’une nouvelle taxe sur le foncier bâti : + 1,5 % d’augmentation d’impôt pour les habitants. « Combinée à la hausse de 3,4 % des bases d’imposition décidée par l’État c’est, selon les élus d’opposition « Gauche écologie » de Loctudy, environ 6 % d’augmentation d’impôt que devra subir la population bigoudène. Pour la section locale du parti communiste, c’est non ! », averti le PCF dans son communiqué. « Alors que le pouvoir d’achat de tous, et particulièrement celui des plus fragiles, ne cesse de se dégrader, le désengagement financier de l’État pour raison de dette à rembourser ne peut légitimer une telle proposition. D’autres solutions peuvent être trouvées pour le financement des investissements », rajoute le PCF.

 

Énergie : stopper la déréglementation, aller vers une indépendance énergétique

AG des communistes du Finistère, à Kernevel (70 participants) le 13 novembre 2021

Intervention de Bernard Jasserand, élu communiste à Quimper, membre du CD PCF 29 et de la commission Energies de Bretagne

La hausse des factures d’énergie s’invite dans la campagne électorale, l’humanité de mercredi dernier a fort justement rappelé les chiffres de la précarité énergétique en France ; Continuer la lecture

Refuser l’austérité infinie

Refuser l’austérité infinie

Le drame que traverse la France, endeuillée de désormais plus de 100 000 morts, n’est pas tombé sur les épaules du pays comme une goutte de pluie sur le nez du passant. Il est le fruit d’une politique méthodique de dépeçage de la santé publique, menée sous les auspices d’une austérité renforcée depuis la crise de 2008. Des dizaines de milliers d’emplois dans la santé publique et 69 000 lits ont ainsi été supprimés en quinze ans pour complaire aux règles budgétaires imposées. Des contraintes budgétaires fixées notamment par « l’Objectif national des dépenses d’assurance maladie » qui s’acharne, pour le compte de l’État, à raboter les besoins en matière de santé, avec les conséquences désastreuses que l’on connaît.

Les enjeux de santé concernent tous les prochains scrutins. L’échelon régional est en effet celui qui coordonne les politiques de santé en fonction des moyens alloués par l’État. Pousser l’exigence d’un investissement public à hauteur des immenses besoins dans le secteur sanitaire nécessite donc d’autres choix budgétaires.

Or le gouvernement vient de formuler les siens dans un document envoyé à la Commission européenne appelé « Programme de stabilité de la France » jusqu’à l’année 2027. Cette date ne doit rien au hasard : elle correspond à l’année censée clore le prochain mandat présidentiel. Ces quelques lignes nous dévoilent donc un avant-gout du projet du candidat-président, largement partagé, du reste, par les candidats de droite et d’extrême droite.

Ce programme de stabilité fixe l’objectif de ramener, en six ans, la France sous la barre des fameux 3% de déficits instaurés par le Traité de Maastricht. Pourtant, il y a à peine un an, le président conspuait les critères maastrichtiens – « débats d’un autre siècle » – précisant que « nous avons besoin de plus d’expansionnisme, de plus d’investissements ». On apprend, désormais que des cercles d’économistes plancheraient sur une révision desdits critères dans la perspective de la présidence française de l’Union au premier semestre 2022, en pleine campagne présidentielle.

A quoi joue donc M. Macron en soufflant ainsi le chaud et le froid ? Tout cela sent la manœuvre électorale à plein nez car il est peu probable que le pouvoir se dédise auprès des autorités européennes. Il répète, du reste, par la voix du ministre de l’Économie, qu’il n’y aura aucun retour sur les baisses d’impôts concédées aux plus riches et aux entreprises, quand bien même ce rabotage de la fiscalité n’a produit aucun des effets escomptés en termes de croissance et d’emploi, aggravant de surcroit les inégalités. Ajoutons que ce programme de stabilité interdit toute relance par la dépense publique, et prévoit en conséquence sur les six prochaines années une croissance extrêmement faible qui creusera à son tour les déficits.

Pour la majorité actuelle, il ne reste qu’une solution : raboter à nouveau les crédits publics pour atteindre ses objectifs qui, au regard des déficits cumulés à cause de la pandémie, ne le seront qu’au prix d’une purge sociale sans précédent : retraites, santé, assurance chômage, sécurité sociale, démantèlement de l’État seront au menu d’un prochain quinquennat vorace si M. Macron venait à l’emporter. Pire, le gouvernement entend, dans sa missive, constitutionaliser « une norme » de dépense publique, de manière à rendre irréversibles les politiques d’austérité !

Alors que les Etats-Unis viennent de lancer un programme de relance colossal par l’investissement public, chez nous, les mandataires du capital font preuve d’un fondamentalisme ultralibéral qui risque de plonger le pays dans une nouvelle décennie d’horreur sociale. Les mobilisations contre la destruction de l’assurance chômage, les traces laissées par les mobilisations des Gilets jaunes et pour la défense des retraites, peuvent être les ferments d’une unité propre à déjouer ce scénario et contribuer à l’ouverture d’une perspective politique progressiste.

L’éditorial de L’Humanité Dimanche du 22 avril 2021 – par Patrick Le Hyaric.

Une dangereuse ubérisation des états

Une dangereuse ubérisation des états

L’actualité de la crise sanitaire est dominée par l’apparition de nouveaux variants du Covid-19 impliquant des mutations qui risquent de compromettre l’efficacité des vaccins. Mais une autre mutation, non moins importante, semble en gestation dans le cadre de cette crise.

En effet, d’importants indices semblent annoncer de sérieux changements dans la composition – et la direction – du système capitaliste mondial. D’un côté, des faillites, menaces de faillites et/ou pertes gigantesques et en cascade de grosses entreprises, souvent centenaires, et ce, dans des secteurs très variés. La Société générale, Commerzbank, Deutsche Bank, Santander, pour le secteur financier; Exxon, British Petroleum, Chevron, Shell, Total, pour l’énergie; Lufthansa, Airbus, British Airways, Boeing, SNCB, pour le transport ; Thyssenkrupp, Renault, Rolls-Royce Holdings Inc., Fiat Chrysler, Siemens, Danone, Adidas… pour l’industrie.

De l’autre côté, une poignée d’entreprises phares du nouveau capitalisme de plateforme, les Gafam (Google, Amazon, Microsoft et autres Tesla, SpaceX..) engrangent des bénéfices gigantesques. Mêmes performances dans l’industrie de l’armement (General Dynamics, Raytheon, Northrop Grumman, Dassault, Lockheed Martin…) et les grands de Big Pharma (Pfizer, Glaxo-SmithKline, Moderna, Johnson & Johnson et BioNTech). Et ce, dans un processus de clair rapprochement entre ces « gagnants ».

Serions-nous devant la formation d’un nouveau complexe militaro-pharmaco-numérique voué à gérer la mondialisation du XXIe siècle ?

Ces listes des « perdants » et « gagnants » ne sont ni exhaustives ni représentatives de situations similaires. La situation calamiteuse des banques Santander (Espagne) et Commerzbank (Allemagne) est différente, par exemple, de celle de la Deutsche Bank et de la Société générale, qui viennent d’être sorties du « rouge » par Merkel et Macron. Indice intéressant dans le domaine financier et dans la même direction de cette chronique : Christine Lagarde (FMI) et Janet Yellen, secrétaire du Trésor américain, commencent à s’inquiéter sérieusement de l’avenir de leur monnaie avec les succès du bitcoin, de la libra (Facebook), blockchain EOS (Google).

Pour ce qui est du secteur pharmaceutique, les ententes avec les plateformes du Web font florès, Google en tête. Ce dernier a conclu des contrats avec GlaxoSmithKline, Sanofi et Novartis pour le traitement de diverses maladies, en cherchant à associer la technologie numérique et la recherche médicale. Amazon n’est pas en reste ; après avoir obtenu une licence pour avoir le droit de commercialiser des produits pharmaceutiques aux États-Unis, il a acheté, pour un peu moins d’un milliard de dollars, la société PillPack, spécialisée dans la commercialisation et le conditionnement des médicaments, opération qui a affecté les cotations des entreprises pharmaceutiques américaines. Des conversations avec Sandoz et Novartis laissent penser que Bezos compte investir également le domaine de la production pharmaceutique et ne pas se limiter au marché américain. En janvier 2020, Amazon Technologies Inc. a déposé une demande de marque au sein de l’Union européenne sous le nom d’Amazon Pharmacy. De son côté, le groupe Dassault, par ailleurs fabricant de l’avion de chasse Rafale, est devenu, via sa marque Biovia, le numéro un mondial dans la recherche sur les comportements biologiques et la thérapeutique intégrée. Mais là où les rapprochements sont les plus édifiants, c’est dans le secteur de la défense. Ils étaient déjà perceptibles lorsque, en 2013, Amazon, moyennant un contrat de plus de 600 millions de dollars américains, devenait le principal fournisseur de services de cloud Computing (système informatique d’archivage et de gestion de données en externe) pour la CIA et 16 autres agences de la « communauté du renseignement ». Puis, en octobre 2019, le Pentagone a attribué à Microsoft un contrat de 10 milliards de dollars pour dix ans, visant la création d’un cloud global, incluant la totalité des branches des forces armées, pour gérer la documentation sur la recherche de nouvelles technologies associées à l’essor de l’intelligence artificielle. Jeff Bezos (Amazon) conteste la décision, arguant qu’elle a été dictée par Trump pour favoriser Microsoft. A leur tour, Apple et Facebook se disputent le contrôle des données des utilisateurs d’iPhone. Signes des luttes au sein de l’oligopole…

De son côté, la CIA, voyant plus large et plus loin, concluait, en novembre 2020, un contrat pour les mêmes services, mais cette fois avec l’ensemble des géants du Web, qui ont été mis en concurrence.

Allons-nous vers une ubérisation des États ? Le récent recrutement du général Keith Alexander comme membre du conseil d’administration d’Amazon donne une idée du degré de proximité de ces partenariats. Chef des services de sécurité de l’armée lors des attentats du 11 septembre 2001 et à la suite de sa « remarquable » performance, il fut recruté par la NSA pour optimiser les systèmes d’écoute des communications, en concertation, déjà, avec les Gafam. C’est lui qu’Edward Snowden avait dénoncé comme étant le mentor du gigantesque système d’espionnage de la NSA. Une des raisons de la hargne contre WikiLeaks est que ce dernier a révélé, en 2018, le réseau de filiales, jusqu’alors secret, du système cloud d’Amazon dans une centaine de localités d’une dizaine de pays.

Aujourd’hui, conscient des énormes potentialités de l’intelligence artificielle, dont les Gafam sont devenus les maîtres incontestés, Keith Alexander a la tâche de faire d’elle un instrument géopolitique de premier ordre, dont Joe Biden n’aura qu’à tenir compte. Vu le pedigree de ce dernier et la composition de son équipe, gageons qu’Alexander sera bien servi.

La candidate aux élections présidentielles Elizabeth Warren avait inscrit le démantèlement des Gafam comme un des points majeurs dans son programme. Chris Hughes, fondateur avec Mark Zuckerberg de Facebook, partageait cette demande, déçu de voir ce que son groupe était devenu. Bien entendu, le Pentagone ne le permettra jamais. Pour le savoir (et en prendre note), écoutons Larry Page, un des fondateurs de Google, expliquer au Financial Times que les Gafam « ont vocation à remplacer les dirigeants politiques puisqu’elles comprennent mieux les enjeux du futur que les politiciens ».